Face à l’obsolescence du schéma directeur informatique classique, les perspectives Lean IT

Dans beaucoup d’esprits schéma directeur informatique rime avec « long », « coûteux », « fastidieux », « dépassé ». Il est cependant possible de faire différemment en travaillant sur le pourquoi et le comment.

A l’instar des méthodologies projet qui ont connu de nombreuses révolutions ringardisant le traditionnel cycle en V au profit de l’agile, de nombreuses organisations se posent la question de la pertinence de l’exercice de schéma directeur des systèmes d’information. Dans beaucoup d’esprits schéma directeur informatique rime avec « long », « coûteux », « fastidieux », « dépassé ». Il est cependant possible de faire différemment en travaillant sur le pourquoi et le comment.

Pourquoi lancer un schéma directeur IT ?

Il existe de multiples raisons fondées qui poussent les DSI à lancer des schémas directeurs IT. Au-delà des besoins en pilotage et alignement avec le métier, le schéma directeur peut avoir des causes plus conjoncturelles :

  • Préparer une transformation: par exemple, dans le cas d’un plan stratégique d’entreprise, certaines décisions structurantes auront un impact majeur sur le SI à moyen et long terme. Dans ce cas, le schéma directeur permettra à la DSI de s’organiser et d’anticiper les chantiers préparatoires à mener d’ici là afin que le SI puisse accompagner sereinement la transformation et non la freiner.
  • Conduire le changement avec les équipes métier: dans certains cas, au fur et à mesure des projets, le SI s’est désaligné progressivement du métier, générant ainsi une insatisfaction chronique, source de tensions et de frustrations. Le schéma directeur informatique, s’il est réalisé selon des méthodes participatives et collaboratives, devient un vecteur du changement en réunissant les équipes métier et SI autour d’une même initiative, qui si elle est menée à bon terme, satisfera les objectifs de chacun
  • Apporter une réponse à une rupture dans l’écosystème SI: la rupture peut être de plusieurs natures. Qu’il s’agisse d’un taux de dépendance forte à un fournisseur, ou d’une décision stratégique de la direction générale, elle nécessite une réponse rapide pour que le SI s’adapte et s’organise en conséquence.

Quelle que soit son origine, le schéma directeur informatique doit être mené selon quelques règles de bon sens:

  • Se fixer la règle des 80/20: viser 100% de couverture et d’exactitude n’a pas de sens. L’objectif est de définir une vision et sa trajectoire sur les 2, 3 ou 5 prochaines années, étant entendu qu’une part d’inconnu et de non prévisible demeurera
  • Prioriser les objectifs: disposer d’un mandat est impératif. Qu’il s’agisse de réduction de coût ou d’augmentation de la satisfaction, ce sont ces objectifs qui structureront la méthode et la profondeur du schéma directeur
  • Limiter l’exercice dans le temps: les équipes doivent être mobilisées tout au long de l’exercice, afin d’éviter tout effet tunnel et d’associer tous les acteurs aux résultats obtenus. Il est plus facile donc de le faire sur un calendrier contraint, même si cela a pour conséquence un investissement en temps plus élevé.
  • Actualiserles travaux régulièrement: les domaines du numérique et du SI étant en perpétuelle évolution, mutation, transformation, les hypothèses seront mises à mal régulièrement, nécessitant de se réinterroger constamment
Quelle méthode appliquer ?

De nombreuses méthodes existent, plus ou moins classiques, basées sur des entretiens ou des ateliers de travail, s’adressant aux managers ou aux opérationnels…

Tout dépend de l’objectif fixé et la culture de l'entreprise.

Il existe néanmoins des méthodes innovantes décloisonnant les équipes et apportant beaucoup d’émulation.

S’il est basé sur des méthodes de Lean Management et d’Amélioration Continue, le schéma directeur informatique permet d’associer l’ensemble des acteurs métier et IT à un chantier collaboratif et participatif, dont ils pourront visualiser l’apport progressif tout au long de la démarche.

Ces équipes travailleront à l’intersection des enjeux et des processus métiers, définissant ainsi en quoi le SI peut contribuer à la couverture de ces enjeux.

Le savant mélange d’expertise métier, d’expertise IT, de Lean Management et d’approche collaborative permet ainsi de booster l’implication des interlocuteurs clés et de poser les bases d’un dialogue au long cours.

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