StopCovid : la Cnil va contrôler l'application de contact tracing

StopCovid : la Cnil va contrôler l'application de contact tracing [STOPCOVID] L'application est déjà la plus populaire de l'AppStore et du Google Play Store. Voici comment la télécharger.

[Mise à jour du 5 juin 2020 à 15h35] Si elle a rendu un avis favorable concernant l'application de contact tracing mise sur pied par le gouvernement, l'institut de défense de la vie privée des Français, la Cnil, entend vérifier que ses recommandations en matière de recueil du consentement et d'information des personnes ont été suivies à la lettre.  Elle portera un œil attentif au respect des droits d'accès et d'opposition des personnes, tout comme aux dispositifs de sécurité mis en place pour protéger les flux de données. "Ces contrôles commenceront dès le mois de juin. Ils se poursuivront tout au long de la période d'utilisation des fichiers, jusqu'à la fin de leur mise en œuvre et la suppression des données qu'ils contiennent", explique la Cnil. Quelques jours après son lancement, StopCovid est toujours en tête des applications les plus populaires de l'AppStore et du Google Play Store. L'application dont l'utilisation n'est pas obligatoire, mais fortement suggérée, avait déjà généré plus de 600 000 téléchargements au lendemain de sa sortie, avait révélé sur France 2, Cédric O.  Le retard à l'allumage rencontré hier 2 juin (l'application est apparue avec quelques heures de retard au sein des deux stores) n'aura donc pas eu d'incidences. L'application est accessible ici pour les possesseurs d'un smartphone Android et ici pour les détenteurs d'un iPhone. Sur Android, les premiers retours des utilisateurs ne sont pas tous positifs.. Beaucoup se plaignent d'un bug à l'activation avec un message : "Une erreur non répertoriée est survenue. Connection closed by peer". Il semblerait que le fait de passer par le réseau cellulaire, plutôt que le réseau Wifi, permet d'y remédier. 

StopCovid est un projet qui s'inscrit dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire lié à l'épidémie du coronavirus et, plus particulièrement, de la stratégie de déconfinement que le gouvernement français veut mettre en place à partir du 11 mai. Ce projet, à l'étude, consisterait en une application pour smartphone destinée à "limiter la diffusion du virus en identifiant des chaînes de transmission", selon les propos du secrétaire d'Etat au numérique Cédric O, interrogé par Le Monde. En clair, d'être en capacité de prévenir les personnes qui ont été en contact avec une personne testée positive, de façon à ce que ces personnes puissent être elles-mêmes testées et qu'elles se confinent le plus rapidement possible, si besoin, voire qu'elles soient prises en charge. 

Les premières captures d'écran de l'application StopCovid. © S. de P. Ministère de l'Economie et des Finances

On parle ici de contact tracing, soit la recherche de toutes les rencontres faites par une personne contaminée. Le projet, avalisé sous conditions par la Cnil, a été voté par l'Assemblée nationale et le Sénat. A noter que le gouvernement réfléchit à une alternative pour les 13 millions de Français qui n'ont pas de smartphone. "Nous travaillons sur diverses possibilités d'aide à l'équipement, ou à des alternatives aux smartphones pour ceux qui n'en disposent pas", a précisé Cédric O. L'installation de StopCovid n'est pas obligatoire.

StopCovid : comment télécharger l'application ?

L'application StopCovid est disponible au sein de l'ensemble des stores d'application. Les utilisateurs Android peuvent cliquer ici pour la télécharger au sein de la boutique de Google, le Google Play Store. Ceux qui possèdent un iPhone peuvent cliquer ici pour la télécharger au sein de l'AppStore.

StopCovid : qui est derrière cette application ?

Proposé par le secrétaire d'Etat au numérique, Cédric O, StopCovid est au centre d'un projet européen mené par 130 institutions, laboratoires de recherches et entreprises travaillant dessus, pour développer ce qui s'appelle le PEEP PT (pan europen privacy preserving proximity tracing). A noter que l'Allemagne et la Suisse, initialement moteur du projet, se sont retirés, préférant opter par la solution proposée par Apple et Google. Le gouvernement allemand a dénoncé le fait que l'application de traçage envisagée avait recours à un serveur qui centralise toutes les données. En France, c'est l'Inria qui pilote, sous la supervision du gouvernement, la task force française composée de chercheurs et développeurs issus du public comme du privé. Dans le lot, l'Anssi, Capgemini, Dassault Systèmes, l'Inserm, l'Institut Pasteur, Orange et Santé Publique France. Mais aussi 16 entreprises dont Withings, Lunabee Studio et des start-up issues de la french tech comme BoforCure, C4Diagnostic, Enalees, Lifen, NamR ou encore Semeia. A noter qu'une application complètement indépendante de ce projet mais à la visée identique, Coalition, a déjà été publiée en anglais le 14 avril sur le Play Store (Android) et peut déjà être téléchargée en France. Ses concepteurs pourraient contribuer aux développements en cours chez les autorités françaises et européennes.

StopCovid : comment fonctionne l'application ?

L'installation de l'application ne sera pas obligatoire, elle doit se faire volontairement. "Lorsque deux personnes se croisent pendant une certaine durée, et à une distance rapprochée, le téléphone portable de l'un enregistre les références de l'autre dans son historique. Si un cas positif se déclare, ceux qui auront été en contact avec cette personne sont prévenus de manière automatique", a expliqué Cédric O. L'application Stop Covid fonctionnerait grâce au bluetooth. Il ne s'agit donc pas de géolocaliser les personnes mais de retracer l'historique de leurs interactions sociales les jours précédents une contagion. "Ce n'est pas une application qui trace vos déplacements", a tenu à rassurer Cédric O. Et de préciser qu'il n'y aurait "aucune consultation extérieure ni transmission de données". "Un certain nombre de paramètres sont pris en compte sur l'ergonomie pour que l'application soit simple à utiliser et accessible aux personnes en situation de handicap", a tenu à rassurer Cédric O.

StopCovid : l'application sera-t-elle disponible sur iPhone ?

Le 10 avril, Apple et Google ont annoncé travailler ensemble à une évolution de leurs systèmes d'exploitation (OS) afin d'insérer le suivi de contact numérisé dans tous leurs téléphones et permettre, par la suite, à diverses applications de tracing de fonctionner. Une annonce qui n'a franchement pas réjoui Cédric O, lequel a expliqué au JDD préférer que l'Etat français se charge de tout. Le problème c'est que la solution française se heurte aux limites d'IOS et d'Android. Ces deux systèmes d'exploitation ne permettent en effet pas aux applications tierces d'utiliser le bluetooth (indispensable au contact tracing) de manière permanente quand l'application est en tâche de fond. Si Cédric O a indiqué avoir sollicité une dérogation, auprès d'Apple notamment, sa demande est pour l'instant restée lettre morte. Et il y a de fortes chances que les choses n'évoluent pas positivement, vu qu'Apple et Google veulent désormais pousser pour leur propre solution. Une solution qui a l'avantage de ne stocker les informations que dans les téléphones eux-mêmes, et non pas dans un serveur centralisé, comme l'ont souligné les Allemands et les Suisses.

StopCovid : qu'en dit la Cnil ?

L'instance de défense de la vie privée des Français, la Cnil, a été saisie d'une demande d'avis par le secrétaire d'Etat chargé du numérique, Cédric O, quant à ce projet d'application StopCovid. Les membres du collège de la Cnil se sont prononcés le 24 avril dernier et ont estimé, que dans le contexte exceptionnel de gestion de crise, "le dispositif était conforme au Règlement général sur la protection des données (RGPD) si certaines conditions sont respectées".  La Cnil précise toutefois qu'il est indispensable que la non-utilisation de l'application n'ait pas de conséquences négatives, notamment en ce qui concerne l'accès aux tests et aux soins. L'installation de l'application ne doit pas non plus conditionner l'accès à certains services, comme les transports en commun. La CNIL souligne également que l'application ne peut être déployée que si son utilité est suffisamment avérée et qu'elle est intégrée dans une stratégie sanitaire globale. Elle insiste sur la nécessaire sécurité du dispositif et fait des préconisations techniques.