Le langage des machines, le casse-tête de Lacroix Electronics pour son projet IoT

Le langage des machines, le casse-tête de Lacroix Electronics pour son projet IoT Le fabricant français de cartes électroniques a dû assurer l'interopérabilité de ses équipements afin de rendre communicantes l'ensemble de ses lignes de production.

Offrir aux opérateurs de ses lignes de production une visibilité sur l'état des cartes électroniques en cours de fabrication et la capacité de réagir en temps réel aux incidents, c'est l'objectif du projet IoT que met en œuvre l'équipementier français Lacroix Electronics depuis plus d'un an. "Sur une ligne de production, nous avons une vingtaine de machines qui se succèdent pour fabriquer une carte électronique. Jusqu'à présent, nous ne voyions les défauts de fabrication qu'en bout de chaîne, explique Emmanuel Thommerel, vice-président et DSI de Lacroix Electronics. Par exemple, si un composant est placé de travers par une machine, il nous fallait reprendre l'ensemble des produits à la main." Pour réagir au plus vite à tout incident et augmenter sa productivité, l'entreprise souhaite disposer d'informations sur chaque étape effectuée, le nombre de composants posés et leur qualité.

Pour mener à bien ce projet, Lacroix Electronics a réalisé un pilote d'avril à septembre 2018 avec le l'éditeur américain PTC spécialisé dans la maintenance des produits, dans son usine française de Saint-Pierre Montlimart, près de Nantes. Les machines qui le pouvaient ont été connectées à la plateforme ThingWorx de PTC et des capteurs ont été installés sur celles non communicantes, comme les fours destinés à cuire les cartes électroniques. "Nous réfléchissions à ce projet depuis un moment sans parvenir à trouver de technologie mature. PTC nous a convaincu par sa plateforme ouverte – car nous tenions à rester indépendant d'un éditeur – et évolutive sur notre cloud privé, mais surtout par leur capacité à intégrer les différents protocoles de communication industriels utilisés dans nos usines", souligne Emmanuel Thommerel. PTC dispose en effet d'une gateway capable de relier 150 protocoles à sa plateforme.

"Nous avons mis en place ce projet car il nous offre un ROI inférieur à 18 mois." 

Cette multiplicité des protocoles de communication du parc de machines représente la principale difficulté rencontrée par Lacroix Electronics. Pour déterminer quelles données devaient être analysées, l'équipe de trois personnes qui travaille sur le projet a dû comprendre et trier les informations délivrées par les machines, leur format et la manière de les intégrer au système d'information. "Pour les protocoles propriétaires, nous avons dû contacter les fabricants pour savoir quelles données étaient transmises et dans quel format, cela nous a fait perdre beaucoup de temps", ajoute-t-il. Lacroix Electronics appelle ainsi à l'adoption de la norme OPC, un standard qui permet la communication entre plusieurs applications et l'interopérabilité entre les différents fabricants de logiciels et de matériels, pour homogénéiser les processus. "Il nous faudrait aussi l'appui des éditeurs car, en tant que PME, nous sommes peu entendus sur ces sujets", regrette Emmanuel Thommerel.

2 500 machines connectées

Après avoir équipé trois lignes de production en France, Lacroix Electronics poursuit depuis octobre 2018 le déploiement sur l'ensemble de ses cinq lignes nantaises. L'entreprise s'apprête aussi à installer la solution sur ses 14 lignes de production en Pologne avant l'été, puis en Tunisie et en Allemagne, où ses usines disposent respectivement de 6 et 2 lignes. Au total, 2 500 machines seront connectées. "Nous ne communiquons pas sur les résultats mais nous avons mis en place ce projet car il nous offre un ROI inférieur à 18 mois et nous permet de gagner en productivité de manière importante", assure Emmanuel Thommerel.

Lacroix Electronics prévoit d'ajouter à l'avenir de nouveaux capteurs pour ajouter des informations sur des paramètres exogènes aux machines – températures ambiante ou vibrations – et en déterminer en temps réel l'influence sur la production. "D'ici deux ou trois ans, nous espérons pouvoir effectuer de la maintenance prédictive et de la réalité augmentée", indique Emmanuel Thommerel, qui entend proposer, au-delà du suivi de la production en interne, la traçabilité des composants à ses clients. Lacroix Electronics lancera l'an prochain un nouveau pilote avec Microsoft et PTC sur ces thématiques.

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