C'est le seul produit que l'on peut négocier au supermarché, voici comment la loi protège les clients
C'est l'une des règles tacites qui dictent nos achats au quotidien. Un supermarché, ce n'est pas un marché, encore moins une brocante ou un vide-grenier : on ne négocie pas les prix.
Mais si l'on vous dit qu'il est légal de négocier, que cette négociation est parfois admise par les enseignes elles-mêmes et que pour certains produits vous avez une bonne chance d'obtenir un meilleur prix… Vous croiriez nous ? Ça tombe bien, c'est l'objet de cet article.
De l'achat de marchandises à la mise en rayon et l'affichage des prix, les supermarchés français doivent respecter des règles juridiques strictes. Par exemple, en dehors des périodes de soldes et de quelques autres exceptions, les magasins ont interdiction de vendre à perte, comme le précise l'article L442-5 du Code du commerce.

Mais en dehors de ces périodes d'exception, il arrive que certaines enseignes acceptent de négocier les prix. C'est par exemple le cas lors des fameuses offres "garantie prix bas" où l'enseigne vous rembourse deux fois (ou plus) la différence si vous trouvez le même produit moins cher ailleurs.
Parfois, la loi est aussi du côté du consommateur dans le cadre de négociations de prix. Lorsqu'un produit affiche un prix en rayon, le commerçant est en général tenu de s'y tenir, même si à la caisse le prix est plus élevé. Par exemple, si une paire d'écouteurs est affichée à 19,99€ sur l'étiquette mais passe à 29,99€ à la caisse, le client peut demander à payer le prix le plus bas… Et le commerçant doit accepter.
Ce principe est encadré par l'article L211-1 du Code de la consommation. De même, si une promotion indiquée sur une affiche en magasin n'est pas correctement enregistrée dans le système de paiement, le consommateur peut faire valoir le prix affiché. Toutefois, cette règle ne s'applique pas dans certains cas, notamment lorsqu'il s'agit d'une erreur manifeste, comme un téléviseur affiché par erreur à 5€ au lieu de 500€. Dans ces situations, le commerçant peut refuser la vente au prix incorrect.
Mais en dehors de ces cadres, peut-on négocier son pot de Nutella, son liquide vaisselle ou des piles AAA ? Un consommateur peut négocier ce qui se trouve en magasin, mais l'enseigne n'est pas obligée de l'accepter. Les prix sont librement déterminés par le commerçant, sauf lorsqu'un texte prévoit un régime particulier (c'est le cas des produits pétroliers). Mais il existe des situations où des supermarchés peuvent accepter la négociation : lorsque le produit est défectueux.
Un livre dont la couverture est pliée, une planche à découper rayée, ou une gourde cabossée : des produits abîmés, parfois sortis des rayons parce que plus vendeurs. Un supermarché pourrait tout à fait accepter un geste commercial et vendre ce produit moins cher.
Mais il s'agit bien là d'un geste commercial. Et un client ne peut en aucun cas imposé sa négociation. Comme le précise l'article L410-2 du Code de commerce, "sauf dans les cas où la loi en dispose autrement", les prix sont fixés librement et déterminés par le jeu de la concurrence. Cependant, même pour un produit défectueux, le supermarché ne doit pas transgresser aux règles de vente à perte.