Commerce agentique, GEO, néobanques… Les 7 tendances qui façonnent la fintech mondiale selon le BCG
Début juin, le Boston Consulting Group a publié son rapport annuel consacré à la fintech mondiale. L’occasion pour le cabinet de conseil d’identifier les principales tendances du secteur. Voici les sept d'entre elles qu'il faut retenir.
1. L'IA à grande échelle : pas encore, pas partout
Contrairement aux promesses autour de l’IA générative, les gains les plus tangibles dans la fintech restent largement invisibles pour le grand public. Selon le BCG, ils se concentrent sur les fonctions internes (développement logiciel, conformité, fraude…) avec des équipes capables d’aller jusqu’à cinq fois plus vite quand l’IA est intégrée au cœur du cycle de production. Concernant l’IA agentique, son développement risque d'être freiné dans la fintech du fait des fortes contraintes réglementaires du secteur.
2. Le GEO redéfinit les stratégies marketing des fintech
Le GEO commence à sérieusement bousculer le SEO, et la fintech n'échappe pas à cette nouvelle réalité. Selon le rapport, les acteurs du secteur doivent désormais adapter leurs contenus pour qu’ils soient compris et repris par les modèles d’IA qui orientent de plus en plus les choix des utilisateurs. Une partie de la décision se joue ainsi avant même l’arrivée d’un client sur un site, ce qui réduit l'impact des leviers marketing traditionnels comme les mots-clés ou la publicité. Dans ce nouveau paysage, être recommandé par l’IA devient aussi décisif qu’être simplement visible.
3. Commerce agentique : la technologie est prête, pas les consommateurs
Si les géants du paiement ont multiplié les annonces sur le commerce agentique ces derniers mois, cette pratique devrait mettre du temps à émerger à grande échelle selon le BCG. Les premiers cas d’usage devraient surtout concerner des achats simples et récurrents, comme les courses du quotidien, où le risque d’erreur est faible. Le cabinet estime qu'une première vague de commerce agentique pourrait représenter environ 375 milliards de dollars de e-commerce aux Etats-Unis "à court terme".
4. Les actifs numériques cherchent encore leurs usages à grande échelle
Comme le souligne le rapport, les actifs numériques pèsent désormais lourd dans la fintech : environ 15% des revenus mondiaux du secteur et 23% des levées en fonds propres. Toutefois, les usages à grande échelle restent limités. Selon BCG, le marché s’est développé autour de trois blocs (cryptomonnaie, stablecoins, actifs tokenisés), sans encore trouver de cas d’usage dominant en dehors de la spéculation. La tokenisation apparaît comme la voie la plus crédible, mais son adoption restera inégale et dépendra fortement de la coordination entre régulateurs, infrastructures de marché et acteurs financiers.
5. L'écart réglementaire entre banques et fintech se réduit
Le fossé réglementaire entre banques et fintech est de moins en moins important. Et cette tendance devrait se poursuivre. Selon le BCG, les demandes de licences bancaires ont été multipliées par cinq aux Etats-Unis entre 2024 et 2025. Cette dynamique se retrouve aussi au Royaume-Uni, en Europe et en Inde. De plus en plus de fintech veulent se rapprocher du statut bancaire pour avoir davantage de contrôle sur leurs clients quitte à supporter des exigences réglementaires nettement plus fortes.
6. Les néobanques gagnent du terrain, sauf aux Etats-Unis
Les principales néobanques deviennent de véritables plateformes financières, allant du crédit à l’investissement en passant par l’assurance et les virements internationaux. Le rapport cite plusieurs exemples pour illustrer ce propos : Revolut s’est renforcé en Europe après l’obtention d’une licence bancaire, tandis que Nubank poursuit son expansion au Brésil et que Chime s’est diversifié dans le crédit. Mais les Etats-Unis restent un marché à part, plus concurrentiel et coûteux, où les entrants doivent cibler des niches plutôt que répliquer les modèles des marchés émergents.
7. Exit : le marché est à nouveau ouvert aux opérations d'IPO et de M&A
Le marché des sorties s’est rouvert. Le BCG indique que les introductions en bourse de fintech ont progressé de 50% en 2025, tandis que les volumes de M&A sont passés de 184 milliards de dollars en 2024 à 251 milliards de dollars en 2025. Par ailleurs, le rapport note un basculement : les fintech les plus établies réalisent désormais plus d’opérations d'acquisition que les acteurs historiques, et deviennent elles-mêmes les principales consolidatrices du marché. Enfin, selon le rapport, cette dynamique est davantage portée par des besoins structurels de consolidation que par l’euphorie.