Test d'Hangouts Chat : le Slack de Google ne convainc pas

Test d'Hangouts Chat : le Slack de Google ne convainc pas Lancé fin février, l'outil de team messaging est désormais accessible à tous les utilisateurs de G Suite. Malgré une interface graphique simple, il est encore loin d'être à la hauteur.

En bêta depuis un an, Hangouts Chat a été lancé en version finale par Google le 28 février dernier (lire le post officiel de cette annonce). Intégrée à G Suite, l'application est depuis accessible à l'ensemble des utilisateurs de la suite de productivité de Google. A l'instar de Slack et Microsoft Teams, il permet de créer des chaînes de discussion par thématique ou projet pour orchestrer le travail d'équipe et le partage de documents. Il s'intègre par ailleurs à la brique de visioconférence Hangouts Meet. Accessible en mode SaaS, Hangouts Chat fait également l'objet d'apps natives pour iOS, Android, mais aussi pour les terminaux Windows et Mac OS.

Disponible au sein de G Suite, Hangouts Chat se lance en quelques clics. © JDN / Capture

Client de G Suite depuis plusieurs années, le JDN s'est assez naturellement attelé à tester Hangouts Chat. La première impression est plutôt bonne, voire très bonne. Simple et intuitive, l'activation d'Hangouts Chat s'effectue en quelques clics. Très dépouillée, l'interface graphique qui s'ouvre ensuite paraît bien construite, du moins au premier abord. Pas de menu et sous-menu comme dans l'outil de collaboration d'équipe de Microsoft. Sur le modèle de Slack, on retrouve au centre de la page la messagerie instantanée et, à gauche, une colonne dans laquelle viennent se nicher les chaînes de discussion qui auront été créées. C'est tout.

Un moteur de recherche bien conçu...

Offrant une approche intéressante, le moteur de recherche d'Hangouts Chat permet de lancer des requêtes sur tout ou partie des chaînes thématiques. Mais aussi et surtout d'appliquer des filtres pour restreindre le champ d'investigation aux messages relatifs à un collaborateur ou groupe de collaborateurs, et/ou aux documents relatifs à des formats spécifiques (G Suite, vidéo, PDF…). Google précise avoir recours à l'IA pour prioriser les résultats de recherche en fonction de l'historique de travail et des thèmes de prédilection de l'utilisateur.

JDN / Capture © Le moteur de recherche d'Hangouts Chat filtre les requêtes par contacts et/ou formats de fichier.

Nous avons été moins convaincus (voire même un peu déçus) par la suite du test. Première surprise, Hangouts Chat offre la possibilité à n'importe qui de créer des chaînes (Google leur donne le nom de "salon"). Nul besoin d'être administrateur comme dans Slack ou Teams pour le faire. Une fois activée, une chaîne ne sera ensuite visible à d'autres utilisateurs que si ces derniers y ont été préalablement invités. Au total, le processus rend assez peu intuitif la prise en main de l'outil par une équipe. Les salons étant des espaces privés par défaut, la solution se révèle difficile à piloter.

Il est assez clair qu'il s'agit là d'un parti pris de Google visant à se différentier de Slack et Teams. Via ce mode de fonctionnement, Mountain View semble promouvoir l'idée d'un management hyper-décentralisé, voire libéré. Reste à savoir si les clients suivront.

...Mais des "threads" difficiles à gérer

Lors de la mise en oeuvre de l'application, plusieurs petits problèmes épineux sont en outre apparus. Deux collaborateurs ont par exemple voulu créer chacun un salon de discussion horizontal (sans se coordonner) : l'un l'a baptisé "Général", l'autre "général". Hangouts Chat n'a pas détecté le doublon… Autre bug, les images postées dans le fil de discussion (au format .jpg) n'apparaissaient pas et généraient des erreurs.

A l'usage, le chat s'est aussi révélé moins ergonomique que prévu. Principal défaut, les flux de commentaires (ou threads) associés aux messages restent ouverts par défaut, sans possibilité d'être fermés ou repliés. Résultat : la navigation peut devenir assez vite laborieuse au sein des messages postés et leur thread associé, avec à la clé des scrolls sans fin.

La messagerie Hangouts Chat permet de partager les documents sous forme de prévisualisation.   © JDN / Capture

Hangouts Chat propose pour l'heure une galerie de 26 bots. Ils recouvrent différents domaines : l'Analytics (avec Statsbot), la collaboration et la gestion de projet (avec Jira, Lucidchart ou Trello), la communication (avec RingCentral par exemple), la comptabilité (avec Xero), la gestion de la relation client (avec Salesforce par exemple), la gestion RH (avec Polly et Zenefits).

Une première galerie de 26 bots  

De son côté, Google a conçu deux chatbots spécialement pour Hangouts Chat. Baptisé @Meet, le premier permet de trouver rapidement dans Google Agenda des créneaux communs pour les réunions d'équipe. Il se révèle très pratique à l'usage. Le second, appelé @Google Drive, informe l'utilisateur des fichiers qui auront été partagés avec lui, ou des demandes d'accès à ses propres documents.

Cette galerie (qui a relevé toute notre attention) constitue une bonne première base. Elle demande cependant à être complétée. Rappelons que l'app store de Slack affiche, elle, plus de 1 000 applications et bots au compteur. Pour finir, notons que Google a ouvert une API permettant aux entreprises de développer leur propre bot pour Hangouts Chat et ainsi y intégrer des applications tierces.

Hangouts Chat est pleinement compatible avec la messagerie instantanée historique de Google, alias Hangouts. L'ensemble des discussions lancées par le biais de cette dernière seront synchronisées dans l'application de team messaging. © JDN / Capture

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