Les Européens cherchent des contenus en ligne dans d'autres pays d'abord pour pallier la faiblesse de l'offre locale

La Commission européenne publie une étude sur les achats transfrontaliers de contenus en ligne. Si peu d'internautes s'y essaient, ce n'est pas faute de volonté.

La Commission européenne, qui a fait du marché digital unique l'une de ses dix premières priorités, réfléchit en particulier à la meilleure façon de réformer la réglementation en matière de droits d'auteur, de façon à l'adapter aux nouveaux comportements de consommation. Et donc à permettre à chacun d'accéder aux contenus et services en ligne sur le terminal de leur choix, où qu'ils soient en Europe. Dans cette optique, elle vient de publier une étude sur les achats transfrontaliers de contenus digitaux, conduite à sa demande par TNS Political & Social.

Il en ressort d'abord que peu d'internautes européens (8% seulement des répondants) essaient d'accéder à des contenus en ligne a priori destinés à d'autres pays que le leur. 5% ont déjà recherché de des contenus audiovisuels (films, séries, clips musicaux, programmes TV, à l'exclusion du sport), 3% de la musique (audio uniquement), 2% du sport, 2% des jeux vidéo et 1% des e-books.

Parmi ceux qui ont essayé, ils l'ont fait à 53% car ils recherchaient un contenu spécifique qui n'était pas disponible dans leur pays, et à 40% pour bénéficier d'un choix plus étendu.

Et lorsqu'ils ont essayé, ils n'ont pleinement réussi qu'à 54%. 27% n'ont obtenu qu'un accès limité et 17% n'y sont pas parvenus. Ils sont en outre 22% à y être arrivé en contournant un obstacle, par exemple grâce à un VPN.

Quant aux consommateurs qui ne l'ont pas tenté, les contenus destinés à d'autres pays qui les intéresseraient le plus sont les contenus audiovisuels, juste devant la musique (audio seulement).

Les Européens les plus susceptibles de vouloir accéder à des contenus en ligne disponibles dans d'autres Etats membres sont la Roumanie, Chypre, la Bulgarie et Malte. La France se situe exactement sur la médiane, avec 14% de répondants intéressés par un accès transfrontalier à des contenus en ligne.

La première raison de ne pas en avoir envie : ne pas être intéressé par ces types de contenus, de toutes façons (47%). Mais l'offre insuffisante dans son propre pays est la deuxième raison donnée, à 40%. Intéressant aussi : 25% ne seraient pas intéressés par les contenus offerts dans les autres Etats membres (mais le seraient peut-être par les services américains...).

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