Au premier regard, c'était une affaire en or. Un matelas à moitié prix, signé par un grand nom du meuble français : ça a de quoi retenir l'attention. Sauf que cette affaire en or n'en était pas vraiment une.
C'est en tout cas ce qu'indique la Direction de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Dans un communiqué publié sur son site et ses réseaux sociaux le 8 septembre dernier, elle "enjoint" Conforama "de cesser les pratiques commerciales trompeuses sur le caractère promotionnel de ses prix".
C'est en visitant le site conforama.fr que des agents de la Direction départementale de la protection des populations de la Seine-et-Marne (DDPP 77) ont fait cette découverte. Ces investigations "ont mis en évidence des pratiques commerciales trompeuses sur le caractère promotionnel des prix".
Précisément, ce qui est reproché à Conforama, c'est d'avoir induit le consommateur en erreur sur le prix de référence. L'enseigne aurait affiché des prix barrés non conformes à la réglementation, laissant croire à des remises qui n'en étaient pas vraiment. Une pratique trompeuse aux yeux du Code de la consommation et son article L.121-2.
Une pratique trompeuse, loin d'être rare : un tiers des établissements proposant des réductions de prix ou des promos étaient en anomalie, lors de contrôles réalisés par la DGCCRF en 2024. Des remises parfois "exagérées ou même inexistantes", donnant aux clients l'illusion d'une bonne affaire qui n'en était pas une.
Et quand il ne s'agit pas de fausses promotions, des sites Internet usent d'autres procédés pour pousser à l'achat : en montant de toutes pièces de faux avis pour promouvoir certains produits, ou en misant sur les "dark patterns". Ces derniers sont des designs pensés pour pousser à l'achat sans que le consommateur en ait pleinement conscience : un compteur de stock alarmant, un compte à rebours, un essai "gratuit" qui est en réalité un abonnement payant caché.
Maintenant, reste à savoir précisément l'envergure de la faute commise par Conforama. Quels rayons sont concernés, combien de produits, sur quelle période ? Le communiqué de la DGCCRF ne le précise pas. Le JDN a contacté Conforama pour avoir ces réponses. Pour l'instant, l'enseigne a accusé réception mais ne nous a pas encore répondu.