Charles Egly (Younited) "Grâce à l'entrée en bourse, Younited a pu capter toute la marge des crédits et devrait être rentable sur le dernier trimestre 2025"

Alors que Younited a effectué ses débuts sur Euronext Paris il y a un an, Charles Egly, CEO de la fintech spécialiste du crédit instantané, fait le bilan de cette première année en bourse.

JDN. Il y a un an, en janvier 2025, Younited rejoignait Euronext Paris et levait 153 millions d'euros. Pourquoi avoir fait le choix de la bourse ?

Charles Egly est CEO de Younited. © Younited

Charles Egly. L'idée était de se lister sur Euronext et de lever environ 150 millions d'euros en equity pour renforcer la taille de notre bilan. Grâce à cette augmentation de capital, on est passé d'un modèle "originate to distribute" à un modèle bilantiel, ce qui nous permet de capter toute la marge de nos crédits. On prend ainsi notre indépendance vis-à-vis d'investisseurs externes qui récupéraient cette marge. L'objectif final était d'atteindre la profitabilité et Younited devrait être rentable sur le dernier trimestre 2025.

Avez-vous l'impression que l'action Younited suscite de l'engouement ?

Après l'IPO, on n'a pas émis de nouvelles actions. Aujourd'hui, moins de dix actions Younited par jour sont échangées. C'est très peu mais c'est normal. L'objectif premier est la rentabilité, avant la génération de liquidités.

Votre valorisation a pourtant baissé : elle est de 491 millions d'euros (au 12 janvier) alors que Younited avait le statut de licorne avant son IPO…

Depuis la guerre en Ukraine, on observe une importante volatilité sur les multiples de valorisation, en particulier pour les fintech. Notre valorisation a diminué mais comme toutes celles du secteur. L'objectif est de revenir à notre niveau antérieur et même de le dépasser, ce qui se fera naturellement avec l'atteinte de la rentabilité.

Est-ce que l'introduction en bourse a entrainé des modifications sur votre fonctionnement en interne ?

Il n'y a pas de gros changements. On avait déjà des obligations réglementaires car on est agréé auprès de régulateurs comme l'AMF ou l'ACPR. En termes de reporting, cela n'est pas très différent car on avait déjà des contraintes de publication. La différence réside davantage dans la communication où l'on doit faire preuve de prudence. On est un peu contraint mais la communication devient plus saine.

Peu de start-up françaises ont osé se lancer en bourse. Avez-vous un conseil à donner aux autres entreprises de la French tech ?

Mon message est que, globalement, une introduction en bourse est une voie possible et intéressante à partir du moment où une entreprise est profitable et que son business model est stabilisé. L'IPO est une belle chose. Mais il ne faut pas que ce soit un choix par défaut. Il faut s'introduire en bourse quand on a d'autres options comme lever des fonds ou faire rentrer un industriel au capital.

Quelle est la ligne directrice de Younited pour 2026 ?

L'objectif est de continuer notre trajectoire de profitabilité en visant un ROE supérieur ou égal à 10% (le ROE est un ratio qui mesure la rentabilité des capitaux propres d'une entreprise, ndlr).

Outre l'IPO, l'année 2025 de Younited a été marquée par le rachat de la néobanque Helios en mai dernier. Quel était l'objectif de cette acquisition ?

Helios fait partie du nouveau visage de Younited. On a rajouté une brique à notre produit. Ce rachat nous permet de diversifier nos canaux d'acquisition client, d'augmenter notre rétention client et de collecter des dépôts. Helios et Younited proposaient deux solutions complémentaires donc il s'agissait d'une union logique.