Covoiturage : l'Ile-de-France renouvelle les subventions... et les pérennisera

Covoiturage : l'Ile-de-France renouvelle les subventions... et les pérennisera Les trajets covoiturés dans la région seront financés à hauteur de 3 euros par passager au lieu de 2, et les conducteurs pourront cumuler jusqu'à 150 euros de dédommagement par mois.

C'est le retour des covoiturages courte distance financés par l'argent public. A l'issue de son conseil d'administration du 17 avril, Ile-de-France Mobilités (IDFM) a décidé de renouveler ses subventions au covoiturage, qui s'étaient arrêtées fin décembre après plus d'un an d'expérimentation. "Pendant cette année test, nous sommes passés de 10 à 40 000 covoiturages par mois. C'est une belle croissance mais les volumes ne sont pas encore au niveau de nos attentes, qui sont plutôt en centaines de milliers de trajets", explique au JDN Laurent Probst, directeur général d'IDFM, qui rappelle que huit millions de personnes voyagent chaque jour sur le réseau francilien. "Nous sommes donc arrivés à la conclusion que nous devions entrer dans un système pérenne de subvention du covoiturage".

Pour l'instant, les subventions recommencent avec une durée limitée, jusqu'au 31 décembre 2019, mais avec plus de moyens. Jusqu'ici plafonnés à deux euros par trajet, les covoiturages seront désormais pris en charge jusqu'à trois euros. Dans le détail, les voyages entre 2 et 15 kilomètres seront payés à hauteur d'1,5 euro, ceux au-delà de 30 kilomètres monteront à trois euros, tandis qu'entre les deux, la subvention sera progressive, à raison de dix centimes par kilomètre. L'argent sera versé par la région aux conducteurs via des plateformes comme Klaxit, Karos ou BlaBlaLines. En pratique, les trajets seront gratuits pour les passagers, qui à l'origine devaient payer eux-même une dizaine de centimes par kilomètre parcourus.

"Il y a un problème d'offre. Le principal sujet est de réussir à recruter plus de conducteurs"

Les subventions deviennent également plus incitatives pour les conducteurs. Auparavant limités à deux euros de dédommagement par trajet quelque soit le nombre de passagers, ils pourront désormais recevoir jusqu'à trois euros par passager. De quoi les inciter à remplir leurs véhicules. Pour éviter les taxis clandestins, une limite de 150 euros de dédommagement par mois et par conducteur a été fixée. "Il y a un problème d'offre", déplore Laurent Probst. "Le principal sujet est de réussir à recruter plus de conducteurs".

Seuls les passagers détenteurs d'un Pass Navigo seront éligibles à ces trajets subventionnés, les autres devront payer selon le tarif défini par l'opérateur, et qui tourne donc le plus souvent autour de dix centimes par kilomètre. 

Peu d'argent pour les start-up

Le nouveau mécanisme pose la question de la rémunération des entreprises : elles ne percevront pas le moindre argent sur les trajets des abonnés Navigo, qui représentent environ 80% des utilisateurs de ces applis, selon IDFM. Elles pourront donc uniquement prélever leur commission sur les 20% de covoitureurs ne disposant pas d'un pass Navigo. "Il est vrai que cela risque d'être compliqué pour les entreprises", reconnaît Laurent Probst. "Mais cela les incitera à recruter de nouveaux usagers et à chercher d'autres modes de rémunération, par exemple auprès des entreprises".

Les start-up du secteur ont en tout cas obtenu ce qu'elles réclamaient depuis des années : la reconnaissance du covoiturage comme transport en commun. Laurent Probst, qui a longtemps martelé que ces entreprises n'avaient pas vocation à être financées indéfiniment par les deniers public, le reconnaît désormais. "J'étais assez catégorique là-dessus. Mais la montée en puissance du covoiturage est assez indéniable, bien que pas aussi forte qu'espérée."

IDFM se prépare donc, à l'issue de ce renouvellement jusqu'au 31 décembre, à trouver un modèle juridique pérenne à sa subvention. Il s'agira soit d'une subvention semi-ouverte, dans laquelle les entreprises candidatent et doivent respecter un certain nombre de critères pour être éligibles, soit d'un appel d'offres, qui couronnerait un vainqueur pour toute la région.  

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