One Size Fits One : simplifier pour personnaliser l'expérience du développeur

La personnalisation est devenue la norme pour une expérience client réussie. Elle doit également être considérée comme essentielle en interne, notamment auprès des développeurs.

Le concept autrefois en vogue de « taille unique » est probablement mort et enterré. L’hyperpersonnalisation, notamment dans les services, est devenue une stratégie centrale de l’expérience client, une approche dont devraient s’inspirer les responsables des équipes de développement IT.

Propulsée par les fonctionnalités de machine learning et d’intelligence artificielle, l’hyper personnalisation du parcours client sur les sites de streaming ou d’achats en ligne est devenue la clé de voute indispensable à la satisfaction et la fidélisation du consommateur en ligne.

Dans la gestion des ressources humaines, si l’approche peut paraître difficile à mettre en œuvre, les responsables de développement des services et applications IT devraient s’en inspirer pour répondre aux exigences du métier de développeur, et maximiser le potentiel de chaque individu au sein de leur équipe.

Construire une approche individualisée

Il n’y a pas de recette miracle pour construire la meilleure expérience développeur. Celle-ci dépend de nombreuses variables, à commencer par le développeur lui-même ; le langage de programmation préféré de l’un sera le casse-tête de l’autre ; les horaires en décalées d’une équipe permettra la flexibilité dont certains s’accommoderont alors que d’autres y verront un frein à leur avancement.

Cela dit, il y a des réalités que tous partagent. Le temps, notamment. De nombreux développeurs sont débordés par la surcharge de travail : dans une enquête récente menée auprès de 533 développeurs, seuls 5 % d’entre eux ont déclaré avoir la capacité de prendre en charge davantage de projets.

Dégager du temps est primordial pour améliorer l’efficacité des équipes de développement — permettant également de mieux comprendre les spécificités de chacun de leur rôle, et quelle personnalisation peut être mise en œuvre pour les aider à remplir au mieux leurs fonctions.

Même à ce stade relativement large, il est toujours essentiel d’adopter une approche individualisée. Par exemple, l’automatisation des tâches répétitives à faible valeur ajoutée est un moyen évident de libérer du temps — mais savoir quelles sont ces tâches pour chaque équipe de développement, et même pour chaque développeur, est d’autant plus essentiel.

De même, il faut pouvoir mettre à disposition des développeurs les outils qui leur permettront d’effectuer une tâche plus aisément. Ici, la familiarité avec un outil plutôt qu’un autre doit être privilégiée. Pour un développeur, un outil utilisant le langage SQL qu’il a appris à utiliser sera plus utile qu’un outil offrant des fonctions plus récentes dans un langage qui ne lui est pas familier.

Mieux délimiter les responsabilités

Enfin, la question de l’étendue des responsabilités du développeur se pose. L’essor du low code/no code et du serverless facilitent la création d’applications par les développeurs — mais cela signifie également que chaque unité commerciale peut acquérir seule les applications cloud de son choix, voire de développer ses propres services (tant qu’ils sont simples). Dans ce cas, la possibilité de retirer certaines responsabilités aux développeurs peut accélérer l’activité et améliorer leur expérience au quotidien — tant qu’ils n’ont pas à assumer immédiatement la nouvelle responsabilité de la réparation des erreurs des équipes qui n’ont pas été formées ou encadrées correctement. C’est lorsque les développeurs sont libres de se focaliser autant que possible sur leurs tâches essentielles que la personnalisation peut vraiment se révéler efficace.

Personnaliser l’expérience développeur, c’est la simplifier. En automatisant les tâches chronophages, en déléguant certaines responsabilités qui sortent du périmètre essentiel de la fonction, et en limitant le nombre d’outils et la complexité des procédures. Avec cette approche, l’entreprise peut se concentrer sur les facteurs qui améliorent — ou détériorent — réellement l’expérience des développeurs.

Par exemple, en favorisant la gestion de projets individualisés, il est possible de réduire la pression qui s’exerce sur un développeur, tout en créant un cercle plus vertueux dans lequel le développeur est maître de sa technicité et de son apprentissage continu.

En revanche, la personnalisation de l’expérience développeur exige une rigueur et une focalisation complète, faute de quoi cette approche peut vite devenir incontrôlable. Alors que trois développeurs sur quatre déclarent qu’ils prennent en charge des tâches qui ne relèvent pas de leur description de poste initiale, l’élimination des distractions contribuera déjà à créer un environnement plus propice au bien-être. Dans une industrie ou 40 % des professionnels se disent au bord du burnout, ce serait déjà un bon début.