Le gouvernement détaille la part des budgets ministériels consacrée aux retraites des fonctionnaires
Une annexe au projet de budget 2027, publiée mardi 13 octobre, estime que "près d'un tiers des crédits de certains ministères, dont celui de l'Education nationale, financent les retraites des fonctionnaires". Cette publication s’inscrit dans une démarche de "transparence" voulue par le gouvernement, afin de rendre plus lisible la part des retraites dans les budgets ministériels.
Un tiers du budget de l’Education nationale pour les retraites
Au ministère de l'Education nationale, "28,5 milliards d'euros sur 89,1 milliards de crédits prévus en 2027, soit 32%, seront versés en 2027 au compte qui finance les pensions", décrit l'annexe. Sur ces 89,1 milliards d'euros de crédits budgétaires, 84,6 milliards sont des dépenses de personnel, dont 25,1 milliards de contributions employeur aux pensions de retraite des fonctionnaires et 3,4 milliards de cotisations salariales aux pensions de retraite des fonctionnaires.
La proportion des crédits finançant les retraites est également de 30% au ministère de l'Intérieur et d'environ 13% en moyenne pour l'ensemble des ministères.
Les contributions employeur étaient déjà mentionnées dans les précédents documents annexés au budget, mais le ministère des Comptes publics affirme avoir, dans un exercice de "transparence", ajouté pour la première fois les cotisations salariales au calcul de la part dédiée aux retraites dans le budget des ministères.
Le cabinet du ministre des Comptes publics, David Amiel, indique que ce pourcentage "est à peu près stable sur les dix dernières années". Il précise : "Les dépenses de retraite ont augmenté [ces dernières années], mais le budget du ministère également."
Un déséquilibre démographique en cause
Ces taux élevés s'expliquent principalement par le déséquilibre démographique dans la fonction publique, "avec moins d'un cotisant par retraité contre 1,5 pour les salariés du privé". L'Etat doit alors combler ce déséquilibre, ce qui a eu un coût de 41,5 milliards d'euros en 2025, rapporte le gouvernement.
Le déséquilibre démographique trouve sa cause dans le vieillissement de la population mais également dans la part croissante des contractuels, qui sont affiliés au régime général et non pas à celui des fonctionnaires. Le changement de statut de La Poste et d'Orange, en 1991, est également cité dans cette annexe, les anciens agents restant rattachés au régime de la fonction publique d'Etat alors que les nouveaux salariés relèvent du régime général.
"Le régime des fonctionnaires d'Etat n'est pas responsable du déséquilibre du système des retraites", a martelé mardi le cabinet de David Amiel.