Alexandre Viros (OUI.sncf) "Notre assistant personnel de transports multimodaux sera lancé au printemps"

La SNCF veut devenir un acteur incontournable de la mobilité en France. Pour atteindre son objectif, elle annonce le lancement d'un assistant personnel qui permettra, à terme de réserver et payer un trajet mêlant trains, VTC, vélos, bus et taxis.

Alexandre Viros est directeur général de OUI.sncf. © OUI.sncf

JDN. Il y a un an tout juste, Guillaume Pépy, PDG de la SNCF, annonçait vouloir transformer le groupe en entreprise multimodale réunissant toutes les mobilités. Où en êtes-vous ?

Alexandre Viros. Cela se concrétise avec la création d'un assistant personnel de mobilité qui sera lancé au printemps. D'ici là, nous allons intégrer des innovations liées à ce projet dans l'application SNCF. Les premières arriveront à la fin du mois. Puis, cet assistant sera lancé officiellement au printemps, peut-être sous la forme d'une application distincte. A terme, notre objectif est qu'il permette de s'informer, réserver, payer, et valider des trajets dans la même application, quel que soit le mode de transport, et donc le prestataire choisi par le voyageur pour composer son trajet.

Il va vous falloir de nombreux partenaires...

TGV, TER… Nous disposons déjà de beaucoup de données en interne. Nous utilisons aussi les données disponibles en open data. Mais il y a une nouveauté : l'appli SNCF proposera très vite les informations de la RATP en temps réel. Nous achetons cette donnée afin qu'elle soit la plus qualitative et précise possible. Là où c'est intéressant, c'est que nous allons pouvoir proposer des trajets alternatifs avec la RATP en cas de trafic perturbé. Par exemple, en cas de pépin sur la ligne 1 du métro parisien, l'appli SNCF notifiera de manière proactive de prendre le RER A, et de manière personnalisée.

Nous travaillons également à intégrer d'autres partenaires. Ils sont de cinq types : VTC, vélos en libre-service (VLS), bus, parkings et un agrégateurs d'offre de taxis. Pour chacun de ces acteurs, le paiement du client se fera chez nous, au sein de l'appli. Nous espérons pouvoir annoncer cela en fin d'année ou début d'année prochaine.

Quel sera le modèle économique des transactions réalisées avec ces partenaires ?

Il est encore trop tôt pour en parler. Nous ne pouvons ni vous dire les acteurs concernés, ni la manière dont le paiement sera intégré.

En parallèle, vous expérimentez déjà des trajets en transports en commun sans couture qui préfigurent ce que vous comptez proposer avec votre assistant.

Effectivement, à Rennes, nous avons en effet testé entre mai et juin 2018 la dématérialisation des billets via la technologie NFC sur Android. L'objectif était de permettre au client de prendre le bus, le tramway, le TER ou encore le métro à Rennes en utilisant uniquement son mobile. Autre exemple : Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, a lancé le Navigo Lab. Il s'agit d'une expérimentation NFC pour expérimenter une nouvelle application mobile qui permettra d'acheter et de valider des titres de transport via un simple contact de smartphone sur le réseau des transports en Île-de-France. C'est nous qui nous en occupons.

Dans quel contexte s'inscrit un tel projet ?

Notre objectif est de faciliter la vie de nos utilisateurs. D'un côté, il y a une extension du domaine de l'urbain : les citadins passent en moyenne 1h20 par jour dans les transports pour aller travailler et rentrer. D'un autre côté, les offres de mobilités se multiplient : la majorité des Parisiens en ont déjà testé, mais peu les utilisent régulièrement. L'offre est là, mais elle peine à rencontrer pleinement la demande. Nous, nous allons connecter cela en plusieurs étapes et en une seule interface. 

Pour nous adapter à ces évolutions, nous avons créé une nouvelle entité baptisée e-voyageurs SNCF, qui regroupe désormais les équipes de la SNCF dédiées au numériques. C'est à dire, OUI.Sncf, l'appli SNCF, le programme mobilité as a service et e-voyageurs technologies. 

Alexandre Viros est directeur général de Oui.Sncf depuis février 2018. Il a notamment travaillé à la direction stratégique de Fnac dès 2008, puis comme président de France billet, filiale du groupe Fnac, et enfin à la direction e-commerce, marque et marketing de Fnac-Darty dès 2016. Diplômé de l'Institut d'étude politique de Paris, il est agrégé de philosophie et titulaire d'un DEA de sciences cognitives de l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS).

Et aussi :

Annonces Google