Nokia Siemens Networks prêt à licencier 5 800 salariés

L'équipementier a lancé un vaste plan de réduction d'effectifs qui pourrait toucher jusqu'à 9% de sa masse salariale. La conjoncture difficile l'a contraint à faire une croix sur le rachat des activités réseaux de Nortel.

Spécialisée dans les équipements réseaux sans-fil, la co-entreprise détenue à 50-50 par Nokia et Siemens créée en 2007 doit faire face à une conjoncture exécrable. Mêlant à la fois baisse de la demande, chute des ventes et accroissement de la concurrence des constructeurs chinois sur ce marché (Huawei, ZTE...), le tableau apparaît plus noir que jamais.

D'autant que Nokia Siemens Networks a réalisé des résultats catastrophiques au troisième trimestre, avec un chiffre d'affaires sur le dernier trimestre qui s'est effondré de 21% pour tomber à 2,8 milliards d'euros. Sans compter une perte abyssale d'1,1 milliard d'euros contre un gain de 2 millions d'euros au trimestre précédent.

Les indicateurs sont donc au rouge, tout comme ceux de la maison-mère, Nokia. Le constructeur de terminaux mobiles, qui peine à retrouver un second souffle sur le marché des smartphones face à la puissante dynamique de croissance de l'iPhone, a aussi vu ses revenus reculer de 20% à 9,81 milliards d'euros.

La situation alarmante de l'équipementier n'est pas un cas isolé, Alcatel-Lucent et Ericsson sont également touchés

Pour redresser la barre, une seule solution s'est semble-t-il imposée aux yeux des dirigeants de l'équipementier : tailler dans le vif de ses effectifs. En licenciant entre 7 et 9% de sa masse salariale, c'est jusqu'à 5 800 personnes sur les 64 000 que compte le groupe qui seront mis à la porte de Nokia Siemens Networks. Le groupe compte ainsi économiser 500 millions d'euros par an à partir de 2011.

La situation alarmante de l'équipementier est cependant loin d'être un cas isolé. Dans le courant de l'année, Ericsson, également positionné sur le marché des équipements réseaux sans fil, avait déjà sabré 6% de ses effectifs, soit 5 000 personnes. De son côté, Alcatel-Lucent - dont les derniers résultats financiers n'ont pas été très brillants - y est aussi allé de son annonce (pas encore entérinée toutefois) fin octobre, avec plus de 2 700 nouveaux postes supprimés dont 1 374 en France. 

Dramatiques d'un point de vue humain, les annonces de ces plans de licenciements s'inscrivent dans un contexte de marché pour le moins paradoxal. En particulier pour Nokia Siemens Networks qui, affaibli sur ses propres bases, a vu le rachat des activités réseaux 4G et Long Term Evolution appartenant à feu l'équipementier Nortel lui passer sous le nez en juillet dernier, au profit d'Ericsson. 

Reste à savoir si le Tribunal américain chargé de répartir la dépouille de l'ancien fleuron canadien entre tous les autres prétendants pour ses autres activités acceptera de les confier à une autre entreprise en difficulté. Car rares sont celles à montrer des résultats à contre-tendance de la débâcle généralisée dans ce secteur. 

Cet article a été modifié le jeudi 5 novembre à 12h35.

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