Idée et exécution : point et méthodologie pour sécuriser vos projets
En France, depuis 2023, 8 créateurs d'entreprise sur 10 échouent dans les 18 premiers mois. Si la défaillance du modèle économique est souvent pointée du doigt, l'idée et l'exécution le sont rarement.
"Ce qui compte c’est l’exécution, pas l’idée." Cette expression née aux États-Unis est devenue populaire car elle a été reprise hors de son contexte. Une facilité de langage sans doute à l’origine de nombreuses déroutes. À l’heure où dans sa note de conjoncture, l’INSEE qualifie 2026 d’année de reprise, un point s’impose pour sécuriser les nouveaux projets.
Idée et exécution
Tout comme le marketing et la communication, la création d’une entreprise relève de processus au service d’un objectif. Une chaine de production rythmée par des étapes et des indicateurs autorisant le passage d’un stade à l’autre ou non (le fameux "go/no go").
Dès lors, affirmer que "Ce qui compte c’est l’exécution, pas l’idée" revient à établir une hiérarchisation qui n’a pas lieu d’être. L’idée a autant d’importance que son exécution puisque l’idéation implique une phase exploratoire. S’affranchir de cette étape de recherche, c’est courir le risque de déployer brillamment une idée mauvaise en ce sens qu’elle a peu d'intérêt. Dans un cas plus critique encore, l’idée potentiellement prometteuse, une fois dévoilée, pourra être récupérée et exploitée par des tiers.
La plupart des idées sont réalisables mais leur transformation en business lucratif nécessite de prendre de la hauteur, de voir grand et de déléguer à une équipe de professionnels.
Pour résumer, l’idée appartient au porteur de projet, tandis que l’exécution revient à des experts et spécialistes.
Sécuriser l’idée
Transformer l’ambition du fondateur en succès pérenne nécessite de prouver que l’idée est viable, qu’elle correspond à un besoin à satisfaire, à un marché à conquérir. Cette étape de recherche est le maillon essentiel entre l’idée et son exécution.
Que le projet soit innovant ou traditionnel, il doit être sécurisé par une phase d’exploration dont la méthodologie est issue de l’industrie (B2B, B2B) :
- Réaliser divers prototypes associés à des propositions de valeur
- Tester sur le terrain auprès de consommateurs et utilisateurs potentiels
- Recueillir et apprendre de ce panel
- Revoir le design, les caractéristiques et les allégations jusqu’à la finalisation de la formule.
L’objectif de ce processus itératif est de valider l’attractivité de l’idée auprès des publics cibles et de prouver que le concept est viable.
À l’issue cette phase d’exploration, le porteur de projet a déjà éliminé considérablement les risques d’échec grâce à des indicateurs essentiels :
- L’assurance que l’idée et la proposition de valeur ont séduit le panel de consommateurs et utilisateurs cibles
- La possibilité de traduire cette attractivité en modèle économique viable.
Exécution et performance
L’expression "c’est l’exécution qui compte " trouve son origine dans le droit. Aux États-Unis, on ne protège pas les idées mais leur exécution. On parlera donc de l’exécution de l’idée, processus par lequel une idée devient non seulement tangible mais se transforme en réel potentiel de succès.
Qu’il s’agisse de l’économie traditionnelle ou de nouvelles technologies, pour parvenir à cette transformation, l’idéateur doit s’entourer d’une équipe d’experts permanents et invités, puisque les compétences et livrables évoluent tout au long du projet, de la phase d’exploration à celle de la mise sur le marché. Parmi les ressources indispensables, il faut rappeler le juridique, le marketing et le commercial. Mais le succès du déploiement ne réside pas seulement dans la méthodologie. Jusqu’à l’aboutissement, le directeur de projet et son équipe devront soutenir le succès sur toute la chaine de développement et s’approprier la vision du fondateur.
La performance de l’exécution dépend également de la capacité du fondateur à incarner une idée puissante et originale, qu’il est le seul à pouvoir incarner pour en faire une réalité unique.
L’idée et l’exécution, à retenir
On peut déléguer l’exécution à un groupe d’experts mais l’idée est propre à chaque dirigeant fondateur. Son histoire et son parcours vont influencer le territoire de conquête autant que le story telling car la marque est aussi affaire de récit à partager.
Avant cet aboutissement, la prudence est de mise quant à la divulgation de l’idée. Même si le succès dépend de l’idée originale du fondateur et de sa vision, l’appropriation par des tiers d’un concept n’est pas à exclure, ce qui rendra l’exécution difficile par des actions de parasitisme (récupération en vue de rédactionnels ou de conférences, dépôt de nom, enregistrement d’url etc).
Pour résumer, l’idée est la vision d’une personne, le fondateur, l’exécution est le plan de mise en œuvre d’une équipe.
Les grandes étapes de l’exécution :
- Une idée forte portée par un fondateur capable d'incarner la marque
- Une phase de recherche afin de valider l’intérêt de l’idée et de discriminer de façon précoce les sources d’échec
- La formulation d'une proposition de valeur et d'un modèle économique
- La validation d’un processus d’exécution adapté à l’idée
- Une direction de projet au service de la réussite tout au long du développement.