Uber, BlaBlaLines, ADP… la SNCF amorce sa mue en agrégateur de mobilités

Uber, BlaBlaLines, ADP… la SNCF amorce sa mue en agrégateur de mobilités L'application SNCF devient l'Assistant SNCF et intègre plusieurs services de mobilités tiers, de la réservation jusqu'au paiement. Un grand nombre de ses filiales sont aussi concernées.

La SNCF dévoile ses ambitions multimodales. L'opérateur de transport annonce ce 18 juin l'intégration d'une multitude de services à son application SNCF (à ne pas confondre avec oui.SNCF), déjà recentrée sur les infos trafic dans les gares et les transports du quotidien. La compagnie ferroviaire assure que ces services pourront être directement réservés et payés sans quitter son application, fait rare aujourd'hui sur la plupart des intégrateurs de mobilités. Quelques services de mobilités, comme  ceux de ses filiales OuiCar (autopartage) et iDVroom (covoiturage), ainsi que Cityscoot, étaient déjà proposés, mais sans la moindre intégration de réservation et de paiement.

Rebaptisée "l'assistant SNCF", l'appli intégrera à partir du 19 juin Karhoo, une marketplace qui regroupe plusieurs services dont les VTC Marcel, Le Cab (propriété de Keolis, filiale de la SNCF) et Allocab (VTC et taxis, dont la SNCF est actionnaire minoritaire), les moto-taxis Félix ainsi que les taxis Alpha Taxis. L'assistant SNCF proposera aussi les trajets du Bus Direct, la ligne d'ADP qui relie Paris à ses deux aéroports. Illustration des ambitions de la SNCF dans les transports en commun, l'appli proposera également aux Strasbourgeois d'acheter leurs tickets de bus et métro directement depuis l'appli, grâce à un partenariat avec la Compagnie des transports strasbourgeois. Les tickets pourront également être validés depuis l'application sur les smartphones compatibles avec la technologie NFC.

Covoiturage, VTC, stationnement...

La SNCF annonce une autre vague de partenaires qui devraient être intégrés avant la fin de l'année. Le plus surprenant est Uber, qui accepte d'être intégré jusqu'au paiement à un service tiers, alors que sa stratégie repose principalement sur sa propre appli, qui se transforme elle aussi en agrégateur de mobilités. Le VTC américain a remporté en juin un appel d'offre lancé par la SNCF qui lui permettra, au terme de négociations en cours, de devenir "l'opérateur de VTC exclusif présent dans l'Assistant SNCF pour l'île de France", explique-t-il dans un communiqué. Sans qu'il soit nécessaire d'être redirigé vers l'appli Uber ou même de la télécharger, affirme l'entreprise. Une exclusivité en apparente contradiction avec la communication de la SNCF, qui précise que Karhoo et les VTC qu'il agrège sont disponibles en région parisienne… Karhoo et ses VTC seront disponibles en Ile-de-France jusqu'à ce qu'Uber et la SNCF achèvent leur intégration, après quoi l'Américain deviendra bien la seule plateforme VTC proposée dans l'Assistant en Île-de-France, a confirmé la SNCF au JDN.

BlaBlaLines, l'appli de covoiturage courte distance de BlaBlaCar, fait également partie des futurs partenaires. C'est le seul service annoncé ce 18 juin pour lequel le paiement ne sera pas intégré immédiatement, reconnaît Julien Nicolas, directeur général adjoint chez e-voyageurs SNCF. "L'intégration est particulièrement complexe sur BlablaLines et comme nous souhaitons aller vite, nous avons décidé de procéder d'abord par des renvois." Après l'investissement de la SNCF dans la BlaBlaCar l'année dernière, les covoiturages longue distance de BlaBlaCar avaient commencé à être intégrés à oui.SNCF, mais rien n'avait été annoncé au sujet de la verticale courte-distance. L'intégration est de mauvaise augure pour iDVroom, le service de covoiturage courte distance maison de la SNCF, dont elle cherche à céder une partie du capital, et qui était jusqu'ici proposé dans l'application. Julien Nicolas refuse de se prononcer sur l'avenir d'iDVroom au sein du groupe, mais affirme que son service cohabitera avec BlaBlaLines. Dernier partenaire pour compléter ce bouquet de mobilités, le service de réservation de parkings Onepark, dont la SNCF est indirectement actionnaire via sa filiale Keolis.

"Ce n'est pas une API ouverte, il y a des relations commerciales entre la SNCF et ces services"

La liste des partenaires n'est pas définitive : la SNCF "invite" tous les opérateurs de transports qui le souhaitent à rejoindre sa plateforme. Mais il ne suffit pas de se connecter à son API pour en faire partie. "Notre plateforme génère d'énormes volumes, nous sommes donc à la recherche de partenaires stables techniquement et qui seront capables de répondre à ces volumes par une offre suffisante", précise Julien Nicolas. Côté modèle économique, la SNCF a choisi le fonctionnement classique des agrégateurs de mobilités : elle prélève une commission sur chaque trajet apporté à ses partenaires. Pour réussir sa mue en agrégateur de mobilités, l'opérateur ferroviaire historique devra prouver qu'il peut rassembler au-delà de son escarcelle : à l'exception notable d'Uber, la plupart des services intégrés sont ceux d'entreprises rachetées ou soutenues en minoritaire par la SNCF et Keolis.

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