Jérôme Marty (Waze) "Nous allons dépasser les dix millions d'utilisateurs mensuels actifs en France"

Le directeur France de l'appli de navigation automobile fait le point sur le programme Connected Citizens, via lequel la société fournit ses données de trafic en temps réel à des villes et entreprises.

JDN. Lancé en 2016 en France, le programme Connected Citizens compte désormais une trentaine de partenaires. Des métropoles (Lille, Grand Paris Sud…) et des entreprises (Vinci Autoroutes, Sanef…) échangent gratuitement leurs données avec celles de Waze. En quoi consistent ces échanges ?

Jérôme Marty dirige les activités de Waze en France depuis deux ans. © Waze

Jérôme Marty. Nous possédons des données chaudes, en temps réel, sur l'état du trafic et les accidents. Les villes et les entreprises, elles, ont des données froides sur des travaux ou des événements à venir qui peuvent perturber la circulation. Le but de ces échanges est donc d'avoir le meilleur des deux mondes. En cas d'accident par exemple, l'info remontée par notre communauté de conducteurs est rapidement transmise aux urgences. A Versailles, nos données sont aussi utilisées pour signaler à la police des véhicules garés en double file ou tester l'impact de modifications de la voirie sur le trafic. Pour nous, les données froides permettent d'anticiper et de ne pas attendre qu'un conducteur signale des travaux pour avoir l'information. Grâce à cela, nous pouvons prévenir nos utilisateurs 24 heures à l'avance que leur itinéraire sera impacté par ce genre d'événements.

Cette trentaine de partenaires vous permet-elle de mailler tout le territoire et d'avoir accès à tous les types de données dont vous avez besoin ?

Nous sommes bien représentés sur l'ensemble du territoire. D'abord grâce à notre communauté : nous avons aujourd'hui 9, 95 millions d'utilisateurs mensuels actifs en France. Avec les grèves et les ponts du mois de mai, tout laisse à penser que nous allons dépasser les 10 millions d'utilisateurs mensuels actifs. En termes de données froides, nous couvrons moins bien l'Est de la France, en particulier la zone limitrophe avec l'Allemagne. Il nous manque aussi des grandes villes comme Paris, Marseille ou Lyon. Mais nos éditeurs de cartes régionaux, qui sont très actifs, peuvent nous aider à récupérer certaines de ces données auprès des départements qui s'occupent de la voirie dans les villes, sans que nous signions un partenariat.

Vous connaissez mieux l'état du trafic en temps réel que les villes, vous êtes prévenus des accidents avant les urgences. Cela fait-il de Waze un partenaire à part des villes ?

Nous pensons avoir un rôle spécial pour faire que cette donnée serve le bien commun. Comme nous le faisons déjà avec les éditeurs, nous réunissons désormais nos partenaires une fois par an pour présenter de nouveaux cas d'usage et répandre les bonnes pratiques. Les villes ne se parlent pas toujours, alors qu'elles ne sont pas en compétition.

"Il n'y a aucun plan pour monétiser les données des villes"

Prévoyez-vous un jour de monétiser ces données, ne serait-ce qu'auprès des entreprises ?

Il n'y a aucun plan pour monétiser ces données. Nous sommes dans une logique d'échanges de données qui nous permet d'améliorer notre produit. Notre appli est financée par la publicité. C'est notre source de revenus numéro un.

Ces échanges de données vous paraissent-ils équilibrés ? Vous pouvez utiliser l'open data d'une ville comme bon vous semble, alors que les villes n'ont pas le droit d'en faire de même avec vos données ?

Cet échange nous paraît juste puisque nous mettons gratuitement à disposition ces données. Je pense que nous faisons déjà énormément de choses pour les villes. Si nous ne commercialisons pas ces informations, je ne vois pas pourquoi nous irions les mettre à disposition de l'ensemble des acteurs privés.

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