Pour moderniser sa flotte, l'autopartage promet des véhicules gratuits en leasing

Pour moderniser sa flotte, l'autopartage promet des véhicules gratuits en leasing GoMore, Drivy et Koolicar ont lancé des offres avec des loueurs de moyenne et longue durée. Les clients peuvent sous-louer leurs véhicules pour rembourser leurs mensualités.

Traditionnellement, les loueurs de tout poil ont un ennemi commun : la sous-location. Pourquoi accepteraient-ils qu'on utilise leur bien pour générer des revenus qu'ils ne touchent pas ? Et pourtant, des loueurs commencent à remettre en cause ce postulat dans la location automobile moyenne et longue durée (LLD), en autorisant leurs clients à sous-louer leurs véhicules sur des plateformes d'autopartage entre particuliers. Après Koolicar et GoMore en 2017, Drivy, le leader français de l'autopartage entre particuliers, a lui-aussi lancé son offre cet été avec ALD Automotive.

Plusieurs modèles de véhicules citadins d'entrée de gamme peuvent être loués chez ALD (puis sous-loués sur Drivy) pour moins de 250 euros par mois pour une durée de 36 mois et avec une limite de 25 000 kilomètres parcourus par an. "Si vous mettez votre véhicule en sous-location 15 jours par mois et réussissez à le louer 9 jours, vous rembourserez votre location longue durée mensuelle et il vous restera une dizaine de milliers de kilomètres à parcourir dans l'année," affirme Quentin Lestavel, directeur France de Drivy.

Facture réduite

Koolicar, qui s'est tourné vers la start-up de LLD Roulenloc, est allé plus loin dans l'intégration. Les kilomètres effectués pendant une sous-location sur la plateforme ne sont pas comptabilisés dans la limite kilométrique annuelle de la location longue durée. En contrepartie, les particuliers ne peuvent pas s'enrichir en mettant leur voiture en sous-location 365 jours par an : l'argent rapporté chaque mois par leur véhicule est directement retiré à la facture mensuelle de la location chez Roulenloc. Si les revenus sont supérieurs au montant de la facture, ils sont reportés sur la facture suivante.

GoMore, une plateforme danoise qui propose également du covoiturage, a développé sa propre offre de leasing en partenariat avec le loueur Europcar. Concrètement, les utilisateurs sont clients des loueurs, mais ils peuvent effectuer la plupart des démarches sur la plateforme de GoMore. Contrairement à ses concurrents Drivy et Koolicar, GoMore touche donc une commission sur chaque location amenée à ses partenaires via sa plateforme. Une source de revenus devenue rapidement cruciale pour la start-up. "Le leasing représente désormais 50% de notre chiffre d'affaires en France", affirme Sevan Marian, directeur général de GoMore en France. Selon lui, environ 10% des véhicules d'autopartage disponibles sur GoMore proviennent désormais de l'offre de leasing.

"Le leasing représente désormais 50% de notre chiffre d'affaires en France"

C'est ce genre de synergies que recherchent les plateformes via ces partenariats. Majoritairement dépendantes de véhicules de particuliers pas tout jeunes, elles ont besoin de moderniser leur flotte et espèrent donc convaincre leurs propriétaires de rajeunir leurs véhicules. Mais plus que l'âge, c'est surtout une question de technologie pour Drivy et Koolicar : toutes les voitures proposées par leurs partenaires en location longue ou moyenne durée sont équipées de leurs boîtiers connectés maison, qui permettent de déverrouiller le véhicule avec leur application, puis de récupérer les clés à l'intérieur, sans avoir à rencontrer le propriétaire. Un élément de friction dont la disparition est cruciale au développement de ces plateformes. Elles sont donc preneuses de toute initiative ayant le potentiel d'augmenter la part de leur flotte disposant de boîtiers connectés.

Anticiper l'essor de la LLD

GoMore n'utilise pas cette technologie. Mais pour Sevan Marian, la sous-location est aussi une manière de ne pas passer à côté d'une tendance de fond sur le marché automobile. "La part de marché de la LLD a doublé en quatre ans, même si la France a encore du retard sur des pays comme le Danemark ou les Etats-Unis", rappelle-t-il. "Le développement de la LLD peut représenter une menace pour la croissance de notre flotte si la pratique se répand sans que l'on puisse louer ce type de véhicules sur notre plateforme."

Quant aux conducteurs, les services d'autopartage leur promettent de réduire leurs mensualités grâce à leurs locations, mais aussi de monter en gamme. "Les utilisateurs en profitent pour choisir des véhicules ou des options qu'ils n'auraient pas eu les moyens de s'offrir sans la sous-location", remarque Stéphane Savouré, fondateur de Koolicar. Un véhicule récent, en bon état, et avec un système d'ouverture à distance augmentera grandement leurs chances de trouver un locataire. Et chez GoMore, les véhicules issus de l'offre de leasing sont même favorisés par l'algorithme de recherche. Si la sous-location demeure minoritaire sur ces plateformes, celles-ci semblent en tout cas vouloir poursuivre leurs efforts dans cette direction. GoMore a signé avec deux nouveaux loueurs cet été, Arval et Cetelem, tandis que Koolicar est en discussions avec plusieurs acteurs et devrait annoncer de nouveaux accords dans trois à six mois.

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