Comment les opérateurs vont lancer de vrais-faux services de "type 5G" pour préserver leurs investissements dans la 4G

Avec la 5G en ligne de mire, les fournisseurs de services et les opérateurs de télécommunications vivent une période charnière. Mais comme toute période de transition technologique, celle-ci apporte son lot de difficultés et, probablement, d’acteurs qui ne parviendront pas à accompagner ce changement. C’est d’autant plus vrai que les investissements dans les nouvelles infrastructures 5G peuvent être lourds.

La promesse est trop belle : avec les réseaux 5G, le sans-fil peut enfin devenir une option viable partout et tout le temps, avec une vitesse et une latence similaire à celles du cuivre ou de la fibre traditionnelle. La 5G créera également des opportunités massives autour de l'expansion de l’Internet des objets, de l’avènement des véhicules connectés ou des villes intelligentes.

La difficulté est donc pour les opérateurs qui commencent à investir dans la 5G de préparer dès aujourd’hui le terrain pour les nouveaux services que cette technologie rendra possible… à l’aide de leurs réseaux 4G actuels.

Et c’est un défi, car il faudra encore du temps et du travail pour concrétiser totalement les promesses de la 5G. Les fournisseurs de services font certes un (premier) grand pas aujourd’hui en déployant les premières radios 5G, mais d'autres parties de leur infrastructure (dont le cœur du réseau) resteront encore en 4G pendant un certain temps. Car, après tout, personne ne veut abandonner trop tôt les investissements substantiels réalisés dans la 4G. Mais en même temps, personne ne veut non plus prendre du retard dans la course à la 5G et à ses nouveaux services ! Surtout lorsque l’on sait qu’il existe, comme pour toute rupture technologique, une vraie prime au premier entrant.

La virtualisation à la rescousse

Heureusement, ces opérateurs peuvent encore faire beaucoup de choses avec l'infrastructure 4G existante tout en se positionnant stratégiquement de façon à être prêts lorsque la 5G deviendra une réalité du marché. C’est en définitive une stratégie gagnant-gagnant. 

Par exemple, l’approche NFV (qui virtualise des fonctions réseau) permet, en exploitant les atouts de la virtualisation, d'optimiser et d'étendre les réseaux 4G existants tout en déployant de nouveaux réseaux 5G de manière progressive et simultanée.

Grâce à cela, un opérateur peut lancer dès à présent des services "de type 5G" et remplacer ses équipements 4G au fur et à mesure que leurs équivalents 5G sont déployés. Cela lui permet de commencer à monétiser dès à présent de nouveaux services connectés à valeur ajoutée, tout en accumulant une expérience significative en la matière et en faisant grandir son portefeuille applicatif avant l’heure.

Attention au changement culturel

La 5G n'est pas seulement un nouveau chapitre majeur de la connectivité pour les utilisateurs. Au sein des entreprises, cela représente aussi un changement culturel important, similaire à celui du cloud à ses débuts. Avec la 5G, les organisations doivent embrasser la conception du réseau comme un pur environnement virtuel, et cela pose un certain nombre de problèmes nouveaux, dont celui des ressources humaines et de l’expertise. Car un grand nombre des services réseau qui étaient auparavant incarnés par un routeur ou un commutateur seront désormais des applications. L’entreprise aura donc besoin d’experts qui comprennent la dynamique de tous ces composants logiciels et la manière dont ils interagissent pour délivrer les services.

Automatiser, Automatiser, Automatiser, Automatiser

L’un des moyens de résoudre ce problème de ressources pourrait être l’automatisation. Cette dernière est d’ailleurs peut-être l'élément technologique le plus important de cette transition vers la 5G.

Grâce à celle-ci, les équipes réseau peuvent être soulagées des tâches peu stimulantes telles que la génération de rapports, la surveillance du réseau pour détecter les problèmes de capacité ou la recherche de trafic malveillant. Au lieu de cela, elles peuvent être redéployées sur des tâches plus productives qui apportent de la valeur, comme mettre en œuvre de nouveaux services 5G.

Ainsi, auparavant, un ingénieur devait planifier et acheter du matériel, le déployer, parfois même tirer des câbles, les superviser et globalement piloter des projets longs et complexes. Cela pouvait prendre des semaines, voire même des mois, pour modifier un service ou en mettre un nouveau à disposition des clients. Dans un environnement automatisé, ces problèmes peuvent être résolus en quelques minutes, voire entièrement évités.

Et cela est d’autant plus important pour les opérateurs et les fournisseurs de service que pendant un certain temps ils devront gérer une bande passante et des besoins de connexion simultanés en forte croissance, tirés par l’arrivée de nouveaux services précurseurs de la 5G mais s’appuyant seulement sur les réseaux 4G actuels. Et malheureusement de nombreux réseaux 4G ne sont tout simplement pas construits sur des plates-formes capables de gérer l'échelle requise.

C'est là qu'intervient à nouveau l'automatisation : avec les technologies virtualisées et basées sur le cloud, les réseaux existants évolueront en fonction des besoins tout en facilitant et en optimisant la migration vers les services 5G lorsque ceux-ci seront disponibles.

Le défi de la visibilité et de la performance dans les environnements distribués

L'un des autres défis de l'exploitation d'un environnement hautement distribué comme un réseau mixte 4G/5G consiste à extraire les données d'analyse et les données de performance de l'infrastructure. Mais en migrant vers un environnement virtualisé et automatisé, les fournisseurs de services pourront obtenir une visibilité commune sur les applications et le réseau afin de mieux comprendre l'expérience de l'utilisateur final et traquer les problèmes de performance, qu’ils proviennent du réseau ou des applications.

Et ce n’est pas terminé : une fois les cœurs 5G déployés dans un environnement virtuel natif, les outils d'automatisation contribueront aussi à rationaliser des éléments tels que l'augmentation de capacité, le basculement, la haute disponibilité et la restauration des services, tout en offrant une plus grande prévisibilité.

Offrir de nouveaux services

Nous l’avons vu, les fournisseurs de services n'ont pas besoin d'attendre d’être totalement équipés en 5G pour commencer à offrir de nouveaux services à valeur ajoutée. Et c’est d’ailleurs probablement une stratégie gagnante que de s’y lancer progressivement, en s’appuyant sur son réseau 4G actuel.

Avec une organisation agile et un réseau optimisé par l'automatisation, les fournisseurs de services peuvent tirer parti des mises à niveau progressives de la technologie 5G pour fournir des services différenciés dès aujourd’hui. Parce qu'ils seront appuyés sur une infrastructure virtualisée, les coûts initiaux peuvent être contrôlés et les risques peuvent être minimisés.

Prenez l’IoT, par exemple. La demande de nouveaux services IoT est en pleine croissance, et bien que les fournisseurs de services puissent d’ores et déjà monétiser la connectivité, s’ils acquièrent rapidement la capacité de gérer un volume élevé de connexions simultanées et des exigences de latence fortes, ils pourraient également offrir de nouveaux services innovants bâtis sur les interactions de ces milliers de points de connexions supplémentaires, et se positionner de manière forte avec de nouveaux niveaux de sécurité ou des services infogérés qui améliorent l'ensemble de cet écosystème.

Une année charnière pour les opérateurs

Comme pour toute transformation majeure de l'industrie, la clé pour se préparer à la 5G sera d’accompagner le changement de manière décidée. Pour les fournisseurs de services, il s'agit là d'une année charnière qui représente une occasion d'aller de l'avant en mettant en œuvre une technologie de pointe excitante pour résoudre des problèmes réels et créer de nouvelles solutions qui n'ont jusqu’à présent jamais été possibles.

En planifiant correctement et en investissant dans les bons domaines, les opérateurs et les fournisseurs de service peuvent dès à présent commencer à générer de la valeur avec leurs infrastructures 4G tout en se positionnant stratégiquement dans le "nouveau monde" de la 5G et de ses incroyables connexions sans-fil à haute vitesse et à faible latence.

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