La Shem digitalise la maintenance de ses centrales hydroélectriques

La Shem digitalise la maintenance de ses centrales hydroélectriques La filiale d'Engie se sert de l'IA pour exploiter, en partenariat avec la société InUse, les données IoT annonçant une panne. A la clef : un gain de productivité et une nouvelle ligne de business.

La Société hydro-électrique du Midi (Shem), une filiale d'Engie qui exploite 56 usines hydroélectriques et 12 grands barrages, cherche depuis deux ans à moderniser son activité de maintenance. "Nous voulions une solution réplicable qui mette notre expertise en avant tout en assurant la digitalisation de sites de petite taille pour effectuer une maintenance prédictive. Nous avons un grand nombre de machines intelligentes mais nous en exploitions peu les données", indique Julien Legendre, business development manager à la Shem. L'appel à projet mené fin 2016 par Engie a été remporté par la société française InUse, qui propose une application de maintenance industrielle.

A l'été 2017, une expérimentation a été lancée dans une dizaine de sites. Il a fallu six mois pour connecter les capteurs à l'application dénommée Smap et s'assurer du bon fonctionnement. "Les données des objets connectés et des automates sont analysées par l'application, qui envoie ensuite des indications et des alertes aux techniciens en fonction des opérations à effectuer. Les messages sont envoyés aux techniciens dans un fil de discussion pour favoriser, au-delà du concept d'IoT, l'interactivité entre l'homme et la machine", explique Laurent Couillard, cofondateur d'InUse. L'application étudie plus de 200 variables par centrales, des températures aux vibrations du matériel, remontées par un réseau GSM grâce à des gateway installées pour le projet.

"Nous n'essayons pas de rassembler toutes les données IoT, mais uniquement celles qui ont du sens pour une maintenance intelligente", souligne Laurent Couillard, pour qui la principale difficulté a été de faire face à la multiplicité des moyens de pilotage des machines. Pour cela, ses équipes ont créé un dictionnaire de plus de 3 000 termes décrivant le fonctionnement et les données remontées par chaque catégorie d'automates. Une procédure également indispensable pour garantir la mise à l'échelle du projet. Avec ce projet, la Shem a commencé à surveiller des éléments ou l'apparition de signaux ayant un impact dans la détection de panne et jusqu'alors non enregistrés, comme l'état des vérins hydrauliques, souvent impliqués lors de fuite.

Une productivité accrue de 5%

En 2018, la Shem a défini la maintenance comme sa priorité et porté ses investissements dans ce secteur à 43 millions d'euros contre 34,5 l'année précédente. "Il nous a fallu monter en compétence sur l'usage de ces technologies mais dès le début, nous avons eu un retour enthousiaste des techniciens sur la programmation d'opérations à effectuer. L'IoT permet au technicien de remplir de manière semi-automatique des rapports et de se concentrer sur son expertise", se réjouit Julien Legendre.

L'application SMAP permet aux techniciens de partager les actions menées avec l'ensemble des équipes. © Shem

Autre avantage, les différents corps de métier de la Shem ont désormais une vision des opérations menées sur le terrain. La Shem se fixe pour objectif d'atteindre 5% de productivité supplémentaire, grâce à l'amélioration de la maintenance qui évite l'indisponibilité des équipements et par un gain de temps dans l'activité de reporting des techniciens. Pour la Shem, ce projet est également l'occasion d'élargir son business-modèle : elle commercialise son application SaaS auprès de producteurs indépendants.

La Shem, qui a déployé l'application dans 15 usines hydroélectriques, s'apprête désormais à étendre l'utilisation de la plateforme à l'ensemble de ses équipes. Quatre personnes veillent à une bonne prise en main de l'outil. "Nous envisageons d'enrichir l'application avec des données exogènes à l'usine, comme le marché de l'électricité ou la mesure du débit des cours d'eau, cela nous permettrait de déterminer la bonne adéquation entre la position des vannes et l'énergie produite et de modéliser un scénario", projette Julien Legendre.

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