Croissance, pertes et projections : Uber roule à tombeau ouvert

Des fuites révèlent que les pertes d'Uber se sont creusées de façon alarmante au 1er semestre 2015, ce qui ne l'empêche pas de revoir à la hausse les profits qu'il escompte bientôt.

La croissance de la société californienne de VTC ne cesse d'accélérer, mais ses pertes se creusent aussi dans des proportions alarmantes, révèle The Information. Sur les six premiers mois de 2015, Uber a enregistré 663 millions de dollars de chiffre d'affaires net, correspondant à peu près aux 20% de commission qu'il s'adjuge sur les 3,6 milliards de dollars de recettes engrangées par ses chauffeurs sur la période. Comme son chiffre d'affaires net s'élevait à 495 millions de dollars sur l'ensemble de l'année 2014, on peut extrapoler qu'en 2015, l'activité d'Uber a triplé.

En revanche, au premier semestre 2015, la société a perdu quasiment un milliard de dollars (987 millions), soit 47% de plus que ses pertes sur toute l'année 2014 (671 millions). Des pertes qu'accentuent en particulier ses investissements en Chine et en Inde. En témoignent l'envolée de ses coûts commerciaux et marketing, passés de 246 millions de dollars sur tout 2014 à 295 millions au premier semestre 2015. Uber, présent dans 350 villes de 67 pays, multiplie sur ces deux marchés les offres promotionnelles et les trajets gratuits pour séduire de nouveaux clients.

Il faut dire que la concurrence y est rude. En Chine par exemple, le leader Didi Kuaidi, qui s'appuie sur les deux géants du web chinois Tencent et Alibaba, contrôle 83% du marché contre 16% pour le Californien, selon le cabinet Analysys. Et alors qu'Uber annonçait en décembre avoir réalisé un milliard de courses dans le monde depuis sa création en 2009, Didi Kuadi l'a ridiculisé il y a quelques jours en indiquant avoir enregistré 1,43 milliard de courses rien qu'en 2015. Pour tenter de rattraper son retard, Uber vient de faire entrer à son capital le conglomérat chinois HNA Group, qui doit l'aider à se développer sur le créneau du tourisme domestique, notamment vers ou depuis les aéroports qu'il contrôle.

Des milliards de profits à prévoir sur les marchés matures ?

Quant aux pertes abyssales du pionnier des VTC, elles n'ébranlent manifestement en rien son patron Travis Kalanick. Bien au contraire, celui-ci revoit encore à la hausse ses projections de bénéfices, prévoyant que ses marchés les plus matures, les pays développés, lui rapporteront 14 milliards de dollars de profits au cours des quatre prochaines années. Uber va d'ailleurs pouvoir aussi compter sur sa diversification du dernier kilomètre pour améliorer sa rentabilité. Un potentiel qui lui permet déjà d'accroître sa valorisation de 10 milliards de dollars de plus tous les six mois

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