Microsoft s'essouffle et supprime 5000 emplois

Au 2e trimestre l'éditeur a vu son bénéfice net reculer de 11% et son chiffre d'affaires de 2%, en raison de la faiblesse des ventes de PC. Afin d'économiser 1,5 milliard de dollars, Microsoft licencie 5 000 salariés.

Les résultats de Microsoft étaient particulièrement attendus. Les analystes tablaient en effet sur une baisse des bénéfices du premier éditeur mondial et l'annonce de suppression de postes. La firme américaine a finalement confirmé les prévisions. Sur le deuxième trimestre de son année fiscale clôturé le 31 décembre, le chiffre d'affaires a ainsi cédé 2% par rapport à la même période de l'année dernière à 16,63 milliards de dollars.

Mais la baisse la plus forte se situe au niveau du bénéfice net. Sur le trimestre, celui-ci est de 4,17 milliards de dollars. C'est 11% de moins que l'année précédente. Une performance à laquelle Microsoft n'avait pas habitué les marchés financiers. Mais la présentation des résultats du premier trimestre, et surtout les perspectives de l'éditeur pour la période 2008-2009, avaient déjà déçu.

En raison des turbulences sur le marché des ordinateurs (ventes en retrait de 0,4% au 4e trimestre selon IDC), en grande majorité équipés de son système d'exploitation, Microsoft voit les résultats de sa division client directement impactés. Le chiffre d'affaires cède 8% par rapport à l'année précédente à 3,982 milliards de dollars.

La montée en puissance des netbooks, des ordinateurs vendus à petit prix, où Microsoft doit affronter la concurrence des OS Open Source, contribue probablement en partie à ce moment de faiblesse de l'éditeur. Mais c'est plus probablement la froideur persistante à l'égard de Vista, pour lequel peu d'entreprises ont jusqu'à présent opté, qui pénalise le plus Microsoft.

1400 licenciements immédiats, 5000 sur 18 mois

La communication précoce faite autour de Windows 7, pourtant toujours annoncé fin 2009, début 2010, et le lancement d'une première bêta, sont pour la firme américaine l'opportunité de restaurer la confiance avant la commercialisation. Néanmoins, Microsoft peut déjà se consoler avec les résultats de ses autres divisions. Les outils et applications serveurs ont ainsi permis de générer 15% de chiffre d'affaires de plus en un an à 3,743 milliards de dollars.

Même la branche Online, comprenant le moteur de recherche et les services Live, est en croissance, bien que minime. Entre 2007 et 2008, le chiffre d'affaires progresse de 863 à 866 millions de dollars. Microsoft a toujours beaucoup à faire pour venir ébranler Google. Mais la fragilité de son plus proche rival dans la recherche, Yahoo, pourrait lui bénéficier.

Une acquisition de certains actifs de Yahoo n'est pas non plus exclue, même si dans ce contexte de crise, les investisseurs pourraient voir d'un mauvais œil une coûteuse opération de fusion. Ils préféreront peut-être voir Microsoft se concentrer plus particulièrement sur ses applications métiers. En effet la division solutions d'entreprise voit elle aussi son chiffre d'affaires croître de 4,815 à 4,876 milliards de dollars. La branche matériel et loisirs (Xbox 360, matériel PC, ...) progresse également de 3,076 à 3,183 milliards de dollars.

Malgré tout, Microsoft voit l'avenir en noir et accompagne la publication de ses résultats de l'annonce d'importantes suppressions de postes. 1 400 licenciements sont d'ores et déjà décidés. En tout, ce sont 5000 emplois qui seront supprimés durant les 18 prochains mois. Les réductions d'effectifs interviendront dans les fonctions R&D, marketing, ventes, finance, juridique, ressources humaines et informatique. Grâce à cette restructuration, Microsoft espère économiser 1,5 milliard de dollars.

"Même si nous ne sommes pas immunisés aux effets de la crise, j'ai confiance dans la force de notre portefeuille produits et la solidité de notre stratégie", déclare le patron de Microsoft, Steve Ballmer.  "Nous allons continuer à maîtriser nos dépenses et investir dans des opportunités à long terme afin de délivrer de la valeur à nos clients et à nos actionnaires", poursuit-il. Les investisseurs auront fait la sourde oreille lors de la publication des résultats, malgré les économies annoncées. Le titre plongeait de plus de 7%, à 18 dollars.

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