Le mouvement des "makers" prend de l'ampleur

Le mouvement des makers prend de l'ampleur La start-up de tutoriaux do-it-yourself MakersKit se voit en Martha Stewart du futur. Une ambition à la hauteur de l'engouement pour ce pan de l'économie collaborative : les makers.

Lancée en février 2013, MakersKit vient de boucler un tour d'amorçage de 1,5 million de dollars mené par Tribeca Venture Partners, qui valorise la start-up américaine 6,5 millions de dollars. Son site propose des tutoriaux en vidéo pour fabriquer soi-même des multitudes d'objets, du terrarium sous bulle de verre au baume pour les lèvres, et commercialise des kits de 25 dollars environ rassemblant les composantes nécessaires à leur fabrication. Le Californien n'est bien sûr pas seul sur le créneau des tutoriaux DIY ("do it yourself"). On y trouve par exemple ForTheMakers, DarbySmart ou encore Whimseybox, qui ciblent plus particulièrement les jeunes femmes. Mais MakersKit voit plus grand.

Outre sa propre plateforme, la start-up est aussi présente sur des sites marchands partenaires comme Birchbox et Zulily. Elle bénéficie également de partenariats de distribution avec Nordstrom et Urban Outfitters. Des canaux de visibilité et de vente qu'elle va encore pouvoir développer – des discussions sont en cours avec une chaîne TV intéressée par ses vidéos – pour enregistrer en 2014 plus du double de son chiffre d'affaires 2013, qui avoisinait le million de dollars. Et surtout, la start-up a des ambitions bien plus étendues : devenir la version cool de Martha Stewart, la papesse américaine de la décoration intérieure. Pour commencer, MakersKit va ouvrir dans ses locaux de Los Angeles un atelier qu'il mettra à disposition du public.

Des ateliers de co-working voient le jour dans des usines désaffectées

On le sait, les Américains ont toujours été de grands adeptes du "do it yourself", ce qui a d'ailleurs fait le succès immédiat d'Etsy. La crise du 2008 et son impact sur le pouvoir d'achat, la prise de conscience de la nécessité de mettre en œuvre des modèles durables et, enfin, les possibilités offertes par les réseaux sociaux et l'e-commerce ont donné une nouvelle ampleur à cette tendance. Ainsi, les initiatives se multiplient pour retrouver une utilité aux usines désaffectées qui parsèment le pays et mettre en place des ateliers de plus petite envergure, ouverts à tout un chacun.

C'est par exemple le cas de Manufacture New York à Brooklyn, incubateur financé sur Indiegogo qui met machines et équipements divers à la disposition de designers de mode. Sur son site Web, il déclare : "Notre mission est de réveiller et de reconstruire l'industrie américaine de la mode, de nourrir la prochaine vague d'entreprises et de créer une supply chain transparente, durable et globale". Ceci en rapprochant les gens, en développant la créativité et en propose une rémunération équitable.

Les Maker Faire popularisent le mouvement

Pour faire connaître et populariser ce mouvement, le magazine américain de do-it-yourself "Make" a lancé en 2006 en Californie des événements nommés "Maker Faire", qui regroupent ateliers, présentations et conférences liés aux thèmes de la fabrication, de la créativité et du DIY. On y croise des artisans, des inventeurs, des ingénieurs, des artistes, des entrepreneurs ou encore des adeptes de l'impression 3D. Depuis, le concept s'est beaucoup popularisé et les Maker Faire se propagent à travers le monde. En France, la première Maker Faire Paris s'est tenue les 21 et 22 juin 2014 au Centquatre et a réuni 120 makers et 7 500 visiteurs. Et l'on voit un nombre croissant d'ateliers de fabrication et de réparation ouvrir leurs portes... et se financer, comme il se doit, en mode collaboratif, à l'instar de la REcyclerie.

Partie intégrante de l'économie collaborative qui bouleverse peu à peu tous les secteurs d'activité, le mouvement des makers commence à susciter le même engouement que les services grand public attirant des millions d'utilisateurs et les plus grands investisseurs, tels que BlaBlaCar ou AirBnB. Les entreprises traditionnelles n'ont qu'à bien se tenir (lire à ce sujet l'interview du spécialiste Jeremiah Owyang, du 01/07/2014).

Levée de fonds