Vols de véhicules : le grand défaut de cette voiture en fait un atout majeur contre les voleurs
Quitter sa voiture pour quelques heures et revenir face à une place vide, c'est la déconvenue qu'ont connue des milliers de Français en 2025. L'année passée, près de 70 000 véhicules ont été déclarés volés, rapportent les groupements d'assureurs, l'Argos et France Assureurs. Parmi les voitures les plus prisées par les voleurs, l'on compte les SUV et les berlines. Un palmarès sans grande surprise.
C'est que "le vol est un marché régi par l'offre et la demande", souligne Benoît Leclair, directeur du GIE Argos. Or, ces voitures populaires attirent les voleurs qui les exportent à l'étranger et particulièrement en Afrique "où le trafic s'oriente massivement". A l'inverse, une gamme de voitures intéresse très peu les voleurs.
"Actuellement, la demande de voitures électriques est presque inexistante", confie Benoît Leclair. Pourquoi ? Parce qu'en Afrique l'absence d'infrastructures adaptées est criante. "Pour utiliser une voiture électrique, il est nécessaire de disposer d'un vaste réseau de bornes de recharge. Or, en Afrique, ce maillage territorial reste encore insuffisant. Ces véhicules peinent donc à trouver des acquéreurs, contrairement aux modèles thermiques." Mais il existe un deuxième élément qui joue en la faveur des véhicules électriques : leur plus grand défaut est en réalité un énorme atout contre le vol.

L'un des principaux défauts de ces véhicules réside dans leur autonomie, c'est-à-dire la distance qu'ils peuvent parcourir avant de devoir être rechargés. Or, cette faible autonomie est idéale pour lutter contre le vol. L'entreprise Coyote, connue pour ses outils d'aide à la conduite, a ainsi découvert qu'une fois volées, les voitures électriques parcouraient bien moins de distance que les voitures thermiques. Elles quittent donc moins rapidement le territoire et sont donc plus faciles à retrouver.
Preuve en est : 100% des voitures électriques équipées du service de sécurité Coyote Secure ont pu être retrouvées en 2024. "L'autonomie limitée des véhicules électriques peut représenter un avantage pour la récupération de ce type de véhicules", confirme l'entreprise française dans son Observatoire des vols 2025.
Dernier grand avantage qui explique la faible attirance des criminels pour l'électrique : "Un voleur privilégiera toujours la facilité", affirme le directeur du GIE Argos. "Or, le niveau de protection et de sécurisation de certains constructeurs de voitures électriques est nettement supérieur à la moyenne et cette barrière technique est très dissuasive."
Pour toutes ces raisons, force est de constater qu'en France le vol de véhicules électriques demeure marginal. "Même si nous n'avons pas encore un détail exhaustif pour chaque modèle, le constat est clair : très peu de ces véhicules sont dérobés aujourd'hui. Cela ne présage pas forcément de l'avenir, mais la tendance actuelle est à la faiblesse des volumes", souligne Benoît Leclair. Autrement dit, du côté des voleurs, la transition écologique attendra encore un peu.