En finir avec le futur du travail

En s'intéressant au sujet du futur du travail, nous pouvons vite avoir l'impression qu'il n'y a qu'un seul futur du travail possible. Pourtant, cet avenir possible semble plus complexe et personnel.

En s’intéressant au futur du travail, on peut catégoriser les intervenants sur ce sujet en au moins 6 catégories :

- Les consultants libérés pour lesquels l’avenir du travail signe la fin de la hiérarchie et qui cataloguent les pratiques issues des start-up pour le prouver. - Les sur-optimistes pour lesquels l’avenir va être marqué par la fin du travail salarié au profit de"free agents» en oubliant que selon les derniers chiffres de l’Insee, il y a en France moins de travailleurs indépendants qu’en 1980 (10,3% de la population active contre 16,3% en 1980). - Les fans de management pour lesquels l’avenir va renouveler le lieu de travail pour favoriser la collaboration, la transversalité, la confiance et l’autonomie...et donc demander encore plus de leadership.- Les technoprophètes anxieux qui nous voient déjà tous remplacés par un algorithme, une IA ou un robot nous laissant recevoir un revenu universel afin de rester propre.  - Les sociologues post68 pour lesquels l’avenir du travailleur se devine dans les mutations sociales, la place du capital et que travail vient de Tripalium.- Les adeptes du NWoW (New Way of Working) pour lesquels l’avenir du travail est en train de s'affranchir du lieu de travail pour nous autoriser à travailler où nous voulons quand nous voulons sur le projet que nous voulons tout en restant salarié de notre entreprise.  

Il y en a forcément d’autres, tellement ce sujet du futur du travail est porteur. 

En prenant un peu de recul sur le sujet, tout en restant réaliste et concret, il semble que s’emballer pour ce sujet est sans doute une perte de temps. Car l’avenir du travail sera d’abord "personnel" avant d’être collectif. En d’autres mots, l’avenir du travail dans votre entreprise ne sera l’avenir du travail dans l'entreprise de quelqu’un d’autre ! 

Et la raison en est tout simple. La compréhension des transformations que vous êtes en train de vivre passent par le filtre de votre culture d’entreprise et la vision de l’avenir de vos propres managers. Ce qui signifie que l’avenir ne sera surement pas comme il est décrit dans le dernier article sur le sujet que vous avez lu quelque part !

L’avenir du travail a de grandes chances d’être à mi-chemin entre le parcours que semble suivre la société (autonomie, accélération, digitalisation…) et les changements que votre culture d’entreprise est capable d’accepter (management à distance, responsabilisation...)  Alors...comment identifier le futur du travail pour son entreprise selon les divergences culturelles entre le mainstream et son organisation ? Je vous propose trois étapes, simples à écrire mais plus compliquées à mettre en oeuvre, pour concevoir un avenir du travail qui sera en phase avec les valeurs du moment.  

1 Comprenez que les valeurs d’entreprises ne peuvent plus être gravées dans le marbre. Elle sont désormais inscrites au marqueur effaçable sur la porte du frigo ! La société évolue rapidement et votre entreprise doit évoluer avec elle sous peine de ne plus être attractive pour vos candidats et de ne plus être capable de devancer les attentes de vos clients.  

2 Identifiez les valeurs sociétales actuelles. Ou du moins, celles avec lesquelles vous êtes en contact. Conviez vos collaborateurs qui sont en relation avec l’extérieur à une réunion de réflexion sur ce sujet : équipes commerciales, recruteurs, ambassadeurs écoles (si vous en avez). Et en passant, bannissez toute réflexion qui commence par "Ahhh, les jeunes de maintenant". 

3 Identifiez les valeurs actuelles de votre entreprise. Certes, à la mode en ce moment. Pour identifier vos valeurs, reprenez les valeurs sociétales que vous avez identifiées en 2 et déduisez-en les similitude ou écarts avec les vôtres. Comme par exemple, cette grande entreprise du domaine pétrolier dont les recruteurs qui avaient pour habitude de recruter des ingénieurs pour une carrière et qui se retrouvent confrontés à des développeurs web d’avantage intéressés par le nom qu’ils allaient pouvoir ajouter à leur portfolio que par le fait d’avoir un CDI

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