Il réalise sa première ICO à 8 ans

Pour relâcher un peu la pression et prendre un axe alternatif, je vous propose un article racontant l’histoire vraie d'un jeune garçon, qui, à l’âge de 8 ans a réalisé sa première ICO sans aucune connaissance technique, technologique ni financière.

ICO, tokens, blockchain, crypto-monnaies … Ces mots-clés vous intriguent mais vous ne maîtrisez pas tout à 100% ?

Pour relâcher un peu la pression et prendre un axe alternatif, je vous propose un article racontant l’histoire vraie d'un jeune garçon, qui, à l’âge de 8 ans a réalisé sa première ICO sans aucune connaissance technique, technologique ni financière ! Vitalik Buterin (créateur de Ethereum, la deuxième génération de blockchain), tu n’es pas si jeune finalement…

Bref rappel du vocabulaire. En quelques mots, une ICO ou initial coin offering est un moyen pour un porteur de projet de lever des fonds, le plus souvent au stade de l’idée ou du POC (proof of concept). On parle également de "crowdsale" car il s’agit en quelque sorte de crowdfunding utilisant des crypto-monnaies (bitcoin et ether en tête).

Les ICO sont le plus souvent associé à des projets utilisant la blockchain (ou plus exactement les registres distribués : DLT) et un token, sorte de jeton (comme au casino) que l’on va pouvoir utiliser, échanger dans le cadre des produits et services vendus par une entreprise. Les ICO sont le plus souvent associé à des projets utilisant la blockchain. Rappelons tout de même brièvement que pour lancer une ICO il faudra à minima être entourés d'experts en DLT (registres distribués), en cyber-sécurité, en finances, en fiscalité et en législation. En début 2018, nous sommes encore à l’heure du far west digital, le cadre législatif étant encore très flou pour la plupart des pays et dépendant de la définition de votre token ("utility" ou "security" token ?).

Malgré ce flou artistique, nombreux sont ceux qui se lancent bille en tête, sans toujours mesurer les risques encourus. Après tout, le propre de l’entrepreneur n’est-il pas de sauter du toit d’un immeuble puis d’inventer et construire le parachute pendant la chute ? Parmi eux, un jeune écolier de 8 ans a lancé son ICO en 2017 (histoire vraie).

La découverte de la pépite / invention du token "pépite"

Comme la plupart des enfants grandissant dans un pays développé et civilisé, ce jeune garçon était frustré par l’interdiction subie quant à l’utilisation des "FIAT money" (euros et autres dollars). Interdiction de vendre des biens ou services pour en gagner. Interdiction d’en dépenser librement ou forte surveillance des  "investissements" réalisés suite à un don lors d’un anniversaire par exemple. Additionnons à cela l’obligation d’attendre la majorité (18 ans) pour pouvoir enfin être libéré de ce muselage financier et l’injustice ressentie atteignait son paroxysme. 

Un jour de beau temps, ce jeune homme trouva dans la cour d’école une petite boule étrange qu’il trouva jolie : une pépite ! Il s’agissait en fait d’une graine d’un des arbres de l’école. Cette graine avait été portée par le vent et le jeune écolier avait pu s’en emparer librement. Il ne pouvait par contre pas s’en procurer d’avantages car ces arbres-là étaient plantées en dehors de l’enceinte de l’école et le grillage n’était pas franchissable.Il semblait par ailleurs en exister une quantité limitée car il n’y avait que très peu d’arbres de ce type autour de l’école. Ces graines étaient donc rares et belles. En posséder semblait donc intuitivement quelque chose d’intéressant. 

C’est alors que cet enfant eu l’idée de croiser la découverte de cette graine organique avec sa frustration financière d’enfant : "et si l’on pouvait utiliser ces graines comme les grands, mais pour acheter des choses que l’on aime en tant qu’enfants et que l’on puisse utiliser dans la cour d’école ?"Le but ne serait pas de spéculer sur la valeur de la pépite ("security token", non merci) mais d’utiliser la pépite sur l’économie réelle au travers de produits et services utile et utilisable dans la cour d’école (aka "utility token"). Intuitivement, il venait de trouver une solution à un problème touchant tous les enfants de son école, voir tous les écoliers du monde !

Convaincre ses amis proches / lancer la pre-ICO

Fort de sa découverte, il prépara sa pre-ICO en partageant sa découverte avec quelques amis proches. Ils trouvèrent l’idée intéressante mais comment pouvaient-ils investir dans une nouvelle crypto-monnaie en tant qu’enfants ? Il leur proposa d’investir en créant le premier marché au troc de l’école. Ils amèneraient des produits (tatouages temporaires pour enfant) et lui amènerait les graines. Le POC (proof of concept) de son nouveau token était né. Fort de son succès, le jeune homme offrit quelques pépites à ses amis et ces derniers s’occupèrent de la campagne de communication auprès de leurs propres amis.

Convaincre toute l’école / lancer l’ICO

L’ICO suivit le même principe que la pre-ICO, en touchant cette fois-ci un plus grand nombre d’écoliers, cooptés par les "early adopters" à qui avaient été offert des pépites de manières gracieuses. Toutes les conditions semblaient réunies et la nouvelle monnaie "underground"de l’école était lancée. Le système associé à la pépite répondait à un problème global, raisonnant dans le cœur de chacun des écoliers. La pépite était une denrée rare, avec un nombre d’unités finies (limités par le nombre d’arbres et la saisonnalité de leur production de graines). 

Les advisors avaient été convaincus et propageaient la bonne parole. Le succès fut au rendez-vous. Les élèves apportaient chaque matin des tatouages temporaires, des billes et autres jouets qui ne les intéressaient plus pour pouvoir acheter des pépites. Côté services, des sessions de massages ou de pose de vernis à ongles étaient proposées en échange de quelques pépites. Un élève eu même l’idée d’organiser un loto où l’on pouvait investir 10 pépites et le gagnant repartait avec 100 pépites. Le tatouage valait 5 pépites, la bille 1 pépite. Le marché semblait stable et tout cela se déroulait en paix sans aucune régulation lors des récréations dans la cour d’école.

Gérer le succès / maîtriser la valeur du token

Un jour, cet entrepreneur en culottes courtes remarqua que le stand "tatouage" était submergé. Il y avait plus de demandes que d’offres. Il organisa une assemblée générale avec les early adopters afin de proposer l’augmentation du prix des tatouages à 10 pépites. Ils en parlèrent aux vendeurs de tatouages qui appliquèrent la hausse de prix afin de réguler l’attente au stand tatouage. Le cours du token venait de subir une déflation pour s’adapter à l’économie réelle et la décision avait été prise de façon collective par la communauté des possesseurs de pépites ! Le "fondateur" qui avait amassé de nombreuses pépites décida de jeter (« token burn ») une partie de ses pépites afin d’éviter d’attirer la convoitise et maintenir intuitivement une valeur stable pour sa crypto-monnaie.

Intégrer la concurrence / arrivée des alt-coins

Les pépites étaient rares et il n’y en avait pas pour tout le monde. Certains élèves eurent l’idée d’utiliser des graines de pommes qui ressemblait aux pépites. Les faux-monnayeurs furent donc leur apparition. Certains vendeurs refusaient d’être payés en « fausse pépite ». Ils trouvaient que cela relevait de la fraude et que ces copieurs n’avaient qu’à créer leur propre monnaie. Plutôt que de bannir cet usage, il proposa d’autoriser ces monnaies alternatives et il parvint à convaincre les possesseurs de pépites ainsi que les vendeurs. Ils votèrent et décidèrent à la majorité que 10 graines de pomme équivaudraient à 1 vraie pépite. Le marché des alt-coins était lancé et s’intégrait parfaitement à la couche physique existante (tatouages, billes, jouets, …).
PEP = 10 PPP = 7500 satoshi = 0.001 ETH = 0.50 EUR
* PEP = pépite
* PPP = graine de pomme (fausse pépite)
* satoshi = 0.00000001 BTC (bitcoin)* ETH = Ether

Gare aux adultes / réveil des autorités régulatrices

Hélas pour ces jeunes disrupteurs en herbe, les adultes ont fini par avoir vent de cette activité de cours d’école.
Le directeur de l’école, représentant officiel de l’autorité en charge de réguler les activités de ces jeunes têtes pensantes, a rapidement interdit ce qui était jugé comme un trafic illicite.Les parents s’y sont mêlés et ont également rejoint la cause du directeur, interdisant toute utilisation de la pépite dans et en dehors de l’école.
Les créateurs de la pépite et leurs utilisateurs n’ont rien pu faire. Ils n’avaient pas anticipé cela et n’avait donc pas intégré les régulateurs dans les prérequis de départ.Ils ont tout perdu. Certains ont même écopé d’une sanction disciplinaire.

Conclusion de l’ICO

Cette histoire vraie illustre le fil du rasoir sur lequel déambule les entrepreneurs early adopters de la blockchain et des crypto monnaies/ crypto tokens.
La difficulté pour réussir une ICO et créer son propre token ne réside pas uniquement dans la technique, le marketing de son ICO et la gestion financière.
Elle réside également dans la mise aux normes et dans l’évangélisation des autorités régulatrices (telles que l’AMF en France ou la SEC aux USA) face à ce « nouvel » enjeu digital des temps modernes.

Vous avez un projet d’ICO, un besoin de conseil pour savoir comment être officiellement "homologué" dans ce far west selon votre situation et votre pays d’implantation ? Choisissez-bien vos partenaires techniques et juridiques, il en fleurit chaque jour et devenir "consultant en ICO" semble être à la mode sur la toile.

Je vous conseille vivement de vérifier leurs track records tant technique, financier, économique et politique pour éviter toute mauvaise surprise avant, pendant et surtout après votre ICO (attention au coup de boomerang rétroactif pendant 3 ans). Tout doit être ultra solide sans aucune zone d'ombre.

Ne pas pouvoir clôturer ses comptes pour des raisons d’irrégularités comptables pourrait par exemple convertir un "bon coup" d’une ICO de 10 millions d'euros en un très mauvais « coup bas » et une dette de 10 millions d'euros doublée d’un redressement fiscal douloureux, applicable rétroactivement. Si de surcroît vous êtes le porteur du projet, votre responsabilité pénale pourrait être engagée selon le cas et les dommages deviendraient alors beaucoup plus conséquent.

Une ICO est un superbe véhicule financier, accélérateur de l’innovation disruptive des prochaines années, collée (je l’espère) à l’économie réelle.
Mais il faut toutefois veiller à gérer l’accélération sous peine d’aller plus vite que la musique législative et fiscale et de finir avec une fausse note urticante…
Heureusement pour l’innovation, l'AMF en France semble être sur le pied de guerre et nous prépare, à priori, un cadre légal clair et rassurant.

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