Airbnb et impôts : quels revenus déclarer et comment ?

Airbnb et impôts : quels revenus déclarer et comment ? Les gains issus de la location d'un logement sur une plateforme collaborative sont soumis à l'impôt sur le revenu. Où les indiquer sur sa déclaration d'impôts ? Tout dépend du régime fiscal auquel ils sont soumis.

Airbnb rapporte en moyenne 2 100 euros à ses hôtes en France, selon une étude menée par la plateforme de location de logements entre particuliers*. Le chiffre atteint même 2 300 euros à Paris. Qu'ils soient générés via Airbnb et consorts ou non, les gains provenant de la location d'un logement meublé – l'appartement que vous louez lorsque vous partez le week-end, par exemple – sont imposables à l'impôt sur le revenu. Ils doivent donc être mentionnés dans la déclaration d'impôts à déposer avant la date limite fixée par l'administration fiscale.

Au-dessous de 70 000 euros de gains par an, deux régimes fiscaux au choix : le micro-BIC et le régime réel

Deux hypothèses : soit les revenus ainsi produits en 2019 sont inférieurs ou égaux à 70 000 euros, et dans ce cas les contribuables ont le choix entre deux régimes fiscaux, le micro-BIC et le régime réel, soit ils dépassent cette somme et alors le régime réel s'applique automatiquement. Pour quel régime fiscal opter lorsque les deux sont possibles ? Tout dépend de votre situation. Dans le cadre du micro-BIC, le bénéfice imposable correspond au montant des recettes diminuées d'un abattement forfaitaire de 50%. Autrement dit, l'hôte qui opte pour ce régime fiscal n'est imposé que sur la moitié de ses gains. En revanche, il ne pourra pas déduire de charges de ses revenus, ce que lui aurait permis le régime réel. A noter que pour les recettes annuelles inférieures ou égales à 70 000 euros, c'est le régime du micro-BIC qui s'applique par défaut. Les contribuables qui lui préfèrent le régime réel doivent donc se manifester et ce avant le 1er février de l'année pour laquelle ils souhaitent en bénéficier. Il est donc trop tard pour exercer cette option pour 2020.

Les revenus tirés de la location saisonnière d'une ou plusieurs pièces d'une résidence principale sont exonérés dans la limite de 760 euros par an

Comment déclarer ? A l'étape 3 de la déclaration de revenus, intitulée "Revenus et charges", cochez la case "Revenus des locations meublées non professionnelles". Cette rubrique se trouve pour partie sur la page 4 de la déclaration de revenus papier n° 2042 C PRO. Dans le cadre du micro-BIC, il suffit à l'hôte de porter le montant de ses gains à la ligne 5ND qui apparaîtra dans un nouvel écran plus loin (ou à la ligne 5TB si son revenu fiscal de référence est inférieur au plafond réglementaire et s'il a choisi le prélèvement forfaitaire libératoire). Si les recettes du contribuable sont inférieures à 305 euros, il ne paiera aucun impôt. Par ailleurs, les revenus tirés de la location saisonnière d'une ou plusieurs pièces d'une résidence principale sont exonérés dans la limite de 760 euros par an. La fraction inférieure à ce montant n'est donc pas à déclarer à l'impôt sur le revenu.

Dans le cadre du micro-BIC, il suffit à l'hôte de porter le montant de ses gains à la ligne 5ND. © Impots.gouv / JDN

Dans le cadre du régime réel, pour les contribuables qui font l'objet d'une exception et continuent de déclarer leurs revenus au format papier, le montant des recettes est à porter sur la déclaration professionnelle n° 2031-SD. A noter que l'hôte qui a tiré plus de 82 000 euros de cette activité en 2019 et qui a réalisé des prestations para-hôtelières (l'activité para-hôtelière est définie par l'offre, en plus de l'hébergement, d'au moins trois des quatre services cités au 4°-b de l'article 261 D du code général des impôts), doit payer de la TVA. En contrepartie, il pourra déduire la TVA acquittée sur ses achats et ses frais.

Depuis juillet 2016, les sites Internet de location de logements entre particuliers ont l'obligation d'envoyer à leurs utilisateurs un récapitulatif annuel des revenus générés par leur intermédiaire, ce que certaines plateformes faisaient déjà avant d'y être contraintes. Un nouveau cap a été franchi en 2020 : les plateformes collaboratives doivent désormais transmettre à la DGFiP, sauf cas exceptionnels, un fichier annuel reprenant l'ensemble des informations communiquées à leurs utilisateurs. Le montant des revenus réalisés par leur intermédiaire en fait partie.

* Etude dont les résultats ont été dévoilés en 2017