108 médicaments jugés plus dangereux qu'utiles : vous en avez forcément un chez vous
Avec une consommation dans la moyenne européenne, la France reste l'un des pays où le réflexe médicament demeure bien ancré, pour soulager la moindre douleur, un rhume ou une gêne digestive. Pourtant, derrière cette routine se cache une réalité plus inquiétante : certains de ces médicaments, présents dans presque tous les foyers, s'avèrent moins efficaces que ce que l'on croit, voire franchement risqués.
C'est la revue médicale Prescrire, référence incontournable pour les professionnels de la santé, qui vient de jeter un nouveau pavé dans la mare. Fin 2025, elle a publié la mise à jour de son fameux "bilan des médicaments à écarter", une liste noire qui fait autorité depuis plus de dix ans dans le monde médical. L'objectif : aider soignants et patients à choisir des traitements réellement utiles, éviter les dommages disproportionnés, et surtout, sortir des habitudes qui perdurent parfois malgré les alertes scientifiques.
Résultat de ce travail minutieux : 108 médicaments commercialisés en France ou en Europe figurent désormais sur la liste des produits "plus dangereux qu'utiles".

Parmi eux, on retrouve le Voltarène, un anti-inflammatoire très utilisé contre les douleurs et les rhumatismes. Or, il augmente le risque d'accidents cardiaques, comme l'infarctus. Même chose pour le Ketum en gel, souvent utilisé pour les courbatures ou les tendinites : il peut provoquer des réactions graves de la peau au soleil, comme des brûlures. Côté digestion, le Smecta, célèbre poudre contre la diarrhée, est désormais déconseillé à cause de la présence de plomb dans sa composition, une substance nocive même en petite quantité.
Quand il s'agit de nausées ou de vomissements, de nombreux Français se tournent vers des médicaments comme le Motilium, le Droleptan ou le Vogalène. Mais ces anti-nauséeux exposent à des risques de troubles du rythme cardiaque, parfois graves, alors que leur efficacité reste limitée dans bien des cas. Même prudence pour les sirops contre la toux et les médicaments pour la gorge : le Toplexil, le Muxol, l'ex-Bisolvon ou encore le Maxilase, donné contre les maux de gorge, sont pointés du doigt pour leur manque d'efficacité réelle et le risque d'effets secondaires sérieux, comme des réactions allergiques ou des problèmes respiratoires.
Enfin, difficile de ne pas mentionner les célèbres médicaments contre le rhume : pseudoéphédrine, éphédrine, oxymétazoline… On les trouve dans de nombreux comprimés ou sprays en pharmacie. Mais ils peuvent provoquer des accidents cardiaques ou des hausses soudaines de tension, des risques bien trop élevés pour des symptômes qui disparaissent en quelques jours.
Mais alors, comment agir en tant que patient ? Faut-il tout jeter à la poubelle ? Pas question, répond Prescrire, d'arrêter brutalement la prise d'un médicament sans avis médical. La meilleure conduite consiste à consulter son médecin ou son pharmacien, seuls habilités à évaluer la pertinence d'un traitement dans chaque situation.