Avec l'IoT, Engie transforme son modèle d'affaires

Avec l'IoT, Engie transforme son modèle d'affaires Depuis une dizaine d'années, le groupe français exploite les objets connectés dans l'ensemble de ses activités pour passer de fournisseur d'énergie à prestataire de services.

Avec Eideris, Engie dispose depuis fin 2018 de sa toute première chaudière connectée sous sa marque. Mais le groupe n'en est pas à ses débuts en matière d'IoT (Internet des objets), bien au contraire. Dès 2009, l'énergéticien s'est initié aux objets connectés via son activité de maintenance : en équipant ses alternateurs ou ses éoliennes de capteurs, il a pu en mesurer les vibrations et prédire les pannes. A la clef, des gains financiers et humains, avec la réduction des déplacements de ses techniciens. "Déployer l'IoT pour de la maintenance est le plus rentable dans notre activité. La prédiction de panne évite par exemple l'arrêt complet d'une centrale, ce qui nous offre des gains considérables, de l'ordre de plusieurs millions d'euros à chaque interruption", détaille Etienne Gehain, responsable de l'innovation digitale.

Le groupe a lancé en parallèle des offres IoT pour les consommateurs. Outre son nouveau service smart home solutions – permettant de connecter ses services énergétiques et de maintenance avec les appareils de ses partenaires (thermostats, prises connectées, panneaux solaires…) – l'entreprise a conçu elle-même des produits pour renforcer la proximité avec ses clients. "Engie n'est pas connu pour être un développeur d'objets connectés mais nous le faisons pour nos usages spécifiques et pouvoir vendre de l'efficacité énergétique", résume Etienne Gehain.

Son principal capteur, la boxx, a été élaboré il y a quatre ans pour le marché belge. Il rend les compteurs communicants avec l'objectif de présenter aux clients leurs consommations d'énergie et de leurs offrir un portefeuille de services similaires à celui proposé avec Linky en France. Sa filiale Engie M2M a également fabriqué pour ce marché un système de détecteurs de fumée autonomes et intelligents. Pour les professionnels, Engie Cofely a créé en 2017 TankU, une jauge connectée pour les citernes à mazout. "Les économies d'énergie réalisées permettent aux clients de financer leur matériel et nous nous impliquons davantage auprès d'eux", souligne Etienne Gehain.

Car avec l'IoT, c'est tout un changement de modèle d'affaires que prévoit Engie. "Nous voulons accélérer le passage de la vente de kilowattheures à la vente de services. Nous avons l'ambition d'augmenter significativement la part de ce nouveau modèle dans notre chiffre d'affaires (65 milliards d'euros au total en 2017, dont 20 milliards d'euros pour le résidentiel, NDLR) ces prochaines années", annonce Amaury Lamarche, head of B2C innovation and smart home au sein d'Engie Digital. Les nouvelles offres mises sur le marché, comme la chaudière connectée Eideris, sont commercialisées par abonnement mensuel.

"La smart city est un vecteur de développement"

L'arrivée de la 5G, qui promet une interopérabilité des objets connectés et un transfert plus important de données, ouvre aussi de nombreuses opportunités au groupe avec l'essor de villes intelligentes. Engie compte mettre davantage en relation les informations issues des diverses infrastructures lui transmettant des données (lampadaires, caméras de vidéo-protection, etc.) "Nous avons beaucoup d'ambition sur la smart city, c'est un vecteur de développement pour nous car tous les territoires sont appelés à avoir une gestion plus intelligente", rappelle Etienne Gehain. Engie a commencé ses expérimentations en 2016 à Singapour pour couvrir l'île avec son réseau IoT. Depuis, le groupe a pris en charge le projet d'éco-quartier Lyon Confluences avec des bâtiments basse consommation et mène des pilotes à La Baule et au Brésil.

Désormais, la priorité en interne est à la mise en place de plateformes d'analyse de la donnée IoT. "L'internet des objets n'est plus un sujet car tous les métiers ont appris à travailler avec des capteurs, note Etienne Gehain. En revanche, il nous faut en tirer de la valeur en traitant mieux la data." Des plateformes – eCare pour le résidentiel, Livin' pour la smart city – sont mises en ligne pour regrouper la donnée, la sécuriser et l'enrichir par les informations complémentaires de partenaires. La gestion des 24 millions de contrats d'énergie et de services d'Engie dans le monde s'effectue également en ligne sur des plateformes. "D'autres sont en préparation", révèle Amaury Lamarche, avant de conclure : "Par l'IoT, Engie a d'abord cherché à apporter de la valeur à ses collaborateurs, puis à ses clients. Le prochain défi sera d'en apporter à nos partenaires."

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