Comment la 5G va booster l'IoT BtoB

Comment la 5G va booster l'IoT BtoB La 5G est cette année encore le sujet qui domine au Mobile World Congress de Barcelone. Il est notamment suivi de près par les industriels pour leurs projets en matière d'objets connectés.

Le déploiement de la 5G n'est pas prévu avant 2020 mais les entreprises doivent s'y intéresser maintenant : "Nous sommes dans une année pré-commerciale, les équipements seront prêts à partir du deuxième trimestre. Se préparer à la 5G constitue donc un facteur de compétitivité", assure Arnaud Vamparys, directeur du projet 5G chez l'opérateur français Orange. Les industriels conçoivent généralement leurs projets IoT deux ans avant leur déploiement. Ils doivent donc anticiper dès à présent leurs cas d'application pour choisir la technologie de communication adéquate et intégrer si besoin la 5G au moment de son arrivée.

Et pour les fabricants, les avantages de ce nouveau standard sont nombreux. La 5G leur permet d'adresser aussi bien les entreprises voulant du haut débit que celles aspirant à du bas débit, grâce aux technologies LTE-M et NB-IoT. "La 5G simplifie le design des objets en intégrant sur un même matériel les deux canaux de haut et bas débit. Cela va faciliter les déploiements IoT à grande échelle car jusqu'à présent, les entreprises pouvaient hésiter entre ces deux possibilités", souligne Frédéric Salles, PDG de Matooma, spécialiste dans le domaine de l'IoT et la connectivité par carte SIM multi-opérateurs. La 5G se veut ainsi accessible à tous.

Pour Frédéric Salles, PDG de Matooma, la diversité des offres de connectivité freine le déploiement de l'IoT à grande échelle. © Matooma

Ce nouveau standard faciliterait par ailleurs une industrialisation de l'IoT en permettant une gestion plus importante d'objets connectés. L'association organisatrice du Mobile World congress, la GSMA, prévoit dans un rapport publié pour l'ouverture de l'événement le 25 février 2019, que le nombre de connexions IoT (cellulaires et non-cellulaires) triplera d'ici 2025 pour atteindre un nombre de 25 milliards de connexions. L'équipementier suédois Ericsson a détaillé ces connexions pour 2024 : 4,5 milliards de connexions en longue portée, dont 4,1 avec le cellulaire 5G, et 17,8 milliards pour les connexions courte portée.

Les opérateurs et éditeurs mettent quant à eux en avant une offre de services cloud étoffée. "La 5G n'est pas seulement le prochain standard de communication radio, elle servira de base pour les applications cloud utilisées dans les projets de déploiements de l'IoT à grande échelle", avance Ian Hood, chief technologist chez l'éditeur américain Red Hat, qui a annoncé au MWC un nouveau programme de certifications dans les télécommunications. De son côté, Ericsson a annoncé compléter sa plateforme 5G en renforçant l'accès radio, la transmission, ainsi que les services d'orchestration.

La 5G, un avantage à l'étranger

Les bénéfices de la 5G sont mis en avant pour les secteurs nécessitant un flux important de données, comme l'automobile pour le véhicule autonome, la santé pour les opérations à distance ou la vidéosurveillance. "C'est dans les activités industrielles en extérieur que la 5G aura le plus de valeur, car une communication en haut débit pourra s'effectuer avec une plus faible consommation d'énergie", souligne Olivier Chavrier, directeur général adjoint du pôle de compétitivité français SCS. "La 5G marque une rupture pour les entreprises et l'IoT car elle pourra s'adapter à la typologie de l'entreprise et à son usage", complète Arnaud Vamparys, chez Orange, qui a mené une expérimentation avec le constructeur Nokia à Paris Saclay pour faire correspondre l'usage en fonction des  besoins des chariots de production de Nokia.

Orange a mis en place une zone 5G sur son stand au MWC. © Orange

Ericsson a aussi mené en Allemagne des essais focalisés sur la conception des rotors d'avion. "Dans le processus de fabrication, la moindre vibration abîme les pâles, qui finissent au rebut. Les tests de détection avec une technologie cellulaire ont permis de prévenir en temps réel le risque de vibration, ce que seule une technologie de communication en continue permet. Le ROI a été immédiat", raconte Viktor Arvidsson, directeur de la Stratégie et des Affaires Réglementaires d'Ericsson France.

Des industriels comme le groupe français de gestion de l'eau et des déchets Suez, qui ont commencé à étudier l'apport de la 5G, se réjouissent qu'il s'agisse d'un standard mondial. La 5G est en effet bâti sur la norme 3GPP. "La télé-relève de nos compteurs d'eau communicants s'effectue avec le réseau Wize. Nous en comptabilisons quatre millions en France et à l'international. Mais la fréquence utilisée ne peut être la même aux Etats-Unis, où elle est réservée aux forces de l'ordre. La 5G pourrait être un moyen d'adresser ce marché", fait savoir Pierre Andrade, directeur digital France de Suez.

Les expérimentations restent toutefois peu nombreuses à l'heure actuelle. "Aux vues des niveaux d'investissement que la 5G représente, il est normal que les entreprises attendent que les réseaux soient opérés", reconnaît Viktor Arvidsson, chez Ericsson. Car le coût de la 5G (son modèle d'affaires, le prix de la connexion et de l'électronique, etc.) reste un élément clé. "C'est ce qui déterminera son adoption dans les années à venir", conclut Olivier Chavrier, du pôle SCS.

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