Pourquoi Gojob a choisi le cloud souverain de S3NS

Pourquoi Gojob a choisi le cloud souverain de S3NS Pour donner des gages de confiance aux acteurs publics, le leader de l'intérim digital a retenu le cloud de confiance de la filiale de Thales qualifiée SecNumCloud 3.2. Une bascule facilitée par sa maitrise des technologies de Google Cloud.

En l’espace d’un peu plus dix ans, Gojob a dépoussiéré le monde traditionnel de l’intérim. Fini les offres de mission affichées sur les vitrines des agences, le leader de l’intérim digital, créé en 2015 à Aix-en-Provence, se présente d’ailleurs comme une entreprise technologie, une HR Tech. La scale-up a développé Aglae, sa propre plateforme d’agents IA pour préqualifier les candidats et assurer le "matching" avec les besoins des recruteurs.

Au-delà de l’intérim, la société, qui déclare traiter 3 millions de candidatures par an, distribue aussi Gojob talent, une solution SaaS en marque blanche permettant aux entreprises de recruter tous types de profils en CDI, CDD, alternance ou stage. Entreprise à Mission (ESS), certifiée B Corp, Gojob entend s’inscrire dans un modèle de recrutement inclusif et débiaisé,"en se basant uniquement sur les compétences comme critère de sélection."

Gojob est des premières entreprises de la HR Tech en Europe à avoir obtenu, en février 2025, la certification ISO 42001 dédiée aux systèmes de management de l’intelligence artificielle. Délivrée par le Laboratoire National de Métrologie et d'Essais (LNE), cette certification atteste d’une utilisation responsable, éthique et sécurisée de l’IA. Dans ce contexte, Gojob devait aussi des gages à ses clients quant à l’hébergement des données.

Associer la qualification SecNumCloud à l'offre d'un hyperscaler

En mars dernier, la société annonçait avoir retenu l’offre PREMI3NS du fournisseur de cloud S3NS, filiale de Thales développée en partenariat avec Google Cloud. Ce cloud de confiance bénéficie, depuis fin 2025, de la qualification SecNumCloud 3.2, délivrée par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI). Cette qualification garantit le plus niveau d’exigence en Europe en matière de protection des données, de gouvernance opérationnelle et d’immunité contre les lois extraterritoriales comme le Cloud Act, le Patriot Act ou le FISA.

L’infrastructure de S3NS, société de droit français entièrement contrôlée par Thales, est opérée par des équipes européennes et hébergée dans des datacenters situés en France, tout en bénéficiant des technologies cloud de Google. Pour Nicolas Boutin, CTO de Gojob, "S3NS s'est imposé comme l'acteur le plus crédible et le plus pertinent. Il est aujourd'hui le seul partenaire à associer la qualification SecNumCloud à l'offre d'un hyperscaler, c'est un vrai avantage différenciant."

Un avantage marché surtout. Le recours à un cloud de confiance est une exigence formulée explicitement par les des acteurs publics et parapublics comme France Travail ou l’armée de l’Air et de l’Espace avec qui Gojob travaille. Dans le cas de l’armée de l’Air et de l’Espace, ce sont environ 70 000 candidatures pour environ 4 000 recrutements qui seront traitées par la plateforme IA de Gojob.

Quant aux acteurs privés, ils ne formulent pas nécessairement la demande d’un cloud de confiance à date."Le partenariat avec S3NS apparaît néanmoins comme un réel atout pour Gojob dans le cadre de ses appels d'offre", avance Nicolas Boutin.

Un déploiement progressif, conserver le périmètre fonctionnel

Gojob n’a pas décidé de basculer toute son infrastructure dans l’environnement SecNumCloud de S3NS et le déploiement sera progressif. "Aujourd'hui, nous avons la capacité de déployer une instance sur S3NS dès qu'un nouveau client nous le demande, explique Nicolas Boutin. Pour les clients historiques, la bascule est prévue d'ici fin 2026". L'armée de l'Air et de l'Espace verra ainsi — une fois le transfert complètement effectué d'ici la fin d'année — ses données hébergées sur le cloud de S3NS.

La bascule a été facilité par la maîtrise historique des équipes techniques des technologies de Google, Gojob ayant fait dès le début le choix du géant américain  La migration passe par une phase d'expérimentation, avec une version de préproduction en "sandbox". "Tous les services ne sont pas forcément disponibles à date, il faut donc évaluer les impacts et réfléchir aux potentielles adaptations pour conserver le périmètre fonctionnel actuel, affirme Nicolas Boutin. En attendant la mise à disposition de certaines options, nous avons déployé des ajustements techniques spécifiques afin de garantir la continuité de nos offres."

Le directeur technique salue les efforts de S3NS pour accélérer la migration des outils IA de Google Cloud sur sa plateforme sécurisée. La visibilité sur sa feuille de route lui permet, par ailleurs, d’anticiper sereinement chaque étape de cette transition. Parmi les services clés de Google Cloud auxquels fait appel Gojob, on peut citer Vertex AI, BigQuery, BQML (BigQuery Machine Learning) et Cloud Run.

"Concrètement, on garde la même interface d'administration, avec des comptes différents selon l'environnement — ce qui facilite vraiment la gestion au quotidien", note Nicolas Boutin. En complément des solutions hébergées en cloud souverain, Gojob maintient ses infrastructures en local pour garder sa liberté d’action. L’enjeu de souveraineté ne se limite pas au cloud, la scale-up travaille avec Mistral AI tout en conservant une approche agnostique dans le choix des LLM.

Présent dans plusieurs pays d'Asie dont le Japon, les Etats-Unis, le Brésil et l’Allemagne, Gojob regarde les initiatives à l’étranger en matière de cloud de confiance. La société, longtemps classée dans le Netx40, a ainsi suivi avec intérêt l'annonce récente de Google Cloud et Thales de créer un équivalent local de S3NS outre-Rhin."La bascule de S3NS à son homologue allemand serait encore plus simple", conclut Nicolas Boutin.