La hausse du prix des mutuelles est illégale : cette lettre permet aux salariés et aux fonctionnaires d'augmenter leur salaire net

La hausse du prix des mutuelles est illégale : cette lettre permet aux salariés et aux fonctionnaires d'augmenter leur salaire net

De nombreuses mutuelles ont augmenté leurs tarifs cette année. Or, cette hausse de prix peut être contestée par les assurés. Pour les salariés du privé et les fonctionnaires cela permet d'augmenter leur revenu net.

La quasi-totalité des Français payent plus cher pour avoir une mutuelle depuis le 1ᵉʳ janvier 2026. Selon le cabinet Addactis, spécialiste des assurances, les complémentaires santé augmentent leurs tarifs de 6% en moyenne cette année. Une hausse confirmée par les organismes représentant les mutuelles, comme la Mutualité française, France Assureurs et le Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP). Avoir une mutuelle en 2026 coûte désormais 110 euros par mois en moyenne.

Cette dernière hausse de prix n'est pourtant "pas légale", selon l'association de consommateurs UFC-Que Choisir. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, voté en fin d'année 2025, impose en effet un gel des tarifs des mutuelles cette année. L'article 13 dispose que "pour l'année 2026, le montant des cotisations de complémentaires santé ne peut être augmenté par rapport à celui applicable pour l'année 2025". Le Conseil constitutionnel a récemment confirmé la validité de cet article, statuant que les complémentaires santé ne peuvent pas augmenter leurs tarifs durant l'année en cours.

"Une mutuelle qui augmenterait ses cotisations en 2026 serait tout simplement hors la loi", indique Benjamin Recher, chargé des relations institutionnelles de l'UFC-Que Choisir. Il recommande aux assurés qui ont constaté une hausse de leurs frais de mutuelle depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 "d'envoyer une lettre de réclamation à leur complémentaire santé en dénonçant cette hausse et en signalant qu'elle est contraire à la loi".

Sur son site, l'UFC-Que Choisir a mis en ligne un modèle de lettre type pour permettre aux assurés de faire valoir leurs droits. Il suffit de remplir cette lettre avant de l'adresser par courrier recommandé avec accusé de réception à sa complémentaire santé. Les assurés ne doivent pas craindre d'éventuelles représailles de la part de leur mutuelle. Une complémentaire santé ne peut résilier le contrat que si l'assuré arrête de payer ses cotisations. Le seul fait de revendiquer une stagnation du prix en 2026 ne suffira pas à justifier une résiliation du contrat.

Tous les Français ayant une mutuelle peuvent entreprendre cette démarche. Cela concerne donc une large partie de la population puisque, selon une étude de la DREES, environ 96% des Français possèdent une complémentaire santé, soit environ 64 millions de personnes. Si des millions d'étudiants et de retraités souscrivent à une mutuelle, ce sont surtout les travailleurs qui en possèdent une.

Pour les salariés du privé comme pour les fonctionnaires, l'employeur doit obligatoirement proposer une mutuelle collective à ses employés et payer au moins 50% des cotisations mensuelles. Les frais de mutuelles réglés par les travailleurs sont directement prélevés sur le salaire et le coût est mentionné chaque mois dans la colonne "Part/cotisation salarié" de la fiche de paie.

En 2025, le montant moyen d'une cotisation mensuelle pour une mutuelle s'établissait autour de 103 euros par mois. Compte tenu du partage des coûts entre employeurs et salariés, un travailleur payait en moyenne 51,50 euros par mois pour sa mutuelle l'année dernière.

Pour rappel, le prix des mutuelles ne cesse de flamber depuis plusieurs années. En 2021, les cotisations ont progressé de 3,1%, suivies de plusieurs augmentations successives de 2,9% en 2022, de 6% en 2023, de 7% en 2024 et de 6% en 2025. Ces hausses répétées ont considérablement alourdi la facture des ménages français. Mais cette fois-ci, les Français peuvent s'y opposer.