Vates lève 30 millions d'euros pour challenger VMware sur la virtualisation

Vates lève 30 millions d'euros pour challenger VMware sur la virtualisation L'éditeur grenoblois mise sur l'open source et la souveraineté pour séduire les entreprises déçues par le fournisseur américain.

Vates sera-t-il demain le premier réflexe des DSI en Europe et au-delà ? C’est l’ambition du français qui signe, ce mardi 6 octobre, une levée de 30 millions d’euros pour industrialiser sa solution de virtualisation. Les fonds ont été récoltés auprès de seulement deux acteurs, le fonds Growth d’Iris et Bpifrance, via son fonds Large Venture. La pépite grenobloise entend prendre le lead sur le créneau de la virtualisation open source, avec un axe clair de souveraineté.

Vates vise les mécontents de VMware

Vates propose une stack complète de virtualisation pour remplacer entièrement VMware : Vates VMS, qui réunit l’hyperviseur XCP-ng (la couche qui fait tourner les machines virtuelles) et l’outil d’orchestration Xen Orchestra. Depuis le rachat par Broadcom en 2023 et la hausse du pricing, les clients historiques cherchent désormais une solution crédible, qui plus est sans les enfermer dans une stack propriétaire. C’est la grande force de Vates, nous confie Olivier Lambert, cofondateur de l’entreprise et CEO : "Le fait d’être open source est rassurant, parce que ça montre que vous n’êtes pas enfermé chez un éditeur. Comme le code est ouvert, quoi qu’il arrive à Vates, vous pouvez continuer à faire tourner la solution chez vous."

Vates profite également d’un nouveau souffle, porté par les enjeux de souveraineté européenne des derniers mois. Bull commence par exemple à déployer Vates pour faire tourner sa nouvelle usine d’Angers.

L’entreprise réalise son chiffre d’affaires sur le modèle de Red Hat : de l’assurance support. Chaque serveur est couvert par un abonnement de support. Les formules vont de 1 000 à 1 800 euros par serveur et par an (en zone euro), selon le niveau de couverture souhaité. Pour les entreprises legacy qui nécessitent toutefois un accompagnement plus poussé, l’entreprise propose du conseil en interne.

Accélérer sur tous les fronts

"Avant, on devait choisir où accélérer. L’idée de la levée, c’est de pouvoir tout faire en même temps, et de le faire bien", lance Olivier Lambert. Le but est d’investir à la fois dans la technologie et la R&D avec l’IA notamment, pour faire de Vates une solution réflexe sur l’ensemble de la stack VMware, avec l’objectif de rattraper, voire de dépasser, le géant historique sur certaines métriques (performance, sécurité, stockage, automatisation…). "Notre capacité d’accélération produit a été multipliée par dix avec l’IA. Entre une idée et sa réalisation, vous avez une réponse en cinq minutes. Il nous fallait trois thésards et cinq ans pour y arriver", explique le CEO.

L’entreprise compte en parallèle renforcer son positionnement en Amérique du Nord et sur ses principaux marchés européens. Elle est déjà bien implantée outre-Atlantique où elle réalise près de la moitié de son chiffre d’affaires, lui-même réalisé à 90% à l’export. Enfin, Vates veut également accélérer sur l’écosystème de partenaires en renforçant le réseau des intégrateurs.

Les cofondateurs historiques restent majoritaires au capital. L’arrivée de Bpifrance et d’Iris doit permettre à l’entreprise de se structurer plus finement et de progresser vers un modèle capable de véritablement concurrencer les acteurs américains du secteur. "Toute la question est de transformer une petite boîte tech en une entreprise capable de rivaliser avec les Américains. Cela passe par une maturité, hors R&D, qui va devoir beaucoup grandir", nous explique Olivier Lambert. L’ambition est, à terme, d'entrer dans le top 5 des solutions de virtualisation au niveau mondial, et plus haut encore en Europe.

Et les chiffres semblent confirmer la trajectoire donnée par l’entreprise. Fondé en 2012, l’éditeur est passé d’une vingtaine de salariés à 150 en quatre ans. Et si Vates est autofinancé et rentable depuis 2016, son chiffre d’affaires a progressé de plus de 65% sur la seule année 2025. Les fonds serviront à capitaliser sur cette lancée pour enfoncer le clou. Il s’agira ensuite de consolider les acquis une fois l’effet Broadcom passé. "C’est un tremplin, pas une fin en soi", insiste le CEO.