Comment le numérique s'insère dans le rapport au vin des Français

Recherche d'information, lieux d'achat en ligne, budget et fréquence d'achat, rôle du mobile... Le baromètre Sowine/SSI décortique le rôle du Web dans la consommation de vin.

D'après la 6ème édition du baromètre Sowine/SSI, seul un quart des Français disent peu s'intéresser au vin. Quant aux autres, à 60% des néophytes, ils témoignent en majorité d'une envie d'en savoir plus, notamment alimentée par leur intérêt pour la gastronomie. Or le numérique tient une place de plus importante dans leur rapport au vin.

D'abord au travers des réseaux sociaux, puisque les vins et spiritueux sont une thématique que suivent 17% des 1111 personnes interrogées en juin (29% des CSP+, 42% des connaisseurs). Elles sont également 19% à consulter des blogs évoquant ce sujet. Par ailleurs, plus les consommateurs s'y connaissent en vin, plus ils jugent important de se renseigner avant d'acheter. L'entourage (38%) et les professionnels (23%) sont toujours les premiers consultés, mais les sites Web se classent en 3ème position à 8%, au même niveau que les guides spécialisés et devant la presse. Les applications mobiles ferment la marche à 2%, comme les réseaux sociaux et les blogs. Quant à ceux qui consultent des réseaux sociaux dédiés au vin, c'est bien davantage (62%) pour obtenir des informations sur des vins précis que pour en découvrir de nouveaux (26%) ou partager son avis (14%). Les conseils trouvés sur les réseaux sociaux spécialisés sont en revanche jugés très importants par 66% de ceux qui les consultent.

Les applications et les sites n'ont pas le même rôle

Sowine s'est également penché sur les applications dédiées au vin, un créneau en pleine expansion. La majorité des répondants n'en possèdent pas, mais cette proportion s'inverse chez les 18-25 ans et chez les grands acheteurs, qui sont 31% à en avoir 7 ou davantage. Les deux principaux bénéfices attendus de ces applications : obtenir des conseils pour choisir son vin en rayon (12%) et consulter des accords mets-vins (12% aussi), l'un comme l'autre dans une optique immédiatement pratique, donc. Accéder à des informations complètes sur un vin constitue la troisième utilité (11%), en particulier aussi pour aider le consommateur à faire un choix. Le baromètre précise par ailleurs que 28% des personnes interrogées ont déjà acheté du vin sur leur smartphone ou leur tablette (mais pas forcément sur une application, spécialisée ou pas).

Nombre et rôle des applications de vin © Baromètre Sowine/SSI 2015

Les sites Web des producteurs de vin, des domaines et des appellations apparaissent également comme une bonne source d'information, puisque 49% des répondants disent en avoir consulté en 2015, contre 42% en 2014. Les grands consommateurs et les grands acheteurs ont certes une proportion plus importante à les visiter, mais les néophytes qui les consultent sont passés en un an de 24% à 32%. Tous ces visiteurs recherchent avant tout des informations sur la gamme et les prix des vins (26%) et sur le vignoble et l'appellation (14%), mais cherchent aussi à acheter ces vins ou à trouver un lieu de revente (12%).

Le Web progresse dans les achats, tiré par les sites de grande distribution

Passons maintenant à l'achat proprement dit. En moyenne, seuls 6% des acheteurs de vin en achètent le plus souvent sur Internet (3% chez les femmes). Ils se tournent en priorité vers la grande distribution (55%), les cavistes (29%) et les producteurs (10%). Mais l'achat en ligne de vin progresse rapidement. En 2015, 30% des acheteurs de vin déclarent en avoir déjà acheté sur Internet, contre 24% en 2014 et 10% en 2013. Logiquement, la fréquence d'achat de vin en ligne se fait particulièrement élevée chez les grands acheteurs de vin, mais elle également bien au-dessus de la moyenne chez les 18-25 ans.

Fréquence d'achat en ligne de vin © Baromètre Sowine/SSI 2015

Quel est le budget des cyberacheteurs pour une bouteille achetée en ligne ? Il est généralement plus élevé que pour une bouteille achetée offline, répond le baromètre Sowine/SSI. Quant au nombre de bouteilles achetées, il est également plus important online, a priori pour mieux amortir les frais de livraison et les divers embêtements qui lui sont associés. Ainsi, seules 33% des commandes en ligne ne portent que sur une ou deux bouteilles contre 57% offline.

Budget et nombre de bouteilles achetée online VS offline © Baromètre Sowine/SSI 2015

Enfin, l'observation des sites sur lesquels les acheteurs de vin en ligne commandent leurs bouteilles montre des évolutions intéressantes. Environ 50% disent toujours commander sur les sites de producteurs, ce que l'on peut interpréter au sens large en incluant prise de commande par téléphone et redirection vers un lieu de vente physique. Bien plus frappante est la progression des sites de grande distribution, utilisés en 2015 par 35% des cyberacheteurs de vin, une proportion multipliée par plus de deux en deux ans seulement. Les sites de ventes privées semblent pour leur part moins utilisés qu'avant et déclinent pour la troisième année consécutive. Au profit peut-être des sites de vente par abonnement qui ont fait leur apparition en 2014 dans le baromètre et sont utilisés par 15% des acheteurs en ligne de vin.

Lieux d'achat de vin en ligne © Baromètre Sowine/SSI 2015

Pour ce qui concerne les critères décisifs incitant à acheter du vin en ligne, pas d'état d'âme : les prix attractifs ou promotions ainsi que les frais de livraison arrivent largement en tête. Viennent ensuite une ribambelle d'exigences diverses dont ressort en particulier la qualité de l'information sur les vins. A contrario, l'ergonomie et le design des sites n'émeuvent que très peu les cyberacheteurs de vin, qui décidément ne perdent pas le nord.

Critères d'achat de vin en ligne © Baromètre Sowine/SSI 2015

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