Ready For IT : Face à l'IA, DSI, RSSI et DPO renforcent leurs liens
La 7e édition de Ready For IT, organisée à Monaco les 2 et 3 juin 2026, s’est déroulée dans un contexte particulièrement complexe pour les quelque 400 décideurs IT présents. Issus essentiellement d'ETI et de grandes PME, ces décideurs font face à un défi de taille : ils doivent implémenter l'IA dans leur organisation, sans risques et avec des budgets limités. "Je remarque que le sujet qu'évoquent le plus les invités au salon est l'IA : comment la sécuriser, comment mettre en place des chartes pour son usage, comment sensibiliser à ses risques, etc.", indique Christophe Charbonnier, DSI au groupe MPSA et membre du Club informatique Provence Méditerranée.
"Il y a une situation de stress au niveau budgétaire et, depuis cet hiver je dirais, l'arrivée de l'IA s'est vraiment concrétisée. Par rapport à l'IA, la communauté était pleine d'incertitudes en venant à cette édition", observe Maria Iacono, directrice de l'événement. C’est pourquoi de nombreuses tables rondes ont été consacrées à l’IA, à son pilotage efficace et à la maîtrise de ses risques. Et le contenu de ces tables rondes a clairement séduit les décideurs : "Comme aux éditions précédentes, Ready For IT parvient vraiment à être novateur dans ses meet-up", indique Hélène Tyack, DPO et membre du Cercle des femmes de la cybersécurité.
Front commun des DSI, RSSI et DPO
Les tables rondes ont par ailleurs mis en lumière un rapprochement de fonctions IT autrefois plus éloignées, désormais réunies autour des enjeux liés à l’IA. "Lors de cette édition, je remarque que les DSI et RSSI renforcent leurs liens. Ils ont en effet tout intérêt à travailler ensemble pour déployer des agents IA et les sécuriser", remarque Maria Iacono. Mais ce n'est pas tout : "On voit que les DSI ont changé de posture : ils travaillent aussi plus étroitement avec les métiers pour comprendre et porter leurs besoins". Christophe Godefroid l'a d'ailleurs démontré lors d'un meet-up consacré à la sécurisation du déploiement de l'IA. Ce DSI au centre hospitalier universitaire belge Herora a en effet initié une gouvernance composée d'un comité chargé d'anticiper les besoins métiers en matière d'IA, et de sélectionner les projets les plus à même d'y répondre.
Les DPO et chief data officer deviennent également essentiels aux yeux des DSI et RSSI pour leur expertise dans la gestion des données, condition de l'efficacité et de la sécurité des IA. Et pour cause : "Si le dataset sur lequel s'entraîne une IA est composé de données inutiles ou périmées, la pertinence de cette IA sera mauvaise. Et si l'IA s'entraîne sur de la donnée sensible alors qu'elle ne le devrait pas, c'est un problème", précise Ronan Capmal, expert de la sécurité de l'IA et de la donnée chez Rubrik. "J'observe en effet une collaboration renforcée entre DSI, RSSI, DPO, chief data officer. L'IA bouleverse l'organisation de l'entreprise et la gouvernance des données : il faut savoir où on met telles et telles données, les données sensibles et les données personnelles, car ce sont ces données que l'IA utilise. Il faut donc que le DPO soit associé à la gouvernance IA et que les rôles des DSI, RSSI et DPO soient correctement répartis", indique Philippe Salaün, président de l'association française des correspondants à la protection des données à caractère personnel (AFCDP).
De nombreuses start-up
Autre nouveauté marquante de cette édition : le nombre record de stands de start-up. Douze jeunes pousses exposaient leurs solutions, contre quelques-unes les années précédentes. Parmi celles-ci, on pouvait retrouver Avanoo, qui lutte contre le shadow AI, MokN, une solution qui protège les entreprises contre le vol d'identifiants, ou encore Virtual Browser qui propose une offre de navigation web sécurisée. "C'est la première fois qu'on a douze start-up présentes. Cela nous permet d'exposer les nouvelles opportunités business aux décideurs et de donner un coup de pouce à ces nouveaux talents. A l'avenir, nous voulons les intégrer davantage lors de l'événement", affirme Maria Iacono. Un prix start-up a d’ailleurs été lancé à cette occasion. Il a été remporté par Yampa, une jeune pousse fondée en 2024, qui fournit une plateforme agentique permettant aux entreprises d’intégrer des agents IA autonomes dans leurs parcours clients.