Exploiter la data : une approche 4.0 au service de l’optimisation des développements de produits ?

Il est d’usage de considérer les objets connectés du seul point de vue du consommateur. C’est pourtant manquer l’un de leurs atouts majeurs : faciliter pour les industriels le développement d’un objet répondant aux attentes et habitudes exactes de leurs clients.

Mettons-nous un instant à la place d’un fabricant de produit de grande consommation qui cherche des éléments différenciant sur son marché. Suivant un processus classique de développement de produit, il devrait effectuer des études consommateur, commander une étude de marché et enfin argumenter sa décision auprès des différents services…Un processus long et coûteux !

Avec l’internet des objets, une étude des données d’usage des produits existants facilite cette étape d’orientation et de prise de décision. Simple non ?

La question se pose ainsi : comment développer un objet connecté permettant ainsi de réduire les coûts de développement, de support (ou service) et d’intégrer le bon niveau de valeur ?

 Considérons la ‘data’ comme un moyen industriel, pas une fin à l’usage !

D’un point de vue développement industriel, voyons l’IOT (Internet of Things ou Internet des Objets) comme un moyen et non une fin en soi.

En effet, dès les phases amont de définition d’un produit, les fonctionnalités attendues à l’usage peuvent être structurées de manière pragmatique et tangible avec l’exploitation des données captées par les produits existants (ou dans une moindre mesure des premiers prototypes). Prenons l’exemple d’un instrument de mesure médicale vendu sur des segments de marchés différents tant au niveau du secteur adressé (clinique, alimentaire, etc.) que de ses pays (pays émergent, mature, etc…). Lorsque l’industriel souhaite développer une nouvelle génération, il lui est difficile d’étudier objectivement les caractéristiques les plus utilisées et la valeur perçue qui en découle.

Dans ce cas, l’exploitation des données d’usage permet de rapidement positionner un niveau de performance à atteindre et des fonctionnalités à introduire, améliorer ou même supprimer et ce de manière objective !

Cet avantage est d’autant plus impactant dès lors qu’on se place dans le cas d’un marché B2B : utilisateur final difficilement accessible, études marketing plus complexes, volumes insuffisants pour calculer l’usage. Cette analyse de la donnée, couplée à une analyse de la valeur va permettre d’offrir une solution au juste besoin de performance et au juste coût.

 Un produit connecté, c’est un produit qui peut communiquer … avec son constructeur

La donnée, ce nouvel outil au service de la performance industrielle, vient bousculer les méthodologies de développement produit.

Avec une exploitation de la data, les cycles traditionnels de développement (cycle en V) sont significativement remis en cause : considérant les étapes classiques de ces cycles de développement, l’exploitation de la donnée permet de prioriser les différentes étapes de validation, avec une approche dite de « dé-risquage » technique. Dans une logique prédictive, on peut donc anticiper les risques majeurs pour les contrarier au plus tôt et limiter ainsi leur impact sur le projet ou lors de la mise en service.

Prenons l’exemple d’une application industrielle B2B dans le secteur ferroviaire : connecter le système embarqué permettra d’accélérer la montée en maturité du système et de neutraliser rapidement « les erreurs de jeunesses ».  Les données de mesures (vibration, température, acoustique) n’ont pas de valeur pour l’utilisateur (l’équipementier) mais pour l’intégrateur qui pourra alors mettre en avant les risques de robustesse.

Une connectivité qui permettra de sécuriser le planning de développement et le « Time to Market » et évitera les retours (rétrofits) dans ces secteurs d’activités ou les premiers prototypes font partie du parc installé.

Si cette connectivité représente un surcoût embarqué dans les systèmes, le bilan économique restera marginal au regard des gains réalisés considérant la réduction des risques de surcoût en phase de développement, mais surtout les opportunités de réduction de coût de support ou maintenance durant la vie du produit.

Un produit qui communique avec son constructeur, c’est l’opportunité de réduire drastiquement les coûts de maintenance en passant d’une logique préventive ou réactive à une logique prédictive.

Poser l’équation du coût total de possession (TCO), c’est-à-dire les coûts induits durant le cycle de vie du produit, c’est la meilleure approche pour démontrer que le développement d’un produit connecté est souvent l’option la plus compétitive.

L’internet des objets permet donc aux industriels d’obtenir un retour instantané sur le comportement de ses produits, l’utilisation qui en est faite par le consommateur et ainsi s’adapter en temps réel aux attentes du marché.

Alors si l’IOT fait rêver à un avenir du tout connecté, il peut aussi résonner comme développement industriel optimisé ! 

Ainsi, même si les bénéfices concrets pour les utilisateurs tardent à se faire sentir (voir notre publication, Objets connectés : n’oublions pas l’objet) ceux pour les industriels sont à portée de main !

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