Ce devait être une sortie détente en banlieue de Charleroi (Belgique), mais plongée dans la chaleur du jacuzzi, Alexandra a connu l'enfer. Mère de famille de 45 ans, elle ne se doutait sans doute pas qu'après une simple virée au spa elle finirait à l'hôpital, relate la presse belge. En cause : une infection pulmonaire grave, la légionellose.

Si le cauchemar d'Alexandra s'est joué de l'autre côté des Ardennes, la bactérie Legionella, responsable de ses maux, ne connaît pas de frontière. Aujourd'hui en France, jusqu'à 2 000 nouveaux cas sont détectés chaque année (soit six par jour), mais ce chiffre "est sous-estimé, car le diagnostic de la maladie est compliqué", souligne Chloé Fevre, médecin généraliste chez MEDADOM, un service de téléconsultation.

Au Journal du Net, Chloé Fevre explique comment identifier les zones à risque où la bactérie peut prospérer. "Il faut d'abord savoir que la bactérie Legionella prolifère dans des conditions très spécifiques, au sein des réseaux d'eau chaude où la température oscille entre 25 et 45 degrés. C'est pourquoi les spas, jacuzzis et bains à remous y sont particulièrement propices, tout comme d'autres installations telles que les brumisateurs ou les gros systèmes de climatisation."

Pour repérer un établissement à risque, le premier indice est de vérifier que l'eau n'est pas stagnante et que le bain est vidé régulièrement. Il faut également inspecter la robinetterie : des pommeaux de douche complètement entartrés ou présentant des signes de corrosion et d'usure doivent immédiatement alerter.

Avant de prendre sa douche au spa ou à l'hôtel, la docteure conseille aussi de laisser couler l'eau chaude pendant quelques minutes avant de l'utiliser, "afin d'évacuer la bactérie qui pourrait stagner à l'extrémité de la robinetterie".

Chloé Fevre insiste sur le fait que la contamination par la légionellose se fait principalement par voies respiratoires. "La bactérie se transmet par l'inhalation de microgouttelettes d'eau contaminée en suspension dans l'air (aérosols), et non par ingestion : il est ainsi tout à fait possible de boire de l'eau contaminée sans tomber malade." C'est pourquoi la bactérie peut à la fois contaminer des personnes dans un bain moussant mais aussi autour. 

Ce qui rend la détection de légionellose difficile, c'est qu'elle se manifeste d'abord par des symptômes similaires à un syndrome grippal. "Ça engendre une confusion fréquente, tant chez les patients que chez les médecins". Alors qu'une simple grippe ne nécessite pas d'antibiotiques, la légionellose "doit impérativement être traitée par antibiothérapie. Cette ressemblance retarde parfois la prise en charge et contribue au taux de mortalité de la maladie, qui s'élève à 10% des cas. Pourtant, l'infection se soigne très bien une fois qu'elle est correctement diagnostiquée : plus les antibiotiques sont administrés tôt, meilleur est le pronostic pour le patient."

Comme pour une infection pulmonaire plus commune, "les fumeurs s'exposent à un risque accru de développer une forme grave de la maladie. De plus, les personnes souffrant d'une autre pathologie chronique, comme le diabète, sont plus susceptibles de contracter l'infection, tout comme les patients dont les défenses immunitaires sont affaiblies par un traitement médical". Précisons également, que la transmission interhumain est extrêmement rare.