Le gouvernement Trump interdit l'importation de robots humanoïdes et quadrupèdes fabriqués à l'étranger

Le gouvernement Trump interdit l'importation de robots humanoïdes et quadrupèdes fabriqués à l'étranger La mesure vise à limiter les risques de cybersécurité et à stimuler l'industrie robotique américaine, tout en prévoyant des exemptions pour certains usages.

Le gouvernement Trump a ajouté mardi à une liste de produits et de sociétés interdits d'importation aux Etats-Unis les robots humanoïdes et quadrupèdes, estimant qu'ils présentent "des risques inacceptables pour la sécurité nationale" du pays. Cette décision, qui ne concerne que les nouveaux modèles et non ceux déjà vendus ou autorisés aux Etats-Unis, intervient dans le contexte d'une tentative de relance de l'industrie américaine par le gouvernement Trump.

Risques pour la sécurité nationale et cybersécurité

La majorité des robots humanoïdes vendus aux Etats-Unis sont produits à l'étranger, en Chine notamment. Les "appareils robotiques avancés", terme qui comprend les "robots mobiles", ont été ajoutés à la liste du régulateur américain des télécommunications, la FCC, selon un communiqué. Cette liste comprenait déjà certains types de drones, mais aussi les sociétés chinoises Huawei ou China Telecom.

Cette décision a été prise sur la base de conclusions d'un groupe de travail réuni par la Maison-Blanche, selon lequel ces robots construits à l'étranger pourraient porter atteinte à "la sécurité et la sûreté des citoyens américains". Les agences dédiées à la sécurité nationale font valoir que ces robots "pourraient créer des points de fragilité dans la chaîne d'approvisionnement à même de perturber la sécurité économique et nationale des Etats-Unis". Ils feraient aussi courir "un risque de cybersécurité susceptible de menacer les infrastructures américaines cruciales".

Parmi les exemples cités dans le document publié par le groupe de travail figure le cas du programmeur français Sammy Azdoufal, qui a rapporté avoir accédé par accident aux données de 7000 robots aspirateurs du fabricant chinois DJI.

Un responsable du gouvernement Trump a précisé que tombaient sous le coup de la liste les robots livrés finis aux Etats-Unis, mais aussi ceux assemblés sur le territoire américain avec plus de 35% de composants fabriqués à l’étranger.

Sont exemptés de cette interdiction les robots autorisés par le ministère américain de la Défense "car ils n'impliquent pas de risques inacceptables", ajoute la FCC. La FCC a également inscrit sur la liste les onduleurs fabriqués à l'étranger, des appareils permettant notamment de transformer le courant continu provenant de batteries ou de panneaux solaires en courant alternatif standard susceptible d'être utilisé par le réseau électrique.

Relance de l’industrie robotique américaine

Plusieurs acteurs de la robotique produisent déjà certains robots humanoïdes aux Etats-Unis, notamment Boston Dynamics, qui prévoit d'y construire une usine dont la capacité de production atteindra, à terme, 30 000 unités par an. Tesla ambitionne de démarrer prochainement la fabrication industrielle de son robot humanoïde Optimus sur deux sites américains, à Fremont (Californie) et Austin (Texas). Il s'agit néanmoins d'assemblage et non de production intégrale. Un autre fleuron américain de la robotique, Figure AI, assemble déjà des robots en série dans son usine de San Jose (Californie).

En l’état, la plupart des robots humanoïdes sont développés pour des applications industrielles, dans des espaces confinés comme une usine automobile ou un entrepôt de stockage.