Mais concrètement, une stratégie data driven, c’est quoi ?

Devenir data-driven suppose une collecte d’informations toujours plus importante, de façon plus fiable, et leur partage avec les clients... en acceptant l’idée que cette transparence peut entraîner une réduction des bénéfices.

"Nous risquons l’Uberisation", "notre offre produit doit s’étoffer de services", "nous devons être data-driven", sont autant d’expressions qui reviennent régulièrement dans les discours de début d’année du management des grands groupes et des cabinets de conseils en stratégie.

Mais contrairement à d’autres effets de mode managériale, ces directives passent par une transformation en profondeur des processus et la mise en place de nouveaux dispositifs organisationnels et digitaux. En premier lieu, devenir data-driven suppose une collecte d’informations toujours plus importante, de façon plus fiable, et leur partage avec les clients... en acceptant l’idée que cette transparence peut entraîner une réduction de vos bénéfices.

Mais le jeu en vaut la chandelle ! À titre d’exemple, le groupe Total a mis en ligne l’application Optimizer qui permet à ses clients miniers de mesurer et analyser leur consommation d’énergie en temps réel là où la norme était de recevoir un récapitulatif semestriel sous forme de rapports papier indigestes. 

Ce dispositif est même doté d’un système d’alerte qui signale les consommations douteuses et permet au client d’arrêter les hémorragies instantanément !

De son côté Klepierre, le spécialiste européen des centres commerciaux, joue carte sur table avec ses locataires et les implique davantage dans la gestion des opérations de marketing destinée à augmenter la fréquentation de ses centres.

De l’idéation à la réalisation

Il ne s’agit plus de comprendre comment les choses fonctionnent mais d’imaginer comment elles pourraient fonctionner dans un monde plus digital. Il faut oser élargir le champ des possibles à la manière d’un entrepreneur fou qui réussit par excès d’ignorance des obstacles !
Mais pour être productive, la créativité doit s’accompagner de trois ingrédients importants : 

  • un processus de maturation bien structuré, avec des étapes d’idéation et de validation technique, fonctionnelle et business,
  • des moyens techniques agiles qui se prêtent à l’expérimentation et la réalisation rapide d’applications,
  • des catalyseurs internes ou externes de changement et d’accompagnement.

Il est par ailleurs important d’arbitrer soigneusement entre la nécessité de certains investissements en avance de phase et la maîtrise des dépenses (CAPEX), au risque de pénaliser l’équation financière de l’exercice.

Des plateformes prêtes à l’emploi  

Dans l’inconscient collectif, un projet data nécessite : des moyens, des compétences et un niveau d’investissement potentiellement rébarbatifs. Il est encore vu aujourd’hui comme un défi épique à l’issu incertaine, à l’instar de son R.O.I. Le fantasme des startuppeurs codant dans un garage et se nourrissant de pâtes subsiste… Pourtant la réalité est tout autre.

L’informatique d’entreprise a subit des bouleversements silencieux que les DSI feignent d’ignorer : l’open source gagne tous les jours en innovation et robustesse, et de nouvelles plateformes cloud livrées clé en main, encapsulent toutes les briques nécessaires à la réalisation des projets data-driven. Les niveaux d’automatisation et d’abstraction libèrent de beaucoup de contraintes, en moins de temps qu’il ne faut de réunions pour en discuter. Et si la vélocité du lancement et du déploiement des projets peut priver certains marchands "de jour-homme" de longs contrats lucratifs, nous avons ici affaire à la nouvelle norme dans la création de valeur digitale d’aujourd’hui.

Porté par le cloud

Autre source d’inquiétude pour les directeurs des systèmes d'information (DSI) : une importante sollicitation des équipes IT, et l’introduction de failles de sécurité dans le système d'information (SI).C’est là que le cloud et les fournisseurs d’infrastructure, permettent de s’affranchir d’une bonne partie des contraintes et proposent des solutions de sécurisation basées sur des architectures de micro-services qui surpassent la plupart des schémas de sécurisation “traditionnels”.

Là aussi, une Plateforme as a Service (PaaS) permet d’en tirer profit sans devoir se confronter à la difficile tâche de recruter et manager des équipes DevOps dédiées. Par la suite, une bonne architecture de ces plateformes permet de traverser sereinement les différentes phases de croissance et coller au plus près à la montée en charge en alignant de quelques clics la puissance de calcul et capacités de stockage nécessaires.

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