Et si vos compétences ne valaient bientôt plus rien ?

C'est un fait, les compétences se périment de plus en plus vite. Une situation inexorable qui peut toutefois devenir une opportunité pour les entreprises, les salariés et les managers.

Ce sont des chiffres qui peuvent faire froid dans le dos. Selon le ministère du Travail "50 % des emplois seront transformés dans les 10 ans […], 10 à 20 % seront créés, autant vont peut-être disparaître". Dans la même veine, un rapport publié par Dell et "l'Institut pour le Futur" en 2017 indiquait que 85 % des emplois de 2030 n’existent pas encore. Avec l’impact de l’informatique, de la robotique et de l’intelligence artificielle, la durée de vie d’une compétence est de cinq ans et l’on peut imaginer que d’ici 2030, l’essentiel de nos compétences seront obsolètes. L’accélération de ces changements oblige à repenser le parcours professionnel, afin de ne pas retrouver une partie de nos talents sur le carreau.

La nécessité de se transformer en pensant savoir-faire

De nombreuses structures ont compris qu’elles n’ont plus le temps d’attendre. Les industries de l’automobile, de l’aéronautique, du ferroviaire ou de l’alimentaire se transforment pour créer une industrie 4.0 qui inclurait plus d’intelligence, de capteurs, de machines. On parle d’industrie du futur. Ces industries recrutent des talents qui apportent ces nouvelles compétences comme le CXO (Chief Experience Officer), l’ingénierie, ou l’intelligence artificielle, ainsi que de nouveaux profils qui répondent à cette nécessité de transformation. Le recrutement est un atout pour progresser rapidement. 

Faute de disposer de ces compétences en interne, les entreprises ont de plus en plus recours à  des talents experts, qui ne sont pas des employés de l’entreprise, mais des intérimaires ou des freelances. Ils permettent à l’entreprise de bénéficier de la palette de projets sur laquelle ces derniers collaborent. Ces experts peuvent répondre aux problématiques rencontrées par l’entreprise, tout en partageant leurs savoir-faire avec les employés de la société. Il s'agit d’un atout indéniable car les structures gagnent en rapidité et en flexibilité pour intégrer ces changements.

Évoluer, oui mais comment ?

L’expert américain Edward E. Gordon explique qu’à partir des années 2000, les entreprises n’ont plus vu l’intérêt d’investir dans la formation, privilégiant réductions de coûts et fusions acquisitions, à l’investissement dans les talents. Nous sommes dans une nouvelle ère industrielle, où les entreprises voient l’intérêt d’investir dans les parcours de leurs employés. Aux États-Unis, les budgets alloués à la formation par les entreprises ont augmenté de 56.7 % entre 2011 et 2017, passant de 59.2 milliards à 93.6 milliards de dollars selon le training Industry Reports de Training Magazine. En parallèle, l’arrivée de nouveaux emplois pousse les entreprises à former, mais aussi à recruter car de nombreux postes restent vacants faute de compétences, ce qui a un coût. La chambre du commerce américaine l’estime à 234 milliards de perte pour l’économie américaine. En France, selon le ministère du Travail, 32 % des entreprises citent le manque de main-d’œuvre comme une barrière à l’embauche.

La révolution est d’accepter qu’il faille se former en continu. Se remettre dans une position d’apprentissage et pour les entreprises, encourager les collaborateurs à explorer de nouvelles possibilités avec les nouvelles méthodes d’apprentissage comme les Mooc. Il s’agit d’un choc culturel, qui va permettre de revoir l’organisation du travail, mais aussi celle des entreprises pour aller vers ce que l’auteur Peter Senge appelle la structure apprenante dans son livre La cinquième discipline.

La révolution du manager 

Le rôle du manager va être transformé. Il devient un chef d’orchestre, amené à gérer des équipes pluridisciplinaires, souvent plus expertes que lui. Il est là pour accompagner et coacher ses équipes vers un but commun. Ce que les managers vont perdre en “contrôle”, l’équipe va le gagner en prise d’initiatives. Le manager de demain, sera davantage en charge de partager une vision et pas d’être un point de contrôle. Il aura un rôle d’accompagnement et de coaching, ce qui donnera davantage de sens à ses fonctions.

Au cœur de cette transformation, les RH deviennent centraux voire critiques. Les DRH vont devoir imaginer de nouveaux parcours personnalisés pour les employés, et des modèles de formations, incluant notamment le coaching, le mentoring et toutes les nouvelles approches en ligne et en présentielle. Il s’agit d’une période excitante, car tout le monde est mis à contribution, de la direction aux employés, qui va choisir comment il voit sa carrière et comment accroître ses compétences.
Tous les jours, les talents nous challengent en entretien, car ils souhaitent mieux connaître l’entreprise, sa culture, ses perspectives d’évolution et de formation. Ils veulent connaître leurs collègues et avoir un manager inspirant. Tous ces questionnements forcent les structures à imaginer de nouveaux plans pour attirer les meilleurs talents et les aider à développer leurs compétences, ainsi que celles qu’ils développeront durant leurs missions. Sans les brider une fois intégrés. Au sein des structures, on choisit aujourd’hui, à quoi ressemblera le futur de la société et donc, de quelles compétences elles auront besoin pour réaliser cet objectif. La formation est le lien qui permet de réaliser ces objectifs et de réaliser des projets entrepreneuriaux d’envergure.

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