iBanFirst lève 15 millions d'euros après avoir refusé une offre de rachat

iBanFirst lève 15 millions d'euros après avoir refusé une offre de rachat La fintech franco-belge, qui fournit une solution de gestion des paiements internationaux, cherche à s'implanter en Asie et va recruter une vingtaine de commerciaux en 2019.

Le secteur du paiement est en pleine ébullition. Les méga-rachats (Six Payment par Worldline) et grosses levées de fonds (245 millions de dollars pour Stripe) s'enchaînent en 2018 dans le monde. Et la France ne fait pas exception. iBanFirst, une solution pour gérer les paiements internationaux de façon moins chère et plus rapide que les banques, lève 15 millions d'euros auprès de Xavier Niel et des fonds de capital-risque Serena (lead sur l'opération) et Breega Capital.

La fintech avait déjà réalisé un tour de table de 10 millions d'euros fin 2016, notamment auprès du patron de Free, qui avait injecté 1 million d'euros via sa holding personnelle. Cette fois, le fondateur de 42 et Station F a mis un ticket supérieur à 1 million d'euros afin de ne pas être dilué. Les VC et Xavier Niel ne sont pas les seuls intéressés par cette société franco-belge. Selon nos informations, une banque française a fait une proposition de rachat cet été à iBanFirst, qui l'a rejetée afin de garder son indépendance.

Xavier Niel a mis un ticket supérieur à 1 million d'euros afin de ne pas être dilué

Avec ce nouveau tour de table, iBanFirst compte accélérer sa recherche et développement autour de la directive européenne sur les services de paiement (DSP2), entrée en vigueur le 13 janvier 2018. La société a obtenu cet été les agréments DSP2 qui lui permettent de faire de l'agrégation (agrément AISP) et de l'initiation de paiement (agrément PISP). Désormais, la fintech permet à ses 2 500 clients PME de consulter leurs comptes bancaires et leurs comptes iBanFirst sur une même interface. L'initiation de paiement, qui consiste à déclencher le virement d'un compte bancaire (Société Générale, BNP Paribas…) depuis une plateforme tiers, est quant à elle encore en bêta.

"Ce service est un game changer pour nous", indique Pierre-Antoine Dusoulier, patron de la jeune société. "Quand une entreprise française doit régler une facture de 300 000 dollars à un fournisseur à Hong-Kong, elle doit transférer les euros de son compte principal - Société Générale, BNP Paribas - sur son compte iBanFirst. Puis nous nous occupons de faire le changement en  dollars et faisons le paiement. C'est un peu pénible. Avec l'initiation de paiement, nous irons prendre nous-mêmes les 300 000 dollars puis nous ferons le reste." 

Être un hub de services financiers

La société, qui devrait réaliser près de 40 000 transactions pour 2 milliards d'euros en 2018, planche sur d'autres fonctionnalités et services, sans en livrer les détails. "Dans le futur, les clients entreprises auront des comptes dans plusieurs banques mais se serviront de la meilleure entité pour faire du paiement international, la meilleure pour emprunter de l'argent… Nous devons donc être un hub pour que tous ces services soient au même endroit. Dans ces services, nous voulons absolument en fournir quelques-uns comme le paiement international", explique Pierre-Antoine Dusoulier. Elle a par exemple lancé en 2018 des Iban personnalisés (les entreprises peuvent mettre leur nom au sein du code Iban). 

"Nous avons plus d'opérations entre l'Europe et l'Asie qu'entre l'Europe et les Etats-Unis"

Ces fonds serviront également à intensifier la présence internationale d'iBanFirst, à commencer par l'Europe de l'Est, où la start-up réalise déjà des tests. "Ce sont des pays qui n'ont pas l'euro, ce qui fait que toutes les entreprises situées là-bas ont potentiellement besoin de nos services. En plus, notre agrément fonctionne puisque c'est l'Union européenne", précise l'ancien patron de Saxo Banque France. Une douzaine de personnes basée à Chypre gèrent déjà la région. iBanFirst a également ouvert un bureau à Anvers il y a deux mois pour couvrir la Flandre et plus tard les Pays-Bas. Elle étudie également une implantation en Italie, en Allemagne et à Singapour. "Nous avons des clients à Singapour. L'Europe-Asie est notre plus grand corridor. Nous avons plus d'opérations entre les deux continents qu'entre l'Europe et les Etats-Unis. Et Singapour est un bon hub pour couvrir l'Asie du Sud-Est", soutient Pierre-Antoine Dusoulier. "Mais il est difficile de s'installer là-bas car c'est comme créer une entreprise from scratch. Il faut un agrément différent, une équipe basée sur place..."

Enfin, ce financement servira à augmenter sa force commerciale. En 2017, iBanFirst comptait seulement sept commerciaux, ils sont 22 aujourd'hui (sur 100 salariés) et seront cinquante d'ici fin 2019. Elle prévoit aussi de recruter des profils IT, produit et marketing. Pour accueillir tout ce monde, la jeune pousse déménagera prochainement. Concernant ses revenus, la société ne communique sur aucun chiffre mais assure avoir enregistré 100% de croissance en 2018.

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