Yannick Delibie (Kerlink) "En 2019, nous nous recentrons sur l'IoT industriel et la smart city"

L'opérateur spécialiste des réseaux et solutions IoT, basé près de Rennes, oriente sa stratégie vers le déploiement de réseaux privés. Yannick Delibie, son directeur général délégué, en explique les raisons.

Yannick Delibie, directeur général délégué de Kerlink. © Kerlink

JDN. Vous annoncez à l'occasion de la publication de vos résultats annuels le recentrage de vos solutions sur le secteur de la smart city. Pourquoi faire ce choix ?

Yannick Delibie. Les villes intelligentes représentent un sujet important pour Kerlink car elles rencontrent aujourd'hui des problématiques autour des réseaux IoT, dans la mesure où les opérateurs proposent des offres dont les modèles économiques ne sont pas en adéquation avec la demande. Nous observons par ailleurs une volonté des collectivités de gérer elles-mêmes leurs data et leurs réseaux pour adresser des cas d'usage précis, comme la télérelève des compteurs d'eau, la gestion des déchets ou l'éclairage public. Nous voulons donc nous positionner sur l'offre de solutions pour le compte des villes. En 2019, nous axerons notre stratégie sur l'IoT industriel (IIoT) : l'asset monitoring en logistique et la smart city, que nous intégrons dans l'IIoT avec le smart building car les villes ont besoin de solutions industrielles robustes avec une qualité de services.

Qu'est-ce que cette nouvelle stratégie va changer dans votre fonctionnement ?

Nous effectuions jusqu'à présent des déploiements de réseaux nationaux pour le compte d'opérateurs télécoms mais ce marché a été lent à décoller et l'exercice 2018 a été marqué par un ralentissement du rythme de leur mise en oeuvre (27% du chiffre d'affaires contre 44% en 2017). Nous avons donc choisi de nous concentrer sur le déploiement de réseaux privés pour répondre à un cas d'usage particulier. Nous basculons pour ce faire sur des solutions SaaS qui permettent aux villes de bénéficier d'un service récurrent sans qu'elles aient à investir sur du matériel. Nous procéderons à des évolutions technologiques au cours de l'année pour adapter nos offres à ce marché. Nous travaillons par ailleurs à la création de l'alliance uCifi, en partenariat avec le fournisseur australien EDMI et l'expert belge en éclairage Schréder, pour sortir des solutions propriétaires et aboutir à une spécification, qui devrait être finalisée avant l'été.

Quel sera l'impact sur vos prochains résultats ?

Adresser le marché des villes intelligentes fait partie d'une vision à long-terme car il faut répondre à des appels d'offre et composer avec des contrats étalés sur des périodes étendues. La part des smart city dans notre chiffre d'affaires (17 millions d'euros en 2018) reste faible car cette activité démarre seulement. Nous comptons néanmoins sur ce secteur pour renforcer notre croissance et avons débuté des projets avec des collectivités françaises que nous dévoilerons au cours de l'année. Mais leur effet sur nos résultats financiers ne se fera pas sentir avant 2020. Cette stratégie sera identique à l'échelle mondiale la phase de croissance est donc importante. Je m'occupe notamment de la filiale américaine et je constate aussi de nombreuses opportunités sur ce marché.

Après des études à Polytech Paris Sud et une expérience au sein de Mitsubishi Electric, Yannick Delibie cofonde en 2004, avec William Gouesbet, Kerlink, un opérateur dédié aux réseaux et aux solutions IoT, dont il occupe le poste de directeur général délégué. Depuis novembre 2017, il préside la filiale américaine, basée à Chicago.

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