Epargne salariale : 75% des dirigeants de TPE-PME jugent sa mise en place complexe
Une récente étude OpinionWay révèle un paradoxe : 73% des dirigeants de TPE-PME envisagent l'épargne salariale, mais 75% jugent sa mise en place complexe. Un enjeu clé : simplifier son accès.
L’épargne salariale a longtemps été associée aux grandes entreprises, dotées de services RH et financiers capables d’en maîtriser les mécanismes. Pour les petites structures, elle semblait souvent hors de portée. Alors que la loi sur le partage de la valeur étend l’obligation de proposer un dispositif de partage de la valeur à certaines entreprises de 11 à 49 salariés, cette perception évolue. Mais un obstacle demeure : si les dirigeants de TPE-PME comprennent de mieux en mieux l’intérêt du partage de la valeur, ils peinent encore à le traduire en actions concrètes.
Les résultats d’une étude OpinionWay réalisée pour Gedeon en octobre 2026 auprès de 303 dirigeants, DRH et décisionnaires de petites et moyennes entreprises sont révélateurs. 86 % des répondants estiment que l’épargne salariale peut être mise en place dans une petite entreprise. Plus encore, 73 % envisagent de déployer un dispositif dans les douze prochains mois. Cette proportion atteint 87 % dans les entreprises de 10 à 49 salariés.
L’intérêt est donc bien réel. Pourtant, 75 % des dirigeants interrogés jugent complexe la mise en place de l’épargne salariale. Ce décalage entre intention et passage à l’action doit nous interroger : le problème n’est pas tant la pertinence du dispositif que sa capacité à répondre aux contraintes quotidiennes des petites entreprises.
Un intérêt qui se heurte à la complexité opérationnelle
Depuis le 1er janvier 2025, les entreprises de 11 à 49 salariés qui remplissent certains critères de bénéfice doivent mettre en place un dispositif de partage de la valeur. Selon les estimations de la Dares, environ 17 500 entreprises sont concernées. Cette évolution réglementaire élargit le sujet à des structures qui ne disposent pas nécessairement des ressources internes pour en maîtriser toutes les subtilités.
Or, l’étude OpinionWay met en évidence des freins très concrets. Pour 42 % des dirigeants interrogés, la principale difficulté consiste à évaluer le coût du dispositif pour l’entreprise. Pour 37 %, il s’agit de choisir la solution la plus adaptée à leur situation. Enfin, 30 % citent la compréhension des obligations légales et réglementaires.
Ces chiffres montrent que l’épargne salariale reste difficile à appréhender dans ses dimensions financières, juridiques et opérationnelles. Avant même de pouvoir en mesurer les bénéfices pour leurs collaborateurs, les dirigeants doivent comprendre les mécanismes existants, comparer les options et évaluer leurs conséquences.
Pour une petite entreprise, ces démarches représentent un investissement en temps et en énergie qui s’ajoute à des responsabilités déjà nombreuses. Le dirigeant est souvent à la fois décideur, gestionnaire et responsable du développement de son activité. Lui demander de devenir spécialiste de l’épargne salariale pour mettre en place un dispositif pertinent constitue un frein supplémentaire.
Les TPE ont particulièrement besoin d’accompagnement
La question de l’accompagnement mérite une attention particulière. Dans les entreprises de 2 à 9 salariés, 41 % des dirigeants estiment ne pas être suffisamment accompagnés pour mettre en place l’épargne salariale. Cette proportion tombe à 27 % dans les entreprises de 10 à 49 salariés et à 23 % dans celles de 50 à 249 salariés.
Plus l’entreprise est petite, plus le manque de ressources internes semble peser sur sa capacité à avancer. Les structures les plus modestes ont besoin d’explications accessibles, d’une vision claire des coûts et d’un parcours suffisamment lisible pour prendre une décision en connaissance de cause.
Faire de la simplicité une condition du partage de la valeur
L’épargne salariale peut contribuer à associer les collaborateurs aux résultats de l’entreprise et à renforcer l’attractivité des petites structures. Mais encore faut-il que ces dernières puissent effectivement y accéder.
Le défi est donc autant celui de la démocratisation que celui de la simplification. Il ne suffit pas d’élargir le cadre réglementaire ou de multiplier les solutions disponibles. Il faut rendre les dispositifs compréhensibles et opérationnels pour des entreprises dont les moyens, les besoins et les contraintes diffèrent de ceux des grands groupes.
Cela implique de repenser les parcours de souscription, de limiter les formalités inutiles, de clarifier les coûts et de rendre les informations réglementaires accessibles. Le numérique peut contribuer à cette évolution, à condition de simplifier réellement l’expérience plutôt que de transposer en ligne des démarches déjà complexes.
Les résultats de l’étude OpinionWay dessinent ainsi une priorité claire : aider les dirigeants à passer de l’intention à la mise en œuvre. Avec 73 % d’entre eux qui envisagent de mettre en place un dispositif dans les douze prochains mois, le potentiel est là. Encore faut-il lever les obstacles qui empêchent cette volonté de se concrétiser.
C’est dans cette logique que Gedeon lance un plan d’épargne interentreprises (PEI) 100 % digital destiné aux TPE-PME, avec un parcours de constitution du dossier annoncé en 30 minutes.
L’avenir de l’épargne salariale ne dépendra pas seulement de l’intérêt qu’elle suscite, mais de notre capacité collective à la rendre accessible à ceux qui en ont le plus besoin.