La loi sur l’avenir professionnel démocratise l’apprentissage en entreprise

La loi du 5 septembre 2018 s’inscrit dans la continuité de l’évolution de la formation en France, qui va dans le sens d’une responsabilisation et d’une autonomie croissante de leur propre montée en compétence par les salariés. Les moyens importent assez : la loi n’a jamais imposé qu’une obligation de résultat, et c’est la pratique qui favorise l’essor du e-learning.

La croissance du e-learning dans la formation en France

Jusqu’à assez récemment encore, le responsable de la formation réalisait des entretiens annuels avec l’ensemble des collaborateurs, évaluait les compétences manquantes pour répondre aux besoins de l’entreprise puis créait un plan de formation pour chacun, qui prenait souvent effet six à neuf mois après l’entretien initial. Ce processus est cependant tellement structuré qu’il ne permet guère de flexibilité, et n’offre pas la possibilité de répondre aux besoins en formation à un moment donné.

 

Prenons l’exemple des formations au tableau croisé dynamique sur Excel, qui sont aujourd’hui parmi les modules de e-learning les plus utilisés par les apprenants. Attendre six à neuf mois pour qu’un collaborateur puisse être formé à cet outil ne serait pas très pratique, et un tel délai pousserait le collaborateur à faire ses propres recherches pour se former – ce qui peut être chronophage et infructueux. Cela explique le succès des formations en ligne : grâce à cette modalité d’apprentissage, l’apprenant peut se former à ce dont il a besoin, quand il en a besoin, à la demande. Cela rend le travailleur plus efficace au jour le jour, et le rend plus évolutif.

 

En cela, le e-learning s’inscrit parfaitement dans plusieurs tendances du monde du travail, qu’il s’agisse du télétravail avec la possibilité d’apprendre à distance, et le Bring Your Own Device avec la possibilité d’apprendre depuis un ordinateur, une tablette ou un smartphone.

 
La législation pousse la démocratisation de la formation continue

La nouvelle loi rend le salarié responsable de sa propre formation, et lui confère une certaine autonomie dans ce cadre. Cependant, cela crée un risque pour l’entreprise car il peut tout à fait se former et quitter son employeur dans la foulée : l’entreprise a donc intérêt à offrir des avantages à ses équipes, notamment des catalogues de formation assez vastes, afin de les fidéliser. Cette mécanique devrait pousser les entreprises à aller plus loin que les obligations légales pour lutter contre la fuite des talents.

 

Un autre aspect est qu’il est assez aisé de former des personnes déjà diplômées : elles sont généralement ouvertes au processus d’apprentissage, et l’ont déjà fait pendant des années à l’université ou en grande école. Malgré cette réalité sociale, l’obligation de formation s’adresse désormais à tous. La loi s’adresse donc particulièrement à une population peu qualifiée, en faisant sauter les freins à la formation. Le e-learning est ici particulièrement intéressant car, outre la réduction des coûts qu’il implique, un apprenant peut sûr de lui se permettra davantage de faire des erreurs face à un ordinateur que face à un formateur ou devant ses collègues, dont il pourrait craindre le jugement.

 

L’essor des plateformes d’apprentissage intelligentes soutient ce mouvement de démocratisation de la formation. En effet, les apprenants n’utilisent pas les plateformes si celles-ci ne sont pas intuitives, ou si les contenus pertinents sont trop difficiles à trouver. Les plateformes intelligentes offrent une expérience personnalisée, et peuvent notamment pousser à l’apprenant les modules de formation dont il a besoin de façon prédictive.

 

L’objectif final de ces évolutions est bien l’engagement de l’apprenant. Nous sommes dans une économie de l’attention, où l’apprenant – qui est humain avant tout – zappe rapidement lorsqu’un programme ne lui plaît pas, qu’il s’agisse d’un loisir ou d’une formation. La plateforme d’apprentissage doit faire converger différents contenus et modalités et d’apprentissage pour retenir l’attention des apprenants et réellement faire passer les informations dont les équipes ont besoin pour monter en compétences.

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