TEST. Antigravity CLI peut-il remplacer Claude Code ?
C’est l’outil poussé par Google à longueur de reprise sur Google I/O : Antigravity. L'outil se décline en quatre versions différentes, chacune adaptée à son public. Antigravity, dans sa version de base, est destiné à automatiser des tâches simples sur ordinateur (une alternative à Claude Cowork) à l'aide d'agents. Antigravity IDE est, comme son nom l'indique, l'IDE graphique de Google pensé autour de l'IA agentique (éditeur de code, etc.). Antigravity CLI, et c'est le produit qui nous intéresse aujourd'hui, est destiné aux développeurs et aux curieux qui veulent éditer et lancer de nouveaux projets en vibe coding. C'est l'alternative la plus directe à Claude Code. Antigravity SDK, enfin, permet de développer ses propres agents d'entreprise en Python.
Antigravity CLI, un Claude Code killer ?
Antigravity CLI reprend le design de Gemini CLI, l'ancien agent de code en console de Google. Sur la partie harness (le logiciel de l'agent), les équipes de Google fondent l'ensemble de l'agent sur les règles motrices d'Antigravity. Le but : unifier les marques et faire profiter l'ensemble de la stack du harness d'Antigravity. L'agent de code de Google reprend tous les standards attendus : skills, sous-agents, plugins… Avec cette nouvelle mouture, Google a drastiquement amélioré la latence des réponses, la gestion des tâches en arrière-plan (c'est l'une de ses grandes forces) et l'expérience générale. Le produit final est très fonctionnel, presque à la hauteur d'un Claude Code.
La seule vraie différence notable se joue sur la gestion des permissions. Antigravity permet de choisir entre quatre modes. Le mode request-review demande une validation manuelle pour chaque commande. Le mode proceed-in-sandbox autorise les commandes mais les conteneurise dans une sandbox. Le mode always-proceed (équivalent du --dangerously-skip-permissions) laisse à l'agent quartier libre. Enfin, le mode strict impose des demandes de validation systématiques. Avec son mode “auto”, Claude Code fait preuve d'un degré d'intelligence supérieur et offre, sur ce point, un meilleur compromis sécurité / autonomie.
Mais le véritable atout d'Antigravity CLI réside dans le modèle lui-même. Avec Gemini 3.5 Flash, l'utilisateur dispose d'un modèle de code de pointe (moins performant que Claude Opus 4.8, certes, mais beaucoup plus rapide). Google annonce 277 tokens générés par seconde, là où Claude Code plafonne à 64 tokens par seconde avec Opus 4.8 (chiffre Artificial Analysis depuis les serveurs Anthropic). Un avantage considérable, qui permet de coder presque aussi bien mais beaucoup plus vite, rendant l'IA générative d'autant plus intéressante pour produire.
Installation et exemple
Pour installer Antigravity CLI sur votre machine, rien n’est plus simple. Ouvrez un terminal et entrez :
Pour Windows :
irm https://antigravity.google/cli/install.ps1 | iex
Pour Mac / Linux :
curl -fsSL https://antigravity.google/cli/install.sh | bash
Le lancement d’Antigravity CLI se fait avec la commande : “agy” Il faut ensuite se connecter à son compte Google et c’est tout. Pour cette démonstration, nous demanderons à l’IA de créer un web app en local sur notre ordinateur capable d’interroger les capteurs de température d’Alexa de la maison via Home Assistant. Le but ? Avoir une petite interface web météo maison avec la température de l’ensemble des pièces.
Prompt :
Construis une page web "station météo maison". Ce que je veux afficher : - La température de chaque pièce (capteurs remontés par Alexa, un par Echo) - La température du capteur intérieur principal (capteur mobile, change de pièce) - La température extérieure (capteur extérieur) - L'hygrométrie partout où elle est disponible Déroulé attendu : 1. Connecte-toi à mon Home Assistant et fais l'inventaire des entités : liste tous les capteurs de température et d'humidité, repère ceux d'Alexa (par pièce), le capteur intérieur principal et le capteur extérieur. Montre-moi le mapping entity_id ↔ libellé AVANT de coder, que je valide/corrige. 2. Développe ensuite la page : une tuile par source, température + hygro quand dispo, séparation claire intérieur / extérieur, et rafraîchissement auto des valeurs. Connexion : - URL Home Assistant : homeassistant.local - Token :
En moins d'une minute, le projet final est livré et 100% fonctionnel (disponible sur GitHub). L’interface est, certes très simple, mais pleinement fonctionnelle. La rapidité de Gemini 3.5 Flash est assez fulgurante à l’usage.
La vitesse, à quel prix ?
Antigravity nécessite un abonnement pour être utilisé (la version gratuite est ridiculement peu généreuse). Les tarifs vont de 7,99 €/mois pour l'offre Plus à 219,99 €/mois pour l'Ultra 20x, en passant par le Pro (21,99 €/mois) et l'Ultra “classique” 5x (99,99 €/mois). Pour le code, la grille reste hélas volontairement floue : Google n'affiche aucun quota chiffré pour Antigravity, mais des paliers qualitatifs : Limited (Plus), Expanded (Pro), Higher (Ultra 5x) et Highest (Ultra 20x). Concrètement, le Plus suffit à peine pour tester l'outil, le Pro constitue le vrai ticket d'entrée pour un usage quotidien léger, et les paliers Ultra se justifient rapidement (lire notre retour ci-après). A ce stade, estimer ce que vaut chaque abonnement pour coder relève donc encore largement du doigt mouillé.
Notre retour après plusieurs jours d’utilisation
Nous avons pu tester l'agent de Google pendant plusieurs jours depuis sa sortie officielle à Google I/O. Au quotidien, l'agent est vraiment bon sur l'ensemble des tâches de code simples à moyennement difficiles, soit 80 % des usages courants. Pour les tâches les plus complexes ou les projets de grande ampleur, Claude Code restera supérieur. La donne pourrait cela dit changer très rapidement avec l'arrivée prochaine, déjà annoncée, de Gemini 3.5 Pro dans les semaines à venir. Au quotidien, le vrai “game changer” n'est pas l'expérience Antigravity CLI en elle-même, mais la vitesse d'exécution. Sur de longues séances de code, nous avons pu avancer à un rythme inédit. On reste encore loin des vitesses d'un Cerebras ou d'un Groq, mais l'implication est réelle et directe : le débit offert par 3.5 Flash permet mécaniquement de produire beaucoup plus sur une seule journée… en théorie du moins.
Nous nous sommes en effet retrouvés très rapidement limités, à plusieurs reprises, après moins d'une heure de code avec un plan AI Pro (21 euros par mois). C'est vraiment dommage : on se croirait presque revenu en mars, à l'époque des limites d'utilisation ubuesques de Claude Code. Deux manques, logiciels cette fois, ont également retenu notre attention : l'absence d'une commande pour compacter le contexte, comme sur Claude Code ou Codex CLI, et l'absence d'un équivalent du mode « auto » de Claude Code pour les permissions. Ces quelques détails mis à part, Antigravity CLI a tout pour être adopté au quotidien par les équipes de développement souhaitant travailler plus vite. Il faudra cependant veiller à prendre un abonnement Ultra à 100 euros par mois au minimum pour un développeur faisant un usage quotidien de l'outil. Avec l'arrivée de Gemini 3.5 Pro, Antigravity CLI sera enfin complet et pourrait devenir une alternative sérieuse à Claude Code.
