Comment les fintechs PDP comptent capitaliser sur la réforme de la facturation électronique obligatoire
Ces acteurs de la comptatech espèrent profiter de la réforme pour attirer des nouveaux clients jusqu'ici peu enclins à l'utilisation de plateformes digitales pour gérer leurs finances.
Le compte à rebours est lancé. A partir du 1er septembre 2026, les grandes entreprises et les ETI seront obligées d'émettre des factures électroniques. Un an plus tard, le 1er septembre 2027, ce sera au tour des PME et des micro-entreprises de se soumettre à cette obligation. Quant à l'obligation de recevoir des factures électroniques, toutes ces entreprises seront concernées dès le 1er septembre 2026.
Cette réforme, qui vise à lutter contre la fraude à la TVA et qui ne concerne "que" les transactions réalisées entre entreprises françaises, nécessite un petit travail de transition pour les entreprises visées. Car non, il ne s'agit pas d'émettre des factures au format PDF. C'est (un peu) plus complexe que cela. Toutes devront envoyer leurs factures à une plateforme de dématérialisation partenaire, (PDP). Cette plateforme, qui agira en tant que tiers immatriculé par la DGFiP, devra valider les factures, les transmettre à l'administration fiscale et les envoyer à leur destinataire.
A ce jour, 78 entreprises se sont déclarées PDP. Parmi elles, des acteurs historiques comme Cegid ou encore Ekser, mais aussi des fintechs spécialistes de la gestion des finances dont les stratégies diffèrent pour convaincre les entreprises de les choisir comme PDP. IpaidThat, une plateforme de gestion comptable et financière, va ouvrir un service gratuit dédié uniquement à la réception et au traitement de factures. De son côté, Qonto ne va pas séparer ce service du reste de sa solution mais la néobanque pour les pros ne compte pas le surfacturer. Ceux qui choisiront Ivalua comme PDP auront le choix : soit profiter de l'ensemble du package mis en place par ce spécialiste de la gestion des dépenses, soit payer uniquement un service de facturation dissocié du reste. Enfin, Pennylane, expert de la gestion financière et comptable, va intégrer la facturation dans chacune de ses différentes solutions.
Une porte d'entrée
Des stratégies différentes mais un objectif commun : le service de facturation doit être une porte d'entrée pour amener des nouveaux clients vers les autres solutions développées par ces fintechs. "Je crois que les entreprises passeront le cap et iront plus loin dans la digitalisation car elles se rendront compte que ce n'est pas si dur de recourir à une plateforme", prédit Sébastien Claeys, CEO d'IpaidThat. "On espère capter une clientèle qui jusqu'à présent ne s'intéressait pas à nous", confie de son côté Chloé Antonucci, product manager de Pennylane. "75% du marché n'est pas encore digitalisé, il y aura forcément des opportunités pour conquérir de nouveaux clients", poursuit Sébastien Claeys.
Difficile de le contredire. Selon l'Insee, la France compte 153 000 PME et presque 4 millions de micro-entreprises. Pour rappel, on compte seulement 75 PDP pour le moment. Le calcul est vite fait. Et petit coup de pouce pour ces dernières, la mise en place d'un portail public de facturation (PPF) piloté par l'Etat a été abandonnée. Ce portail public devait servir d'alternative aux PDP qui sont désormais l'unique option pour les entreprises concernées par la réforme. Comme le souligne Frédéric Arénas, principal solution consultant chez Ivalua, "cela fait un concurrent en moins".
Pour les fintechs PDP, l'enjeu sera de convaincre des entreprises pas forcément à l'aise avec les outils digitaux de passer le cap de la plateforme de gestion financière. "Les autoentrepreneurs n'auront pas besoin d'outils très sophistiqués. On développera sans doute des solutions dédiées à leur besoin, simples d'utilisation avec un prix raisonnable", annonce Chloé Antonucci. "Un travail d'accompagnement et de pédagogie sera nécessaire. Il faudra s'adapter à la taille et à la maturité des entreprises", prévient Frédéric Arénas.
Ce travail de pédagogie sera crucial. Car selon Philippine Rougevin-Baville, DG de Qonto, "le véritable but de la réforme, encore plus que la lutte contre la fraude à la TVA, c'est d'aller plus loin dans la digitalisation et d'inciter les entreprises à mieux piloter leur trésorerie et à améliorer leur productivité". A noter que Qonto pourra s'appuyer sur deux atouts pour tenter de se démarquer des autres PDP. D'une part, la fintech aux 500 000 clients a déjà déployé une plateforme de facturation électronique en Italie où la facturation obligatoire est généralisée depuis 2019. "On va pouvoir tirer profit de cette expérience pour être plus agile et plus pertinent", assure Philippine Rougevin-Baville. D'autre part, Qonto pourra s'appuyer sur son réseau d'experts-comptables né de l'acquisition de Regate car ce sont ces derniers "qui conseilleront aux entreprises quel PDP choisir".
Partenariats BtoB ?
La réforme est une occasion pour les fintechs PDP de conquérir de nouveaux clients. Mais aussi d'être plus attractif auprès des actuels. "Ce n'est pas une opportunité de monétisation car le service ne sera pas surfacturé chez Qonto mais une opportunité de proposer une plateforme toujours plus complète", indique Philippine Rougevin-Baville. "Les entreprises qui sont déjà clientes d'Ivalua pourraient avoir envie d'ajouter notre brique de facturation si ce n'est pas encore le cas", glisse de son côté Frédéric Arénas. "Les besoins des grandes entreprises et des ETI, qui sont nos principaux clients, exigent souvent des solutions robustes et un accompagnement adapté".
Enfin, la généralisation de la facturation électronique obligatoire offre une dernière opportunité pour ces fintechs PDP : conclure des contrats avec d'autres spécialistes de la comptatech qui ne sont pas PDP. Nos quatre interlocuteurs ont tous été sollicités pour nouer des partenariats, le plus souvent en marque blanche. "Les autres fintechs pensaient passer par la plateforme publique mais celle-ci a été abandonnée. Elles devront nouer des partenariats avec des PDP si elles veulent proposer un service de facturation à leurs clients conforme à la réforme", explique Chloé Antonucci. "Ce n'était pas le premier axe auquel on pensait mais on étudie cette possibilité", indique Frédéric Arénas. Avec un raisonnement analogue, les banques pourraient aussi solliciter les PDP pour assurer la transition de leurs clients professionnels. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si IpaidThat est passé sous le giron de la BPCE au mois de septembre : "Ils se sont intéressés à nous car nous faisons partie des PDP", confie même Sébastien Claeys.
Les informations recueillies sont destinées à CCM Benchmark Group pour vous assurer l'envoi de votre newsletter.
Elles seront également utilisées sous réserve des options souscrites, par CCM Benchmark Group à des fins de ciblage publicitaire et prospection commerciale au sein du Groupe Le Figaro, ainsi qu’avec nos partenaires commerciaux.
Lors de votre inscription sur ce formulaire, des données personnelles (dont votre adresse email sous forme hachée et pseudonymisée) peuvent être partagées avec nos partenaires Data à des fins de personnalisation de la publicité et des contenus qui vous sont proposés. Vous trouverez le détail de ces informations et pouvez vous y opposer à tout moment
Plus généralement, vous bénéficiez d'un droit d'accès et de rectification de vos données personnelles, ainsi que celui d'en demander l'effacement dans les limites prévues par la loi. Vous pouvez également à tout moment revoir vos options en matière de prospection commerciale et ciblage. En savoir plus sur notre politique de confidentialité ou notre politique Cookies.
Votre téléchargement est terminé
Envoyez vos lettres de résiliation en recommandé, en 2 minutes, sans vous déplacer
Personnalisez votre lettre à l'aide de nos modèles de lettres et adresses de résiliation.
Envoyez votre recommandé avec avis de réception, directement en ligne, sans vous déplacer !
Suivez en temps réel votre courrier sur votre espace de suivi, puis téléchargez vos preuves d'envoi.