La smart city transforme l'activité des énergéticiens

Pour tirer parti de l’essor des villes intelligentes, les énergéticiens se positionnent sur le créneau de la durabilité et font évoluer leurs métiers et leurs activités.

A travers le monde, les villes sont de plus en plus nombreuses à se vouloir plus connectées et plus intelligentes pour optimiser les coûts, leur organisation et le bien-être de leurs habitants. Une aspiration qui n’est pas le propre des grandes villes et des métropoles, puisque des communes de taille moyenne et des collectivités locales comme les régions s’engagent, elles aussi, dans des projets de smart city pour rendre un meilleur service à leurs usagers.

La performance énergétique et la durabilité constituent des enjeux essentiels pour permettre l’avènement des villes connectées. Un enjeu intégré par les acteurs de l’énergie, qui proposent leurs propres solutions digitales pour accompagner les collectivités dans les différentes dimensions de leur transition numérique.

Pilotage des smart cities

La transition numérique des villes, qui suppose l’installation de capteurs, la mise en place de mobilier urbain connecté, de moyens de mobilité électrique et de systèmes de collecte, de stockage et de traitement des données, n’est pas neutre d’un point de vue énergétique et financier. Déjà responsables de 70% des émissions de CO2, les villes pourraient voir leur facture s’alourdir. Les nouvelles technologies numériques comptent en effet selon certaines estimations pour 10% de la consommation mondiale d’électricité et pour plus de 14% des émissions de gaz à effet de serre.

La diminution de la consommation énergétique et de l’empreinte environnementale des villes passe d’abord par une optimisation des équipements existants pour les rendre moins énergivores. Celle-ci représente un enjeu considérable pour les collectivités, qui doivent repenser leurs réseaux de chaleur ou encore d’éclairage public, souvent anciens et fortement consommateurs d’énergie. Près de 40% des luminaires des communes françaises sont ainsi obsolètes selon l’Ademe et nécessitent d’être remplacés par d’autre moyens d’éclairage à faible consommation. Les gains d’efficacité énergétique impliquent également d’améliorer la performance des réseaux de smart city, notamment pour assurer une meilleure intégration des énergies renouvelables intermittentes comme le solaire et l’éolien et ajuster la production énergétique selon les besoins. La généralisation des réseaux et des compteurs intelligents apparait ainsi comme une première étape importante pour optimiser la gestion énergétique dans les agglomérations. Le gestionnaire de réseau, Enedis, a ainsi lancé le premier programme de démonstrateurs smart grids en France dans plusieurs communes de tailles et d’importance diverses pour préparer leur phase d’industrialisation.

Faire évoluer les métiers

Rendre la ville plus intelligente et plus durable suppose également d’assurer un meilleur pilotage de ses différents paramètres de gestion, notamment en termes de consommation énergétique, en s’appuyant sur l’exploitation des données en open data et des données privées. La création d’une plateforme digitale centralisée pour gérer l’espace urbain dans ses différentes dimensions (éclairage public, vidéosurveillance ou encore régulation de la circulation) est l’une des pistes poursuivies par le groupe EDF. A travers sa filiale Citelum, l’électricien a développé sa propre solution, Muse, pour gérer les échanges digitaux entre les plateformes métier d’un territoire. De son côté, Engie et ses filiales Ineo (génie électrique, systèmes d’information) et Siradel (Modélisation 3D) ont été choisies en novembre dernier face à Capgemini et Accenture par la Région Ile-de-France pour réaliser sa plateforme de données. Un projet qui vise à centraliser l’ensemble des données régionales, et à créer de nouveaux services en les partageant avec des acteurs publics ou privés.

Le positionnement d’Engie sur la gestion des données et les systèmes d’informations constitue un exemple notable de la manière dont les énergéticiens font évoluer leurs métiers pour tirer parti de l’essor des villes intelligentes. A travers sa filiale Ineo, le 2e producteur d’électricité en France et leader des énergies renouvelables, a réorienté son activité traditionnelle d’énergéticien vers une nouvelle offre dédiée aux infrastructures. Le groupe s’est également positionné sur le secteur de la vidéosurveillance et comptait en 2016 plus de 600 villes clientes à travers le monde parmi lesquelles Paris et Rio de Janeiro au Brésil. Les activités liées aux villes intelligentes représentaient ainsi 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour l’énergéticien cette même année. Pour se positionner sur ces nouveaux métiers, les acteurs de l’énergie multiplient les collaborations avec des start-up pour développer un écosystème d’open-innovation. Le groupe EDF s'est ainsi entouré de partenaires, dont plusieurs centaines de start-up. C’est aussi le cas d’Engie, présente depuis quatre ans au CES de Las Vegas, et qui a emmené avec elle cette année 8 solutions internes et 15 jeunes entreprises tournées vers la smart city.

En développant ces nouvelles activités, les énergéticiens s’assurent ainsi de tirer parti de la multiplication des projets de villes intelligentes non seulement en France mais aussi à l’international. Forts de leur promesse d’allier transition énergétique et transition numérique, ceux-ci devraient s’imposer dans les années à venir comme des acteurs incontournables sur le créneau de la gestion des smart cities

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