Rue du Commerce entre dans la bataille des programmes de livraison illimitée

L'e-commerçant propose à ses clients un nombre illimité de livraisons express en échange d'un abonnement de 29,90 euros par an.

Les chiffres d'Amazon Prime ne trompent pas : aux Etats-Unis, les abonnés au programme dépensent deux fois plus sur le site de l'e-commerçant que ses autres clients. Et pour cause. Pourquoi aller sur un site concurrent qui facturera des frais de port alors qu'on a déjà réglé ses livraisons sur Amazon pour toute l'année ? En France aussi, les sites marchands ont compris la force d'un tel programme de fidélité. En avril, Cdiscount a d'ailleurs lancé le sien - Cdiscount à Volonté - qui permet aux cyberacheteurs de se faire livrer gratuitement leurs commandes de plus de 25 euros en échange d'un abonnement de 19 euros par an. C'est cette semaine au tour de Rue du Commerce, qui promeut dès sa page d'accueil son nouveau service "Express Illimité", auxquels 3 millions de produits sont éligibles. Les internautes sont invités y à souscrire au moment du choix de l'option de livraison, dans le tunnel de paiement, pour un montant de 29,90 euros par an.

Un tarif moins élevé que celui d'Amazon Premium (nom de Prime en France), facturé 49 euros par an, mais supérieur à celui de Cdiscount à Volonté. Lequel, en outre, ne devrait plus tarder à inclure les articles de sa marketplace que les marchands auront confié au nouveau service de fulfilment de l'e-marchand : C Logistique. Pas sûr, donc, que le nouveau programme de Rue du Commerce n'intéresse beaucoup d'autres consommateurs que ses clients déjà fidèles. Il aura peut-être au moins le mérite de retenir ceux qui commençaient à trouver drôlement alléchants les services de livraisons illimitées des concurrents.

Ni Amazon ni Cdiscount ne révèlent le nombre d'abonnés à leurs programmes respectifs, mais l'un comme l'autre sont encore en phase de conquête. Cdiscount à Volonté car il est bien sûr encore récent. Et Amazon car huit mois après avoir relevé le tarif de Prime de 79 à 99 dollars aux Etats-Unis pour accompagner l'accroissement de ses coûts de livraison, il n'est toujours pas question qu'il suive le même chemin en France. Moins dominant dans l'Hexagone qu'outre-Atlantique, où 56% de ses ventes passaient déjà par Prime il y a huit mois selon le cabinet Consumer Intelligence Research Partners, l'e-commerçant américain devrait continuer à miser sur Premium pour accroître sa pénétration auprès des internautes Français.

La taille de Cdiscount (1,6 milliard d'euros de chiffre d'affaires l'an dernier) peut suffire à assurer un certain succès à son programme. Même un Asos, dont le service Premier à 19,90 euros par an a exactement la même vocation, peut s'en tirer grâce à la fidélité de ses acheteurs et leur propension à désirer pouvoir retourner les vêtements après les avoir essayés. Pour Rue du Commerce et ses 328 millions d'euros de chiffre d'affaires 2013, la question est plus délicate. Certes, fidéliser les clients est plus crucial que jamais, dans un contexte de hausse des coûts d'acquisition. Certes les cyberacheteurs sont très sensibles à des frais de port aussi bas que possible. Mais ne serait-il pas préférable de s'associer à plusieurs marchands, au sein d'un programme commun ? Le Shoprunner à la française n'est pas encore né...

Logistique / Rue du Commerce