PER : le gouvernement réduit l'avantage fiscal dont profitent 12,7 millions d'épargnants en France

PER : le gouvernement réduit l'avantage fiscal dont profitent 12,7 millions d'épargnants en France

Tous les épargnants détenant un plan épargne retraite (PER) vont s'acquitter d'une taxe supplémentaire. Certains retraités risquent aussi de perdre un avantage fiscal et de payer plus d'impôts.

Le gouvernement affiche régulièrement sa volonté de développer la retraite par capitalisation en France. Pourtant, deux nouvelles mesures inscrites dans le projet de loi de finances pour 2026 semblent en totale contradiction avec cet objectif. Le texte adopté en février réduit l'attractivité du plan épargne le plus prisé par les Français pour préparer leur retraite : le plan épargne retraite (PER).

La première mesure consiste à augmenter le taux de la contribution sociale généralisée (CSG) appliqué sur certains produits d'épargne. Au 1ᵉʳ janvier 2026, ce taux de CSG est passé de 9,2% à 10,6%, soit une hausse de 1,4 point. Une nouvelle augmentation est d'ores et déjà prévue pour 2027, où le taux de CSG grimpera encore pour atteindre 11,2%. A cause de ces deux hausses successives, le taux global des prélèvements sociaux (incluant la CSG, la CRDS et le prélèvement de solidarité) est passé de 17,2% à 18,6% en 2026 et bondira encore en 2027, atteignant 19,4%.

Cette augmentation va directement impacter les 12,7 millions d'épargnants qui possèdent un PER. Lorsqu'ils voudront récupérer l'argent détenu sur leur plan épargne, ils devront payer davantage de prélèvements sociaux, ce qui diminuera leurs revenus. Le taux de 18,6% s'applique sur la plus-value du PER. Si l'épargnant choisit de récupérer son argent sous forme de rente mensuelle, il paiera 18,6% de prélèvements sociaux sur une fraction de cette rente. Cette fraction dépend de l'âge qu'avait l'épargnant au moment de la liquidation de son PER.

La seconde mesure inscrite dans le projet de loi de finances pour 2026 va supprimer, pour une partie des titulaires de PER, l'un des principaux atouts de ce plan d'épargne. "Les versements déposés sur un PER sont déductibles de l'impôt sur le revenu, c'est-à-dire que si vous déclarez 50 000 euros de revenu annuel et que vous déposez 5 000 euros sur un PER, alors votre impôt sur le revenu ne sera calculé que sur 45 000 euros", résume Emmanuel Hardy, conseiller en gestion de patrimoine et président d'Inovéa.

"Cependant, le gouvernement a décidé de supprimer cette déductibilité pour les épargnants de plus de 70 ans qui possèdent encore un PER", ajoute Emmanuel Hardy. "Sont notamment concernés les retraités avec de hauts revenus qui utilisaient leur PER pour réduire leur revenu imposable ou bien certaines personnes âgées encore en activité comme dans les professions libérales", constate le conseiller en gestion de patrimoine. En clair, une fois le cap des 70 ans passé, les versements sur un PER ne sont plus déductibles du revenu fiscal. "A partir de là, ça ne sert plus à rien d'alimenter son PER", estime Emmanuel Hardy.

Selon le ministère de l'Economie et des Finances, 1,5 million de nouveaux PER ont été ouverts rien qu'en 2025. "De plus en plus de jeunes actifs s'orientent vers ce plan d'épargne : 15,6% des 25-34 ans possèdent un PER et ils sont 20,1% chez les 35-44 ans", indique Emmanuel Hardy. "Ces actifs ne cherchent pas seulement à préparer leur retraite, ils veulent aussi réduire leur revenu imposable car à ces âges-là on commence à gagner un peu d'argent et on est parfois encore célibataire, ce qui fait qu'on paye pas mal d'impôts", explique le conseiller en gestion de patrimoine.

Les 12,7 millions de détenteurs d'un PER versent en moyenne 107 euros par mois sur ce produit d'épargne, soit 1 284 euros à l'année. Une somme qui peut donc être déduite du revenu imposable... sauf si l'épargnant a plus de 70 ans.