Face aux 60 millions d’euros de pertes des transporteurs dues à la neige, quelles leçons tirer ?

Sur la seule journée du 7 février, certains retailers ont reçu moins de marchandises qu’en temps normal, générant une augmentation des ruptures de stocks et une diminution du chiffre d’affaires de leurs principaux supermarchés et hypermarchés.

Les chutes de neige qui ont paralysées une partie de la France au début du mois de février n’ont pas fait que des heureux. Entre les avions cloués au sol, les personnes restées sur les quais des gares et des embouteillages record, notamment en région parisienne avec plus de 700 kilomètres de bouchons, le secteur du transport a été sévèrement perturbé.C’est peut-être bien celui du transport routier de marchandises, qui a été le plus touché par cet épisode neigeux, comme l’ont illustré les milliers de camions immobilisés sur les autoroutes pendant plusieurs jours.

Lorsque les flux cadencés des camions qui approvisionnent en continu les commerçants sont mis en pause, c’est tout le pays qui est touché. Sur la seule journée du 7 février, certaines enseignes de la grande distribution ont reçu 88% de marchandises en moins qu’en temps normal, générant une augmentation de 70% des ruptures de stocks et une diminution du chiffre d’affaires des principaux supermarchés et hypermarchés de près de 25%. On a même pu constater des pénuries d’oeufs et de lait dans certains rayons.Malgré des approvisionnements exceptionnels menés par certaines enseignes, tout cela n'aurait-il pas pu être mieux anticipé, voir évité ? Avec plus de 250 000 camions qui circulent en région parisienne quotidiennement, il était évident qu'un flocon de neige dans l'engrenage causerait des problèmes. Or ici, il semblerait que la "donnée" aurait pu permettre une meilleure anticipation et prédiction de ce scénario catastrophe... pour mieux l'éviter. C’est là tout l’enjeu auquel fait face chaque entreprise au niveau de sa logistique et de son transport : accéder à des données fiables et en temps réel sur les problèmes qui pourraient l’affecter. En mettant la donnée - sa collecte, sa distribution et son analyse - au cœur de la chaîne logistique, chaque acteur (expéditeur, transporteur et distributeur) a les informations nécessaires pour mettre en oeuvre des solutions permettant de minimiser les conséquences d’un événement anormal comme un retard de livraison ou un épisode climatique extrême. 

Cette donnée doit améliorer la visibilité globale d’une entreprise sur ses opérations de transport, grâce, par exemple, à des calculs d’horaires estimés d’arrivés (ETA), lui permettant d’identifier quels flux risquent de subir un problème lié à des intempéries futures afin de pouvoir les planifier plus tôt, les annuler ou les re-planifier quelques jours plus tard. Grâce à des informations prédictives, échangées en temps réel entre tous les acteurs de la chaîne logistique, les enseignes de distribution auraient pu gérer le surstockage de leurs magasins plus simplement pour faire face aux pénuries.

Économiquement, la région parisienne a connu un énorme manque à gagner à cause des intempéries : des entrepôts contraints à la fermeture faute de camions à charger ou décharger, jusqu’aux marchandises périssables bloquées sur les routes, mais aussi et surtout les acteurs du transport routier qui ont accusé une perte sèche de 60 M€ par jour.

Nous n’en avons que très peu conscience mais le transport routier est un secteur fondamental de l’économie française qui représente un chiffre d’affaires de 53 milliards d’euros par an pour 36 000 entreprises grâce à qui 99% de nos produits du quotidien sont livrés. Son prochain défi : mettre la donnée au cœur de son activité pour mieux anticiper et mitiger les aléas qu’il doit affronter.

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